Les aidants, ces acteurs clés du quotidien auprès des plus fragiles face à l’explosion de la dépendance…

Nathalie Levy publie “Courage au cœur et sac au dos” aux éditions du Rocher. Pendant dix ans, Nathalie Levy a travaillé pour BFMTV avant de rejoindre Europe 1.

Nathalie se rend très souvent chez sa grand-mère, Rosine, endossant, comme plus de 8 millions d’invisibles en France, le costume d’aidant.

Les aidants, ces acteurs clés du quotidien auprès des plus fragiles face à l'explosion de la dépendance

La valorisation des tâches que nous accomplissons dans l’ombre n’est pas une mince affaire. C’est même, à l’heure du vieillissement de la population, un enjeu majeur de santé publique.

La rentrée de septembre 2019 est synonyme pour moi de changement professionnel. J’ai quitté BFMTV et m’installe de 18 heures à 20 heures, tous les soirs, en direct sur Europe 1. Cette nouvelle mission est grisante! Les équipes sont bienveillantes et motivées. Dans cette maison bleue qui a connu plusieurs saisons difficiles, la nouveauté et l’excitation du challenge sont un puissant moteur. Mon investissement doit être total, pas question de me disperser. Pourquoi m’imposer ce nouveau défi, maintenant, nécessitant un engagement plein et entier, alors que Mamie continue de décliner et qu’elle a tant besoin de temps et d’attention? Je ne travaillais pas le vendredi, j’y suis désormais à l’antenne jusqu’à 20 heures. Je panique, je me noie. Durant les premiers mois, je ne sais plus comment procéder pour voler, ici ou là, un instant à ses côtés. Le matin, chez elle, je passe plus de temps au téléphone à préparer l’émission qu’à lui parler. L’après-midi, impossible d’y faire un saut, je suis coincée au bureau. Je rumine et le fais payer à tous ceux que j’aime. Je n’ai de cesse de répéter :

— Ça ne va pas, je ne tiendrai pas, je ne peux pas me couper en douze.

Je me plains sans cesse à Mamie également. Je communique mon stress. Dois-je m’en vouloir de n’avoir su résister à l’appel de la nouveauté et d’avoir signé pour cette aventure? J’aimerais avoir le don d’ubiquité. Ne pas devoir trancher entre ma carrière et Mamie. Je cours après le temps, si essoufflée que j’ai la sensation permanente que je vais m’écrouler. De retour à la maison après mes longues journées, je suis abjecte, mauvaise, déprimée. Ma famille trinque, encore une fois. Comment être aidant et actif?

Cette question, prégnante et si récurrente, arrive en même temps que le plan de mobilisation en faveur des aidants. Nous en avions les grandes lignes depuis le printemps dernier. Le gouvernement dévoile sa stratégie 2020-2022. Un budget de quatre cents millions d’euros sur trois ans pour accompagner huit à onze millions d’aidants en France, dont 54% n’ont pas conscience de leur rôle. Dix-sept mesures doivent se déployer autour de six priorités : rompre l’isolement des proches aidants et les soutenir au quotidien dans leur rôle, ouvrir de nouveaux droits sociaux aux proches aidants et faciliter leurs démarches administratives, permettre aux aidants de concilier vie personnelle et professionnelle, accroître et diversifier les solutions de répit, agir pour la santé des proches aidants et enfin épauler les jeunes aidants. Justement, le 23 octobre 2019, je reçois Sophie Cluzel, secrétaire d’État aux personnes handicapées. La concomitance des dates et des événements me fait sourire. Je ne connais pas seulement mon sujet par cœur, je le vis chaque jour. J’ai décidé de m’inspirer de mon propre cas pour poser mes questions, opposer mes arguments et pousser mon invitée dans ses retranchements si nécessaires. Après les premières explications d’usage, j’entre dans le vif du sujet :

— Je voudrais comprendre une chose, Sophie Cluzel. Aujourd’hui, comment être reconnu comme aidant, comment définir un “aidant” ?

— Voilà une vraie question. Beaucoup de personnes sont aidantes sans le savoir, d’abord je tiens à les saluer, ce sont les vrais piliers de notre société. Ce sont elles qui portent une politique de bienveillance, de fraternité, de solidarité. Pour autant, ceux qui commencent à se reconnaître proches aidants nous disent : “Nous sommes fatigués, nous sommes seuls, nous avons besoin d’être accompagnés.” Avec la stratégie du gouvernement, on veut leur donner de la visibilité. Ce matin, avec le Premier ministre, nous avons entendu beaucoup de témoignages. Beaucoup nous ont dit : “On se sent excessivement seuls, on se sent parfois abandonnés.” On est parfois aidants très longtemps, parfois pas très longtemps et pour ceux qui prennent cet accompagnement à cœur, souvent par choix…

Je l’interromps :

— Par amour.

— Il y avait une maman qui disait : “Je ne suis pas aidante, je suis aimante!”

— Exactement.

— Donc ça, c’était très fort. Pour autant, il faut qu’on les accompagne mieux.

— Madame Cluzel, je suis aidante. J’ai une grand-mère de 98 ans. Tous les matins, je m’occupe d’elle. Comment faire pour savoir vers qui me tourner? Comment savoir ce qui est possible pour moi? Quels sont les aménagements possibles en entreprise?

— Vous faites partie des 60% d’aidants qui concilient une vie professionnelle et une vie de proche aidant. Ceux-là, nous voulons les accompagner. Déjà, donner des informations plus précises avec un numéro unique où vous allez pouvoir trouver des réponses, quelles qu’elles soient. Est-ce que je peux prendre un congé, est-ce qu’il sera rémunéré? Eh bien oui!

— Votre plan prévoit un congé rémunéré de trois mois, maximum, sur toute une carrière. Oui c’est bien, mais cela me laisse perplexe. Comment peut-on être utile seulement trois mois? Est-ce suffisant? Comment fait-on quand on doit gérer un enfant handicapé, une personne très âgée, malade? Trois mois, ce n’est rien!

— Pas tout à fait! Que vont vous permettre ces trois mois dans votre vie professionnelle? Vous allez pouvoir fractionner. Une demi-journée ou quinze jours selon les besoins. C’est une souplesse. C’est déjà une avancée. Aujourd’hui, on ne sait pas où sont les aidants et de quoi ils ont besoin. Il existait, ce congé, il n’était pas utilisé. Il faut amorcer la pompe, reconnaître que l’on a droit à ce congé.

