Coronavirus : la prise en charge d’enfants en psychiatrie explose en Franche-Comté…

La crise sanitaire a un impact très fort sur le moral des enfants et des adolescents.

Les demandes de consultations, les hospitalisations et les admissions aux urgences explosent, y compris au CHU de Besançon.

L'unité de pédopsychiatre du CHU Besançon, sur le site Saint-Jacques.

 

De nombreux enfants et adolescents vivent très mal la crise sanitaire du coronavirus. L’impact sur leur santé mentale est très fort, d’après les données des services de pédopsychiatrie. Au CHU de Besançon, “c’est très net” selon le Pr Sylvie Nezelof, chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Elle note une augmentation importante des demandes de consultations, des hospitalisations et des admissions aux urgences psychiatriques. Ces indicateurs sont en hausse “depuis la rentrée de septembre et de façon constante” d’après la pédopsychiatre, et concernent tous les âges.

Les crises suicidaires plus fréquentes

Les prises en charge pour des crises suicidaires et des troubles de l’alimentation (anorexie, boulimie) sont plus nombreuses qu’avant la crise sanitaire. “Ces troubles sont plus fréquents que d’habitude et on voit une incidence fortement ascendante” explique le Pr Sylvie Nezelof, qui s’attend à voir encore ces demandes augmenter dans les prochains mois.

La faute à l’ambiance et aux restrictions

Il y a plusieurs explications à cette situation : la morosité ambiante pèse sur le moral des jeunes. Ils sont aussi très sensibles aux émotions et aux inquiétudes de leurs parents et se font du souci pour eux. Les enfants ou adolescents vivent également mal les mesures sanitaires, que ce soit les distanciations ou l’arrêt des activités notamment sportives.

Ils ont peur de contaminer leurs grands-parents

Par ailleurs, certains craignent le virus lui-même. Ils ont peur du covid-19 et notamment les plus petits. “Ils peuvent en avoir une représentation menaçante” raconte le Pr Sylvie Nezelof et “des enfants l’expriment dans leurs dessins”. Surtout, à force de leur interdire de s’approcher de leurs grands-parents, ils ont peur de contaminer les adultes et notamment les plus âgés.

Source FRANCE BLEU.

Coronavirus : les hospitalisations des moins de 15 ans pour motif psychiatrique en hausse de 80%…

Angèle Consoli, pédopsychiatre et membre du Conseil scientifique, a déclaré que les hospitalisations des jeunes de moins de 15 ans pour motif psychiatrique sont “en hausse de 80%” depuis le début de l’épidémie de coronavirus.

Les hospitalisations des moins de 15 ans pour motif psychiatrique sont en hausse de 80%

 

Les hospitalisations des jeunes de moins de 15 ans pour motif psychiatrique sont “en hausse de 80%” a déclaré ce lundi  sur France Inter Angèle Consoli, pédopsychiatre et membre du Conseil scientifique. Une réunion doit se tenir ce lundi à Matignon avec le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran consacrée aux enjeux de la santé mentale des Français à l’aune de l’épidémie de coronavirus

La médecin pointe également une tendance à la dépression marquée chez les 12-17 ans. Angèle Consoli s’appuie sur “les retours du terrain, de l’ensemble des collègues, qui montrent une demande de soins (à la suite) d’idées suicidaires et de crises suicidaires” et de “symptômes dépressifs” des plus jeunes, liées au contexte sanitaire actuel.

Dans le champ de la petite enfance, il y a une vigilance à avoir, on a vu augmenter le nombre de consultations pour des retards de langage, pour des troubles du sommeil et des conflits intra-familiaux” chez les 0-3 ans, avertit également la pédopsychiatre. La spécialiste évoque une liste des signes qui doivent alerter les parents : irritabilité, pleurs, changement de comportement brutal, etc. Elle indique que “l’une des réponses” à apporter peut être de “se projeter vers l’avenir“.

La crise Covid ne fait qu’exacerber les tensions du système” hospitalier, explique Angèle Consoli. “Les préoccupations (du gouvernement) pour la santé mentale sont fortes” assure la médecin.

Source FRANCE BLEU.

Pédopsychiatrie : en Bourgogne Franche-Comté, “l’urgence dure depuis 30 ans” …

Représentant seulement 0,73 % des professeurs de médecine, la spécialité est de moins en moins prisée, alors que les besoins vont croissant.

Une situation d’urgence qu’a soulignée en ce début d’année au Sénat le sénateur haut-saônois Michel Raison.

État des lieux.

