Coronavirus: des symptômes variés et des aggravations parfois inattendues…

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Nouvelle maladie, le Covid-19 n’est pas encore bien décrit. Dans l’immense majorité des cas, l’infection entraîne peu ou pas de symptômes.

Mais la situation peut aussi s’aggraver sans qu’on ait pu l’anticiper.

Pour l’heure, les médecins ignorent quelle thérapeutique utiliser pour traiter ces cas d’anosmie ou d’agueusie. Et la cortisone est formellement contre-indiquée.

 

Pour l’heure, les médecins ignorent quelle thérapeutique utiliser pour traiter ces cas d’anosmie ou d’agueusie. Et la cortisone est formellement contre-indiquée.

«Docteur, je crois que j’ai attrapé le coronavirus.» Cette phrase, les médecins généralistes l’entendent plusieurs fois par jour et, de fait, c’est souvent le diagnostic qui s’impose. Pourtant, il n’est pas toujours facile d’en être sûr devant les symptômes décrits. Quand il y en a! Selon une étude de l’université de Columbia et de l’Imperial College de Londres, près de neuf cas sur dix seraient passés inaperçus dans le Hubei, en Chine, où est née l’épidémie de Covid-19.

Lorsqu’il y a des symptômes, le tableau clinique n’est pas toujours complet. Par exemple, la toux sèche est absente une fois sur trois. La fièvre est presque toujours là, mais pas forcément les premiers jours et surtout elle n’est pas très élevée puisque la température reste inférieure à 39 °C neuf fois sur dix. Un malade sur trois est fatigué, près d’un sur cinq est essoufflé. Quant au mal de gorge, aux douleurs musculaires diffuses (comme dans la grippe), et aux maux de tête, seul un malade sur sept les éprouve.

Certains symptômes sont encore plus inattendus, quoique fréquents, comme la perte d’appétit, les troubles digestifs ou la perte du goût ou de l’odorat. Ils ont cependant déjà été décrits avec d’autres coronavirus ou infections virales. «C’est une nouvelle maladie, on ne sait pas bien la décrire, mais il ne faut surtout pas que tous les patients qui présentent des symptômes appellent le 15. Ce n’est que s’ils se sentent vraiment inconfortables au repos pour respirer qu’ils doivent le faire, sinon il suffit d’appeler son médecin traitant*», explique le Dr Anne Geffroy-Wernet, présidente du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHARE).

Le tableau clinique n’est pas clair. Si la majorité des malades présentent peu de symptômes, voire aucun, certains patients déclarent une pneumonie d’emblée

Car aujourd’hui, outre l’impérieuse nécessité d’un confinement stricte que le SNPHARE a appelé de ses vœux dans une lettre ouverte au président de la République publiée le 21 mars, l’important est de ne pas encombrer inutilement la filière médicale d’urgence, qui va justement avoir à prendre en charge les cas graves de Covid-19. «Nous n’avons pas les moyens de tolérer la moindre diffusion de l’épidémie, écrit le syndicat, nous n’avons pas les moyens de soigner tout le monde en même temps.» C’est pourquoi dès lors que le Covid-19 est suspecté, il est recommandé au malade un isolement à domicile, en protégeant ses proches et avec une surveillance, notamment de la température et de l’apparition d’un essoufflement au repos.

Mais si la majorité des personnes infectées ne présentent que peu de symptômes, voire aucun, on observe aussi des malades qui font une pneumonie d’emblée. Le Haut Conseil de la santé publique signale aussi, dans un avis du 16 mars relatif aux critères cliniques de sortie d’isolement des patients ayant été infectés par le SARS-CoV-2, des cas «évoluant en deux phases avec une aggravation clinique au 10e jour, dont un patient chez qui l’excrétion virale s’était négativée, posant la question d’une pathologie pulmonaire d’origine immunologique plutôt que virale». Autrement dit, le coronavirus déclencherait chez certains patients une violente réaction immunitaire, sans que l’on sache bien pourquoi, car il ne s’agit pas toujours de personnes dites à risque de complications.

Respectez l’isolement si vous êtes malade, et respectez le confinement et les recommandations officielles des autorités de santé.

Par ailleurs, d’autres malades font, d’emblée ou secondairement, une forme grave de la maladie appelée «syndrome de détresse respiratoire aigu», ou SDRA. Plusieurs études convergent pour décrire une période charnière avec apparition d’essoufflement autour du 8e jour rapidement suivi de SDRA. «Ces formes graves sont marquées par un tableau de SDRA avec sepsis (septicémie, NDLR), surinfections bactériennes ou fongiques», remarque le Haut Conseil de la santé publique. Ces surinfections expliquent pourquoi le malade se voit alors administrer des antibiotiques (contre les bactéries) ou des antifongiques (contre des levures ou champignons microscopiques).

Certains ont proposé de se munir à la maison d’un «oxymètre de pouls», appareil en forme de grosse pince que l’on place au bout du doigt et qui indique la qualité de l’oxygénation. On sait en effet que celle-ci peut chuter en cas de complication pulmonaire. «Ce n’est pas utile pour la population car l’interprétation des résultats est délicate et relève du médecin, dit le Dr Geffroy-Wernet. En revanche, ce sont des appareils utiles aux soignants si vous en avez un.»

Enfin, en dehors des cas graves, on tâtonne encore pour indiquer aux malades le jour de la guérison, mais le consensus scientifique plaide pour une fin de contagiosité au maximum 14 jours après l’apparition des symptômes. Respectez l’isolement si vous êtes malade, et respectez le confinement et les recommandations officielles des autorités de santé.

* Un site peut aider à s’y retrouver: https://maladiecoronavirus.fr.

Source LE FIGARO.

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