On comprend à la lecture de ces quelques lignes la difficulté de définir un aidant, de lui donner un statut légal dans notre société. Les situations sont multiples, impossible d’ajuster les aides au cas par cas. Accompagner un proche en soins palliatifs pendant deux mois ou élever pendant des années un enfant handicapé dont les troubles n’entrent pas dans les critères actuellement reconnus sont deux problématiques très éloignées. Il existe bel et bien plusieurs catégories d’aidants. Or le gouvernement, malgré une communication autour d’un projet de société, doit s’attacher à une logique économique, avec des conditions définies. Aller au cœur de la géométrie humaine et sociétale semble utopique. En soixante ans, nos modes de vie ont considérablement évolué. Les progrès de la médecine et l’allongement de l’espérance de vie ont repoussé les limites de la mort, créant une explosion de la dépendance. Dans ma situation, nous sommes trois pour une personne. Cela n’évite pas le stress, la fatigue et les conflits. Être aidant fragilise et prédispose à l’épuisement, la maladie, la dépression. Sans compter les freins dans l’évolution professionnelle, voire les pertes de salaire. On arrive parfois à des conjonctures dramatiques comme cette femme, obligée de vendre sa maison pour payer l’établissement de soins où son mari, atteint de la maladie d’Alzheimer, ne la reconnaît plus depuis longtemps. Ici, nous avons l’immense chance d’être trois. Quel parcours sisyphéen lorsque l’on est seul…

L’État, qui ne parvient pas à revaloriser le salaire des infirmières et pérenniser l’hôpital public, peut-il accompagner cette évolution avec des réponses adaptées? Les “maisons du répit” qu’annonce Sophie Cluzel, lieux dédiés aux aidants et à ceux qu’ils accompagnent, permettant, comme leur nom l’indique, une pause, une respiration, sont-ils viables? Est-on prêt à faire sa valise ou celle de son aïeule du quatrième âge pour aller se reposer soixante-douze heures? Est-on prêt à laisser un inconnu prendre le relais pendant quelques jours?

Le gouvernement, avec les outils qu’il propose de mettre en place, peut-il se substituer à la solidarité, à la bienveillance d’un membre de la famille, d’un proche? Si tout cela paraît chimérique, les mesures annoncées ont au moins le mérite de mettre en lumière une population de plus en plus nombreuse.

Je ne me suis pas sentie beaucoup plus éclairée au sortir de cette interview. Je ne sais toujours pas si j’entre dans la grille établie par nos élites pour définir un aidant. Il est cependant bienvenu que le statut de ces personnes soit reconnu et qu’elles sachent comment prendre ce congé rémunéré. Un système d’aide plus lisible est une véritable avancée. Sophie Cluzel l’a dit, c’est un premier frémissement, une dynamique amorcée pour permettre de mieux identifier les aidants et leurs besoins. Sortiront-ils de leur routine imposée pour faire valoir leurs droits? Personnellement, je ne ferai pas les démarches. Je n’irai pas non plus, avec ou sans Mamie, dans une “maison du répit”. Qui le fera, maintenant que le cadre est défini et les choses actées? Le dispositif est là, à nous, si nécessaire, de l’actionner.

Extrait du livre de Nathalie Levy, “Courage au cœur et sac au dos”, publié aux éditions du Rocher.

ivre de Nathalie Levy, "Courage au cœur et sac au dos", publié aux éditions du Rocher.

Source ATLANTICO.

Les aidants, ces soutiens vitaux au quotidien pour les personnes âgées et dont la France aura cruellement besoin face au vieillissement de la population…!

Nathalie Levy publie “Courage au cœur et sac au dos” aux éditions du Rocher. Nathalie Levy a travaillé pour BFMTV et actuellement pour Europe 1. Nathalie se rend très souvent chez sa grand-mère, Rosine, endossant, comme plus de 8 millions d’invisibles en France, le costume d’aidant.

personnel ehpad salaires solidarité aidants personnes âgées

Incontestablement, ce que je vis au quotidien, dans mon intimité, m’a conduite à revoir mes priorités, m’a poussée à m’intéresser encore davantage à ces problématiques, j’ai ressenti le besoin de les traiter dans mon métier de journaliste. L’information en continu comme je la pratiquais à BFMTV est une sorte d’essoreuse qui, autant qu’elle nous alimente et nous rassasie, peut aussi étouffer nos envies, nos appétences profondes.

Je me suis alors mise à travailler sur la France et ses déserts médicaux ; au moment où j’écris ces lignes, huit millions de Français sont concernés. Dans ces territoires, les citoyens ne peuvent pas consulter plus de deux fois par an un médecin, faute d’en avoir un à proximité. En outre, près de 5% de la population réside à plus de 45 minutes d’un ophtalmologue, d’un gynécologue, d’un psychiatre Ou même d’un pédiatre!

Les pouvoirs publics ne cessent de répéter qu’ils sont passés à l’action, Agnès Buzyn, l’ex-ministre de la Santé, dit avoir pris le sujet à bras-le-corps, mais cela ne suffit pas à inverser la courbe de la pénurie de généralistes qui sont 6 500 de moins sur le territoire depuis 2010. Pourquoi ne pas montrer cette réalité dans un programme télévisé utile? Chaque semaine, sous l’œil des caméras, nous suivrions « l’opération séduction » d’un village et de ses administrés pour convaincre un généraliste de s’installer et, au terme du programme, ce dernier s’engagerait, bel et bien conquis.

J’aspire à montrer des sujets concrets, vrais, qui touchent tout un chacun, non pas dans un documentaire didactique ou une émission d’information, mais dans un programme récurrent et divertissant. Mais freinées par la pression des audiences, les chaînes ne traitent pas ces sujets qui sont pourtant on ne peut plus universels. Et on peut également aborder la vieillesse de façon positive : la retraite au soleil ou le changement de vie de ces personnes âgées très actives, ou encore la colocation intergénérationelle dont on connaît les bienfaits, sont autant de belles histoires à raconter.

À présent, je ressens le besoin grandissant d’associer mon quotidien à mon métier, j’ai le désir que mes projets professionnels y fassent écho. Longtemps, j’ai caché ma “double vie”, dans le travail, très peu de personnes étaient au courant. L’urgence s’est imposée. Raconter Mamie, cet amour infini, avant que mes souvenirs ne s’étiolent. Aujourd’hui déjà, tant d’images, de mots, de situations se sont évanouis, qu’en sera-t-il dans deux ans, cinq ans, dix ans? Comment figer les souvenirs d’une vie, les protéger, les sauvegarder, tout en acceptant le départ de l’être aimé? Comment font ces adultes petits-enfants, aimants, aidants, affectivement dépendants d’un aîné?

Il y a vingt ans, je rencontrais Philippe S., réalisateur radio, qui me racontait son amour pour sa grand-mère, leur complicité, la tendresse qu’ils partageaient, mais aussi la souffrance, les difficultés. Nous parlions le même langage, nous nous comprenions sans avoir besoin d’entrer dans les détails. La vie nous a éloignés, sa grand-mère s’en est allée. Ce schéma, ce don de soi, cet amour incommensurable, je ne l’ai jamais plus croisé, pourquoi? Notre rapport aux aînés a bien changé. Pourtant, n’avons-nous pas été bercés dans notre enfance par les contes des frères Grimm, et notamment « le Petit Chaperon rouge » qui apporte une galette et un petit pot de beurre à sa grand-mère malade, bravant l’inconnu et les dangers de la forêt… Qu’est devenue cette solidarité?

J’ai fréquenté des cafés d’aidants, des associations, interrogé des professionnels, et ne suis tombée que trop rarement sur des personnes comme Philippe S., ou comme Eva, belle femme active de 41 ans, aidante principale de ses deux grands-parents maternels depuis qu’elle a 30 ans, un engagement qui s’est imposé à elle et qui force le respect. J’ai reconnu chez elle les maux de ma mère, le même poignet cassé deux fois en deux ans (ma mère se brisera aussi l’auriculaire), acouphènes, épuisement, déprime, et les miens aussi, plus anodins, sciatiques, cervicalgies à répétition, insomnies. Et toujours cette même question chez Eva que nous nous posons également : jusqu’où faut-il écouter l’autre? Jusqu’où m’emmène-t-il dans sa maladie, dans son handicap ou dans sa vieillesse? Maman se relève toujours, cependant, à 72 ans, elle avance le plus souvent comme une automate.

Les grands seniors (75 ans et plus) représentent aujourd’hui 9% de la population française. À l’horizon 2060, près d’un Français sur trois aura plus de 60 ans, soit une augmentation de 80% du nombre d’hommes et de femmes appartenant à cette tranche d’âge, d’après les projections de l’Insee.

Fatalement, de plus en plus d’Eva vont devoir émerger, par choix ou par contrainte.

Aujourd’hui, dans le monde du travail et de l’entreprise, on commence à voir se développer différents systèmes pour soutenir les aidants. C’est parfois balbutiant, parfois plus structuré. La prise de conscience est réelle, cependant, il manque encore un déclic. Ou plutôt un liant. Il s’agit de répondre à ce besoin dans un cadre professionnel tout en prenant en compte l’influence culturelle.

Dans les groupes d’aidants créés au sein des entreprises, on ne rencontre que très peu de populations asiatiques (chez qui la pudeur, peut-être, empêche ce type de démarche), mais également peu de familles africaines. Pourquoi? Est-ce dû à une mauvaise communication envers ces groupes-là ? Ou bien à un manque de communication de manière générale?

Par ailleurs, la notion d’accessibilité aux groupes d’aidants est encore floue. Qui y a droit? Comment en parler, et à qui? Parfois, le simple fait d’évoquer ses propres problèmes avec d’autres qui ont sensiblement les mêmes suffit à se sentir soulagé, voire à trouver des solutions. Pourtant, l’image que renvoient ces groupes peut apparaître à certains comme gênante (rappelant les Alcooliques Anonymes ou autres…). Une association comme Le Lien Psy, par exemple, située à Paris, propose de répondre à ces questions. Des équipes mobiles, à la demande des RH, viennent écouter les salariés qui s’interrogent sur leur statut : sont-ils eux-mêmes aidants sans le savoir? Quelles démarches faut-il effectuer? Quelles aides peuvent-ils recevoir? Ces salariés ne rejoindraient pas spontanément des groupes de parole et c’est pourquoi cette association, qui vient à eux, est si utile.

De nombreux sujets sont abordés, notamment la notion de culpabilité. Celle que l’on ressent envers son employeur, justement. Pourquoi celui-ci nous aiderait-il à prendre soin de nos familles? Lui-même est-il aidé pour s’occuper de la sienne? Pourquoi prendre sur mon temps de travail, logiquement dédié à mon entreprise, pour aller m’occuper de ma grand-mère? N’est-on pas là face à un problème crucial de société? Qu’est-ce qu’une société qui ne prendrait pas soin de ses parents, au nom d’une productivité quelconque? Mais sans cette productivité… comment financer ce soin et ces prises en charge?

Ce sont des sujets qui émergent déjà. Comme le dit Michèle Delaunay dans un essai qu’elle a consacré aux 20 millions de personnes nées entre 1946 et 1973, « le vieillissement et la mort en série des baby-boomeurs vont poser des questions vertigineuses » à une société qui n’a pas encore suffisamment anticipé les adaptations nécessaires.

Extrait du livre de Nathalie Levy, “Courage au cœur et sac au dos”, publié aux éditions du Rocher.

Source ATLANTICO.

 

Les personnes qui prennent soin d’un proche en situation de dépendance pourront prendre des congés à partir de jeudi…

Les «proches aidants» pourront demander à bénéficier d’un congé de trois mois indemnisé.

Un répit qui doit leur permettre de ne pas «sacrifier leur vie professionnelle et sociale».

Cette réforme vise à soutenir «huit à 11 millions d'invisibles qui sont les acteurs de première ligne de la solidarité», a expliqué la ministre déléguée à l'Autonomie, Brigitte Bourguignon.

Les aidants qui soutiennent un proche âgé, malade ou handicapé, pourront demander à bénéficier, à partir du 1er octobre, d’un congé de trois mois indemnisé, a annoncé mardi la ministre déléguée à l’Autonomie, Brigitte Bourguignon.

«Dès le 1er octobre, c’est-à-dire dès jeudi prochain, tous les aidants auront la possibilité de prendre des congés rémunérés», a précisé la ministre, qui s’exprimait à l’occasion d’un colloque consacré à cette question.

Cette réforme «matérialise un soutien de l’État aux huit à 11 millions d’invisibles qui sont les acteurs de première ligne de la solidarité», a souligné Mme Bourguignon. Il s’agit d’aider «ceux qui, au quotidien, ont fait le choix de s’occuper de leur mère âgée, d’un enfant ou encore d’un conjoint en situation de handicap».

«Pour qu’ils n’aient plus à choisir entre leur santé et leur engagement, ce répit de plusieurs mois leur permettra de se consacrer à leur proche sans sacrifier leur vie professionnelle et sociale», a-t-elle fait valoir.

Le principe d’un tel congé indemnisé – d’une durée maximale de trois mois, mais qui pourra être renouvelé, jusqu’à un an sur l’ensemble de la carrière du salarié – avait été approuvé par l’Assemblée nationale en octobre 2019. Le décret validant son entrée en vigueur doit être publié mercredi au Journal officiel, selon le cabinet de Mme Bourguignon.

L’indemnité, versée par les caisses d’allocations familiales ou de la Mutualité sociale agricole, sera d’environ 44 euros par jour pour les personnes vivant en couple et 52 euros par jour pour une personne seule, a précisé la ministre.

Source LE FIGARO.

 

Manque de personnel dans les Ehpad : “Il est grand temps que nos métiers soient revalorisés”, alerte une directrice… Vidéo.

Alors qu’on assiste à une recrudescence de cas positifs de coronavirus dans les Ehpad, certains établissements déplorent un manque de personnel.

A La Pommeraie en Charente-Maritime, la directrice lance un cri d’alarme pour alerter sur les difficultés de recrutement.

L'Ehpad La Pommeraie à l'heure du déjeûner.

Alors que les Ehpad se préparent à gérer une augmentation des cas de Covid dans les semaines qui viennent, certains établissements tirent déjà la sonnette d’alarme.
C’est le cas à “La Pommeraie” situé à Périgny près de La Rochelle. Dans cette structure qui emploie 50 salariés pour 70 résidents, la pression est permanente.

C’est clairement pas assez, on a besoin d’être plus nombreux pour accompagner 24 heures sur 24 et toute l’année, les 70 résidents.

Clarisse Reydant-Coupey Directrice de l’Ehpad “La Pommeraie”

“On a toujours beaucoup de travail, on fait face à des situations d’urgence parfois de manière quotidienne, on a besoin de personnel, on a besoin aussi d’être rassurés quand on est dans l’équipe, d’être sûr qu’on aura assez de monde le lendemain parce que sinon, on réajuste au coup par coup” se désole Katia Ruffin, infirmière de l’Ehpad.

Un courrier au ministère de la santé

La directrice a décidé d’alerter les autorités.  Avec d’autres directeurs d’établissements, elle a adressé un courrier au Ministère de la Santé, la semaine dernière. Les professionnels font part de leurs inquiétudes concernant la pénurie de personnel et les difficultés de recrutement.
“Habituellement, nous considérons que le taux d’encadrement est trop faible pour accompagner les personnes âgées mais en situation de crise avec le Covid, il est indispensable que nous puissions renforcer les équipes parce que les besoins vont être plus importants, la difficulté que nous rencontrons aujourd’hui, c’est la difficulté de recrutement, même par intérim, on a beaucoup de mal à trouver des professionnels qualifiés. Il y a un désengagement des métiers concernant la personne âgée qui nous inquiète” avertit la directrice de “La Pommeraie”.

Il est grand temps que nos métiers soient revalorisés. Lorsque nous recrutons pour un poste, nous avons peu ou pas de candidatures,et surtout peu de candidatures diplômées. C’est inquiétant.

Clarisse Reydant-Coupey Directrice de l’Ehpad “La Pommeraie”

Trois cas positifs

Alors que cet avertissement est resté sans réponse, l’Ehpad de Périgny se prépare à une possible nouvelle vague avec un assouplissement des mesures sanitaires.
Les nouvelles modalités de confinement ont été aménagées, elles seront beaucoup moins strictes que la première fois. En cas de covid, c’est la personne infectée qui sera isolée et non plus l’établissement en entier. “C’est seulement avec trois cas positifs que nous pratiquerons un isolemment total avec l’arrêt des sorties et les entrées, on isole tout le monde mais sur un temps court”explique la responsable de La Pommeraie. Au-delà de trois cas positifs avérés, l’établissement devra fermer ses portes pendant sept jours.

VIDEO – Ecoutez les témoignages des soignant(e)s

Source FR3.

Un clip pour les soignants des Ehpad : “Notre métier est dévalorisé, mal payé et peu reconnu”… Découvrez le Clip.

David Ranger, auxiliaire de vie depuis 13 ans dans des Ehpad de la Vienne, a réalisé un clip intitulé “Soignantes bientraitantes”.

Dans cet hymne aux soignants, l’auteur souhaite faire connaître une profession mal payée et dévalorisée.

Image du clip, David avec les résidents d'un Ehpad.

Il est auteur, compositeur et rapeur à ses heures perdues mais dans le quotidien, David Ranger est auxilliaire de vie dans des Ehpad.
Ce Poitevin de 38 ans a réalisé un clip intitulé “Soignantes bientraitantes” qui raconte le quotidien de ce personnel qui prend soin des plus anciens.

“Notre métier est mal reconnu et dévalorisé, j’ai voulu montrer que malgré tout, la plupart des soignants aiment ce qu’ils font, j’ai voulu mettre en avant le soutien psychologique apporté aux personnes âgées, les résidents vivent dans des petites chambres, parfois, ils n’ont pas beaucoup de visites, on leur remonte le moral”assure David Ranger qui souhaite mettre en lumière la bientraitance et le relationnel entre soignants et résidents.

35 soignantes ont participé au clip

Ce métier, David l’exerce depuis 13 ans dans différents Ehpad de la Vienne dont Le Logis du Val de Boivre à Vouneuil-sous-Biard  et Les Jardins de Montplaisir à Ligugé, deux établissements qui ont servi de décor pour le tournage de son clip dans lequel figurent 35 soignantes qui incarnent leur propre rôle.
Et si les Ehpad peinent à recruter du personnel alors que la demande est d’autant plus urgente avec la crise sanitaire, le manque de candidats ne surprend pas l’auteur du clip.
Nous sommes vraiment mal payés, s’insurge David Ranger.

Je gagne le smic, environ 1200 euros net, j’arrive à gagner un peu plus avec une prime de précarité car je travaille en intérim. Mes 13 ans d’ancienneté représente une somme insignifiante d’une vingtaine d’euros, c’est tout. Je fais ce métier parce que j’aime ce que je fais,
David Ranger.

Un métier difficile

“C’est aussi un métier difficile, dans certains Ehpad, il faut travailler vite et il nous arrive négliger le résident faute de temps, de ne pas avoir le temps d’échanger avec eux, de parler alors ça forcément ça décourage car le but de ce métier, c’est d’avoir du temps pour les personnes âgées”, explique David qui a décidé de mettre en musique le malaise de ces soignants, sous la plume de Vida, son nom d’artiste rapeur, il a composé un texte dans lequel il détaille le quotidien de ses collègues. Dans cet extrait de chanson, il rend hommage à la profession.

Elle rentre avec du réconfort, c’est de l’espoir qu’elle apporte pour tous ceux qui sont fragilisés après tant d’années, elle sait les rassurer avec quelques sourires, elles font de leur mieux sans attendre d’applaudissements.

Avec ce clip, David espère toucher le grand public et “d’autres soignants partout en France”.

Vida est nominé aux Trophées SilverEco 2020 dans la catégorie Loisirs/Culture, qui se dérouleront le 10 décembre 2020 au Palais des Festivals de Cannes.

Vous pouvez découvrir le clip qui est sorti en février 2020.

Source FR3.

 

“On a l’épée de Damoclès au-dessus de la tête” : les Ehpad redoublent de vigilance pour éviter un retour du Covid-19…

Plusieurs Ehpad ont dû reconfiner leurs résidents après des cas positifs de Covid-19. D’autres, qui ont pour l’instant échappé à l’épidémie, redoublent de vigilance pour limiter au maximum les risques de contamination.

“Si on devait refermer de nouveau, on est prêt”, nous explique-t-on.

"On a l'épée de Damoclès au-dessus de la tête" : les Ehpad redoublent de vigilance pour éviter un retour du Covid-19. Archives.

Alors que le nombre de cas positifs au coronavirus augmente, certaines maisons de retraites ont été contraintes de reconfiner leurs résidents. C’est le cas par exemple à Digoin en Saône-et-Loire, où les visites sont suspendues à l’Ehpad des Opalines après la découverte d’un cluster. On y déplore deux décès et trois personnes hospitalisées. La campagne de dépistage engagée sur place a mis en évidence la contamination de 15 résidents sur 39. Lors de la première vague de l’épidémie, cet Ehpad comme les deux autres de la commune avaient été épargnés par le coronavirus.

À Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes, dans l’Yonne, le coronavirus est pour l’instant resté à la porte de l’Ehpad Bois-Lancy. C’est là où, au plus fort de l’épidémie, le personnel avait décidé de se confiner volontairement avec les 72 résidents. “En date du 29 mars, on a constitué deux équipes. La première est restée quinze jours à dormir avec les résidents de l’établissement. Et la deuxième équipe a pris le relais sur la deuxième quinzaine”, raconte Sonia Vast, la directrice. “On a eu quasiment 70% du personnel qui est resté confiné. C’était essentiellement des infirmières, des aides-soignantes et puis un membre de la direction dans chaque équipe”.

Quand on a eu le pic de l’épidémie en France, nous étions relativement protégés parce qu’on vivait en autarcie avec les résidents dans la structure.

Sonia Vast, directrice d’Ehpad

“Si on devait refermer de nouveau, on est prêt”

Depuis, le confinement a été levé et les portes de l’établissement icaunais ont pu rouvrir en juin. Mais des consignes strictes ont été mises en place. Outre le port du masque et le lavage des mains, les visiteurs doivent venir sur rendez-vous et il ne leur est pas possible d’aller en chambre. “On a aménagé deux salons à l’entrée du bâtiment, ça nous permet de nous assurer que les mesures barrières sont bien respectées, que le port du masque est bien maintenu”, détaille la directrice. Après le départ des visiteurs, le mobilier est entièrement désinfecté.

Depuis le mois de juin, le protocole n’a pas changé. Il n’est pas question pour l’instant de restreindre les visites. “Tant qu’on n’aura pas la recommandation de fermer les portes, je laisse les visites comme elles le sont aujourd’hui. C’est quand même important que les résidents aient une vie familiale. L’année est compliquée”, indique Sonia Vast. “Les personnes qui viennent visiter sont très sérieuses et ont bien pris en considération tout l’engagement que nous avions pris d’avoir dormi sur site.”

Je ne sais pas comment les semaines à venir vont se dérouler. Les équipes sont formées. Si on devait refermer de nouveau, on est prêt. On est capable de réagir en l’espace de quelques minutes.

Sonia Vast, directrice d’Ehpad

À Dijon, à l’Ehpad Les Cassissines, un petit tour de vis a été donné le 9 septembre. Alors que la visite en chambre était possible pendant quelques temps, il faut désormais se contenter des espaces communs. “De nombreux dysfonctionnements ont été constatés”, justifie Lorène Badet, la directrice de l’établissement qui appartient au groupe Korian.

Les horaires de visite ont cependant été élargis. Avant le 9 septembre, c’était possible de 14 à 17h en semaine et de 14h à 16h le week-end. Désormais, les visiteurs peuvent venir entre 13h et 18h tous les jours. “Le but est vraiment de garder la liberté des résidents et des familles, tout en maintenant la prévention et en les protégeant du Covid”, ajoute Lorène Badet.

Les sorties temporaires des résidents sont déconseillées. “Si toutefois les familles voulaient sortir leur résident, elles le pourront. Cependant il sera considéré à son retour comme un nouvel arrivant. Donc il aura un dépistage à son arrivée, un autre cinq jours après et il sera mis en confinement en chambre sept jours”, explique la directrice.

On ne sait pas ce qu’il se passe à l’extérieur, c’est beaucoup trop dangereux. Les chiffres montent, on le voit. On ne peut pas prendre de risque pour un résident et mettre en danger 86 résidents et nos salariés.

Lorène Badet, directrice d’Ehpad

“On a forcément l’épée de Damoclès au-dessus de la tête”

Port du masque, lavage des mains, signature d’un registre et d’une charte par les visiteurs et prise de température : les mesures sont strictes mais elles sont là pour éviter un reconfinement. “Je n’espère pas en arriver là. Ce serait dramatique pour tout le monde. Aussi bien pour nos résidents, que pour les familles ou pour nos salariés. On y pense. On a forcément l’épée de Damoclès au-dessus de la tête, mais c’est vraiment en faisant de la prévention auprès des familles, auprès des résidents, qu’on arrivera à garder le virus à l’extérieur”, indique Lorène Badet. Pour l’instant, l’établissement dijonnais n’a subi aucune contamination au Covid-19.

Dans plusieurs métropoles, les contraintes sanitaires sont durcies. À Lyon, les visites ont été réduites à deux personnes par résident et par semaine. À Marseille, la limite est fixe à deux visites par jour. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a lui choisi de stopper toute visite dans les Ehpad municipaux.

Le président de la République Emmanuel Macron a assuré mardi 22 septembre ne pas vouloir “isoler à nouveau nos aînés”, lors d’une visite dans un Ehpad du Loir-et-Cher. Il a promis une loi “ambitieuse”, au début de l’année prochaine, pour répondre aux difficultés du secteur.

“Nous allons accompagner les responsables d’établissements pour que des règles soient édictées qui permettent justement une réaction proportionnée” face à l’épidémie, a déclaré le président à l’issue de sa visite. Il faut permettre aux personnes âgées de “continuer à voir la famille, celles et ceux qu’on aime, et continuer à avoir […] un minimum d’activité, de continuer à avoir des interactions parce que c’est aussi cela la vie”, a-t-il poursuivi.

Source FR3.

Covid-19 : le bilan à l’Ehpad de Sévérac d’Aveyron est désormais de seize morts…!

Selon l’Agence régionale de santé, “la situation commence à se stabiliser”.

L'Ehpad de Severac d\'Aveyron (Aveyron), le 14 septembre 2020.

Seize résidents sur les 75 que compte l’Ehpad Gloriande de Séverac d’Aveyron sont morts du Covid-19 depuis le début du mois de septembre, annonce vendredi 25 septembre l’Agence régionale de santé d’Occitanie. “La situation commence à se stabiliser. Les personnes les plus fragiles, des personnes en fin de vie, sont décédées”, a relevé le responsable de l’ARS dans l’Aveyron, Benjamin Arnal.

Plus aucun résident de cet Ehpad n’est hospitalisé pour cause de Covid-19. Début septembre, des symptômes de la maladie sont apparus chez plusieurs résidents et salariés. Les tests réalisés les jours suivants avaient révélé une infection massive.

Seulement 16 occupants de l’établissement n’avaient pas été infectés par le virus. La plupart d’entre eux ont été placés dans une “unité protégée” de l’Ehpad, séparés du reste des résidents porteurs du virus.

Source FRANCE INFO.

A Vertou, près de Nantes, les locataires d’un immeuble sont sans ascenseur depuis 19 mois…! Certains locataires sont pourtant handicapés…

Depuis février 2019, les habitants d’un immeuble comprenant un rez-de-chaussée et trois étages n’ont plus d’ascenseur.

Ils ont beau appeler la société, un bailleur social de Loire-Atlantique, ils ne savent toujours pas quand il sera réparé.

Certains locataires sont pourtant handicapés.

Marie-Thérèse Fraquet est handicapée. Elle habite au deuxième étage de cet immeuble qui est sans ascenseur depuis 19 mois.

Marie-Thérèse sort de la chemise cartonnée rose le dossier qu’elle a constitué. Lettres au bailleur, courriers recommandés, constat d’huissier… Avec d’autres locataires de l’immeuble, elle a notamment signé une pétition exigeant que l’ascenseur soit réparé.

Lassés de ne recevoir aucune réponse satisfaisante, ils ont fixé une date butoir. Ils ne paieront plus leur loyer si l’ascenseur n’est pas réparé d’ici le 20 septembre.

Voilà 19 mois, que les habitants des étages de cet immeuble de Vertou sont contraints de prendre les escaliers. Certes, il n’y a qu’un rez-de-chaussée et trois étages mais Marie-Thérèse est handicapée par des opérations successives des hanches et un accident. D’autres locataires ont des enfants en bas âge et sont obligés de descendre les escaliers avec les plus petits dans la poussette.

Lyzzie, qui habite elle aussi au deuxième, a deux enfants. Elle doit prendre la poussette dans ses bras avec le petit dernier sanglé pour descendre.

“C’est la galère souffle-t-elle, la poussette, les courses…”

Un couple croisé dans le hall d’entrée, près de l’escalier, commence à chercher ailleurs. Ils habitent au troisième. Ils n’en peuvent plus. Eux aussi ont un tout petit.

En 2015 déjà des malfaçons

Marie-Thérèse bénéficie de la solidarité de ses voisins qui lui montent ses courses mais cela fait trop longtemps que ça dure. Alors, elle a pris les choses en main et s’est faite la porte-parole des habitants.

Elle avait déjà haussé le ton lorsque, peu de temps après avoir emménagé dans cet immeuble alors récent en 2015, elle avait obtenu que les nombreuses infiltrations d’eau soient réparées. Cela avait débouché sur des mois de travaux qui avaient contraint certains à déménager momentanément.

voir le reportage réalisé en 2015 sur les malfaçons dans ce même immeuble

Marie-Thérèse vit dans un T3 avec son compagnon Michel, qui souffre du diabète. “On (Atlantique Habitations) nous a proposé de nous trouver un autre logement, dit-elle, mais ils nous proposent une maison avec un étage. C’est comme ici. Et puis ici, on a tout sous la main, commerces, bus…” Alors elle ne veut pas partir.

Comme les autres locataires, elle voudrait qu’on répare cet ascenseur pour lequel tous continuent de payer des charges, même si “un geste commercial” a été fait par le bailleur qui leur a octroyé 80 euros de remboursement. Pour 19 mois de galère.

“Quand l’ascenseur est tombé en panne, raconte Marie-Thérèse,  j’avais peur de prendre l’escalier, de tomber, c’est mon compagnon qui m’aide.”

Un constat d’huissier

Le constat fait par l’huissier sollicité par les locataires est accablant. Daté du 11 août 2020, photos à l’appui, il confirme : “l’ascenseur ne fonctionne pas. À droite de la porte, il est affiché « ascenseur à l’arrêt », en dessous « date prévisionnelle de remise en service :   » Pas de date.

Je note encore, précise le procès-verbal que nous nous sommes procuré, à gauche de la porte, la présence d’une affichette autocollante avec la mention « service de dépannage 08 … ». J’ai appelé ce numéro en déclinant mes nom, prénoms et qualité et la raison de mon appel. Mon interlocutrice m’a déclaré transmettre ma demande au service compétent, sans préciser de date d’intervention prévisible.”

L’huissier de justice poursuit son PV en notant d’autres dysfonctionnements comme la fermeture électromagnétique de la porte d’entrée qui ne fonctionne pas non plus. “La porte reste donc ouverte” constate-t-il.

“Le bâtiment a été livré le 6 août 2012, se souvient Marie-Thérèse, il est encore sous la garantie décennale.” Alors, elle ne comprend pas pourquoi rien ne se passe.

Dans un courrier, Atlantique Habitations informe les locataires que, suite à des problèmes sur les portes, elle a fait faire un diagnostic et deux expertises qui ont conduit à la mise à l’arrêt de l’ascenseur.

“A ce jour, dit le courrier daté du 22 août 2019, notre expert est en attente de devis pour la remise en état de votre ascenseur et nous n’avons pas de date à vous communiquer quant à la remise en fonctionnement de cet appareil.”

C’était il y a plus d’un an…

Une réponse d’Atlantique Habitations

Ce mercredi 9 septembre, Atlantique Habitations nous a fait savoir dans un mail que “Le début des travaux est programmé mi-octobre, pour une remise en service prévisionnelle de l’ascenseur fin décembre 2020.”

Le bailleur explique ce retard par la longueur de la procédure. La décision de mettre l’ascenseur à l’arrêt faisait suite au constat d’un défaut important “Il ne s’agit pas de problématiques techniques liées à l’ascenseur, mais d’un problème structurel complexe de la trémie ascenseur.” précise le courrier du bailleur.

“Courant 2019 explique-t-il, Atlantique Habitations a réalisé les démarches dans les délais réglementaires auprès de toutes les parties prenantes, notamment l’assurance et le certificateur de l’ascenseur, dans l’objectif de remplacer l’ascenseur existant et de sécuriser son fonctionnement. Après consultation des prestataires en capacité de réaliser les travaux, la commande définitive a été passée en juillet 2020, dès validation du dossier par l’assurance.”

Une nouvelle remise sur les charges sera accordée au locataires.

Source FR3.

Séverine Bellier raconte son quotidien d’accueillante familiale, « une alternative aux Ehpad encore méconnue »…!

Dans un livre, Séverine Bellier raconte son métier d’accueillante familiale pour des personnes âgées, une solution intéressante alors que la France manque de places en Ehpad.

Séverine Bellier raconte son quotidien d’accueillante familiale, « une alternative aux Ehpad encore méconnue »

  • Séverine Bellier a mis du temps à trouver sa voie. Mais elle est désormais passionnée par son métier : accueillante familiale.
  • Comme son nom l’indique, elle accompagne, chez elle, des personnes âgées dépendantes.
  • Pour faire découvrir cette solution aux familles et ce métier à ceux qui pourraient l’exercer, elle publie ce mercredi son témoignage, où elle raconte avec humanité et humour son quotidien.

« Mon rôle, c’est de donner du bonheur jusqu’au dernier souffle. (…) On me dit parfois ” c’est dur, ce que tu fais… ” Pas du tout ! J’exerce le plus beau métier du monde. » Dès les premières pages de son témoignage sur sa vie d’accueillante familiale, Séverine Bellier, 47 ans, tord le bras à un préjugé répandu : s’occuper 24 heures sur 24 de personnes âgées dépendantes serait un fardeau pour une personne sainte.

Dans Bienvenue chez Séverine*, une autobiographie à quatre mains avec Catherine Siguret, cette quadra détaille ses journées en compagnie de deux à trois personnes âgées et de sa famille, dans sa maison dans l’Orne . « Une alternative aux Ehpad encore méconnue » qui mérite qu’on s’y attarde.

Faire connaître son métier

« Le livre est un cadeau de Catherine Séguret, avoue Séverine, coupe au carré et pull bleu, les mains toujours en mouvement et le sourire aux lèvres, quand nous la rencontrons dans les locaux de Flammarion ce mardi. Quand elle m’a parlé de son projet, écrire sur ma vie, je me suis dit : “elle n’est pas bien la dame !” Et maintenant, j’ai la boule au ventre. »

Elle espère faire connaître ce métier aux familles sans solution, mais aussi donner envie à d’autres de se lancer. « On a le temps de bien s’occuper des personnes âgées. En Ehpad, il y a tant de soignants qui aiment leur travail, mais qui n’ont plus les moyens de le faire bien. » Pour Séverine, on ne lésine pas avec le soin. Il faut dire que l’attention aux autres, elle connaît, elle qui a grandi dans une fratrie de onze enfants. Si elle n’a pas eu la chance de connaître ses grands-parents, sa mère avait déjà pris sous son toit une femme âgée, Lui montrant ainsi la voie. « Je ne pourrais pas me passer des personnes âgées, elles nous apprennent tellement », confie-t-elle.

Marier métier et vie familiale

Une fois la formation et l’agrément en poche du Conseil général, Séverine s’aménage un nid adapté pour recevoir trois personnes dépendantes, chez elle, à temps complet. Avec son mari, ils réaménagent une vieille grange pour en faire une maison de 250 m². Au rez-de-chaussée, les trois mamies s’affairent autour de la cuisine de Séverine la journée et dorment chacune dans leur chambre. Au premier, c’est l’étage pour la famille nucléaire : son mari et ses trois enfants. Mais le soir, tout le monde se retrouve autour de la table du dîner.

« Je ne vais pas changer mon quotidien ! Si on vient chez moi, il faut aimer les enfants et les animaux », prévient-elle sans ambages. Car la famille Bellier héberge aussi un chat, un chien et un perroquet… Et actuellement Marianne, 61 ans, Estelle, 52 ans, et Tonton, 89 ans, le premier homme accueilli de cette famille élargie. « Elle mène bien sa barque, toujours aux petits soins avec nous », assure Marianne, qui vit là depuis trois ans après un AVC qui a dévoré sa mémoire immédiate. « C’est comme si on était chez soi, renchérit Estelle, elle aussi handicapée. Je me sens moins seule, elle est toujours là quand j’ai besoin de parler. »

Séverine dévoile les rencontres, souvent heureuses, parfois ratées avec ses accueillies. Il y a les malades imaginaires et celles qui cachent une tumeur énorme sous une montagne de pudeur. Il y a celles qui deviennent une mamie pour ses propres enfants et celles qui gardent leur froideur. « Il faut que le feeling passe des deux côtés. J’apprécie d’autant plus mon métier que je choisis mes accueillies. Et puis je peux faire mes tâches ménagères tout en m’occupant d’elles et être beaucoup plus présente pour mes enfants qu’avant. »

Les petits soins et les bons petits plats

Elle raconte l’attention décuplée, les visites des familles, les jeux, les gâteaux très attendus du samedi midi, les Noël tous ensemble. « Mes proches savent que si je suis invité aux mariages, baptêmes et communions, je viens avec tout le monde ! » Les bons petits plats deviennent une carotte, mais Séverine sait aussi manier l’autorité pour sauvegarder l’hygiène, l’autonomie et la santé. Son récit ne tait pas les peurs bleues, quand une des accueillies fait un malaise à table, ni les bleus à l’âme, quand l’aînée de la maisonnée s’« éteint comme une bougie ». « Mémère Jeannine, elle me manquera toujours, mais il ne faut pas être égoïste et savoir les laisser partir, analyse Séverine. Elle voulait mourir chez moi. » Alors Séverine a fait tout ce qu’elle a pu pour la soulager jusqu’au bout. « Quand elle est revenue après trois jours à l’hôpital, elle était recourbée en fœtus sur son brancard, le poignet de biais. On l’a installé dans son lit, j’ai pris sa main et j’ai senti qu’elle se relâchait, apaisée. »

Ce contact physique, ces petits soins, comme crémer les mains chaque jour, cette écoute, ces silences partagés à éplucher les légumes font partie des petits plaisirs du quotidien. Et puis, il y a les grandes victoires. « L’accueil dont je suis le plus fière, c’est Greta. Car elle a pu retourner vivre chez elle. Pas dans son grand appartement avec escalier, mais dans un foyer-logement avec cantine. » Aucun doute, ce métier la comble. Ce qui ne l’empêche pas de s’octroyer quelques (rares) bouffées d’oxygène. En partant en voyage avec son mari et sa fille, quand les accueillies restent à la maison confiées aux soins de sa sœur.

Trouver la bonne distance

Pas facile pour autant de trouver la bonne distance. Séverine n’est ni infirmière, ni médecin. Mais elle peut compter sur son généraliste de campagne, qui suit toutes ses accueillies avec bienveillance. Si elle s’attache souvent, c’est son métier et elle ne peut suppléer la famille des accueillies. Chacun à sa place. « En général, ça se passe très bien avec les familles », nous assure-t-elle. Par contre, elle doit parfois tracer des limites. « Greta avait offert un synthé à ma fille. Mais quand cette femme, aisée et généreuse, a voulu lui payer des cours de musique, j’ai dû dire non. »

« Le système de l’accueil à la maison a fait la démonstration que c’était mieux, pour la sécurité comme contre l’isolement parce que nos accueillis n’ont pas souffert de la solitude non plus. »

Elle glisse aussi les détails pratiques de ce métier méconnu. Sur la formation, sur la logistique et le coût pour les familles. « Le prix varie en fonction de la dépendance de la personne, rappelle-t-elle. Par exemple, pour Estelle et Marianne, mes deux “jeunettes” qui ont un handicap mais sont encore assez autonomes, je perçois 1.300 euros par mois tout compris, c’est-à-dire loyer, nourriture, produits d’hygiène. Avec les charges, les familles payent autour de 1.500 euros. Mais pour une personne âgée beaucoup plus dépendante, alitée, ce sera plutôt 1.800 euros. » Tout en rappelant que beaucoup de ces familles reçoivent des aides financières…

« Le Covid, on ne l’a pas vraiment vécu », souffle-t-elle pendant notre entretien. Claquemurée dans sa grande maison, vigilante sur tout, mais sans jamais lâcher la main de ses accueillies, elle a pris soin de ses pensionnaires, mais aussi de sa propre mère, devenue dépendante. Qu’elle se félicite de ne pas avoir envoyé en Ehpad, particulièrement endeuillés par l’épidémie. « Le danger sanitaire m’a confirmé plus que jamais que j’étais utile aux autres au quotidien, écrit-elle. Le système de l’accueil à la maison a fait la démonstration que c’était mieux, pour la sécurité comme contre l’isolement, parce que nos accueillis n’ont pas souffert de la solitude non plus. » Séverine ne risque pas de manquer de tendresse pour ses vieux jours, entre sa large famille et les liens forts qu’elle a noués dans sa vie professionnelle. « Même à la retraite, je pense que je garderai une personne chez moi. Les gens sont tellement beaux à l’intérieur… »

* Bienvenue chez Séverine, Flammarion, 23 septembre 2020, 19 €.

Source OUEST FRANCE.

ENTRETIEN. Pendant le confinement, le secteur de l’emploi à domicile « a été résilient »…

Si 70 % des particuliers se sont passés de services à domicile pendant le confinement, l’activité a tout de même bien résisté.

Pour accompagner le rebond du secteur, les professionnels demandent notamment l’accélération de la mise en place du crédit d’impôt immédiat.

83 % des assistants de vie auprès de personnes âgées ou en situation de handicap ont continué à travailler pendant le confinement, selon un sondage Ipsos.

Une étude Ipsos commandée par la Fédération des employeurs particuliers (Fepem) montre la résistance de l’emploi à domicile pendant la crise, et ce malgré l’arrêt de nombreux services à domicile pendant le confinement. Entretien avec Marie-Béatrice Levaux, présidente de la Fepem, qui représente 3,4 millions de particuliers employant à domicile plus de 1,4 million de salariés.

Quelles conséquences a eu le confinement pour les employés à domicile ?

Nous avons obtenu d’entrer dans un dispositif d’activité partielle, ce qui a permis une poursuite de l’activité. Selon l’enquête Ipsos commandée par la Fepem, 62 % des particuliers employeurs y ont eu recours, et la moitié des salariés ont poursuivi leur activité pendant le confinement. Surtout des assistants de vie aux personnes âgées ou en situation de handicap, notamment grâce au dispositif de mise à disposition gratuite de masques pour ces salariés. Nous demandons d’ailleurs le maintien de ce dispositif au-delà du 30 septembre, pendant au moins un trimestre.

Comment se porte le secteur

Le secteur a été résilient pour les salariés. Dès le mois de juillet, il n’y avait plus d’activité partielle dans notre secteur. Aujourd’hui, les premières tendances montrent un retour à la normale pour de très nombreux particuliers employeurs.

Où en est la mise en place du crédit d’impôt immédiat, qui permettrait aux employeurs de bénéficier du crédit dès le paiement du salaire ?

L’expérimentation démarre en septembre, dans le Nord et à Paris. Mon objectif, c’est qu’en janvier 2022, le crédit d’impôt immédiat soit efficient. Ce serait un signal très fort qu’avant la fin de cette mandature, comme s’y était engagé le président de la République, le crédit d’impôt immédiat soit le levier pour éviter l’avance de trésorerie et permettre à encore plus de ménages d’avoir accès au dispositif. Nous tenons à être intégrés dans le plan de relance, car c’est un des secteurs qui va être capable de créer le plus d’emplois.

Que pensez-vous du rapport de Laurent Vachey sur les pistes de financement de la dépendance, qui propose notamment de réduire le montant des crédits d’impôt ?

Il est contre-productif dans le contexte actuel. Pour moi, le financement de la cinquième branche mériterait quelque chose de plus engageant. J’ai été très déçue des propositions du rapport, pour lequel je n’ai pas été auditionnée malgré mes demandes. Il y a un risque réel de créer de la méfiance, de l’inquiétude, dans un secteur qui concerne tout de même 5 millions de Français. Ce genre d’alerte peut être extrêmement destructeur, alors que l’emploi dans notre secteur repose sur la confiance.

Source OUEST FRANCE.