Pédopsychiatrie : en Bourgogne Franche-Comté, "l’urgence dure depuis 30 ans"

« Pédopsychiatrie : en Bourgogne Franche-Comté, l’urgence dure depuis 30 ans », a tonné récemment le sénateur haut-saônois LR Michel Raison à l’occasion d’un débat sur la question au palais du Luxembourg. « Comme j’avais 4 minutes de parole et que je suis administrateur à Saint-Rémy, très gros hôpital psychiatrique en Haute-Saône qui couvre également une partie du Doubs, j’ai sollicité le directeur et les médecins qui ont fait émerger cette problématique. »

Une situation critique qui semble avant tout due au manque de praticiens. « C’est général à la France et nous sommes dans la moyenne », atteste le Dr  Jean-Paul Olivier, psychiatre et chef de service du pôle adolescent de l’inter-secteur de pédopsychiatrie de l’Aire urbaine Belfort-Montbéliard. « Comme la plupart des spécialités, nous pâtissons de la conséquence à long terme du numerus clausus des années 1990. Trente ans après, la relève n’est pas au rendez-vous et les départs en retraite ne sont pas comblés. »

Douze ans pour former un professionnel

S’agissant plus spécifiquement de la pédopsychiatrie ? Non seulement, il faut douze ans environ pour former un professionnel mais, relève le praticien, « cette spécialité paraît moins concrète que la psychiatrie adulte et, l’offre s’étant diversifiée, beaucoup préfèrent se spécialiser dans d’autres domaines comme l’addictologie, la psychiatrie médico-légale voire des spécialités encore plus fines autour du sommeil notamment. »

5 M€ débloqués en 2019

Côté moyens, « la pédopsychiatrie a été notre priorité pour l’année 2019 puisque nous avons financé près de 5M€ de projets nouveaux en la matière en Bourgogne Franche-Comté », assure Édith Puglierini, directrice du projet santé mentale à l’ARS (Agence régionale de santé).

Et de citer, sur les huit départements de la grande région, « le développement des consultations périnatales et la constitution d’équipes spécialisée mobiles, notamment en Haute-Saône (chaque équipe étant financée à hauteur de 175 000 €). De même, dans le Doubs, nous avons pérennisé la Maison verte de Besançon , qui assure 6 000 consultations par an d’enfants et adolescents. Sans oublier l’hôpital de Novillars où nous avons ajouté 7 places d’hôpital de jour et allons en ajouter 7 de plus en 2020, pour un total d’un peu plus de 800 000 €. Et 5 lits de crise vont être installés dans l’Aire urbaine Belfort-Montbéliard, un lit de crise représentant 148 000 €. Plus 6 lits de crise et 3 places d’hébergement sur le territoire de la Haute-Saône. Vous voyez, on met les moyens ! »

« Moins nombreux pour des tâches plus importantes »

Reste que, comme le note le Dr  Olivier, « l’ARS peut créer des postes, s’il n’y a personne pour les occuper… » Résultat : « Nous sommes moins nombreux pour des tâches plus importantes. » Avec, pour corollaire, l’allongement des listes d’attente pour les jeunes patients : « S’agissant des adolescents, nous essayons de travailler en réseau pour cibler les cas les plus préoccupants et les prendre vite, mais les autres attendent davantage. Et cela est encore plus net chez les plus petits où les situations sont plus nombreuses, avec une inquiétude croissante de la population d’où une sollicitation très forte. »

Source EST REPUBLICAIN.

Une chanson et un clip pour sauver la psychiatrie …

La Bisontine Magali Mallen a transformé un titre de Bigflo et Oli pour en faire une chanson militante.

Avec une quarantaine de salariés du CHS du Jura, psychiatres soignants mais aussi agents, elle a imaginé un clip.

Il a été réalisé par Kamel Ansri le 11 janvier dernier.

Une chanson et un clip pour sauver la psychiatrie

Magali Mallen est médecin généraliste au centre hospitalier spécialisé Saint-Ylie du Jura. Mais elle est aussi musicienne. Pour dénoncer l’état de la psychiatrie, elle a arrangé une chanson. Le titre « Dommage » de Bigflo et Oli est devenu « La psychiatrie en détresse ». Et pour aller plus loin dans la démarche, grâce à son ami musicien Pat d’F et au réalisateur vidéaste Kamel Ansri, de Photo-videoprod , un clip a été réalisé. Il sera disponible sur YouTube ce samedi à 17 h.

« Tous sont logés à la même enseigne »

Une quarantaine de salariés de Saint-Ylie ont participé : sept médecins dont 5 psys, 3 internes, mais aussi des soignants, des secrétaires, des personnels de l’entretien, des espaces verts, de la sécurité, de la cuisine. « Tous sont logés à la même enseigne de cette psychiatrie mise à mal », témoigne Charles-Olivier Pons, pédopsychiatre. « Ils sont à l’image de ce qu’est un collectif soignant en psychiatrie. Quelle que soit sa fonction, une personne qui travaille dans ce type d’établissement est partie prenante des soins. »

L’idée de la chanson a germé en mars dernier à l’occasion du congrès national de l’Union syndicale de la psychiatrie à Besançon. Magali Mallen est, comme beaucoup, en colère contre le manque de moyens, les manques d’effectifs. Le sentiment est confirmé lors d’une manifestation devant l’agence régionale de la santé début avril 2019. « La mobilisation était là. J’ai vu ce qui se faisait ailleurs. Je me suis lancée. »

Projet de privatisation à Lons

Le titre écrit, l’idée de faire un clip est lancée. Avec, comme objectif, motiver les troupes, réunir tous les corps de métiers. Objectif également, travailler avec les syndicats. L’USP mais aussi la CGT et FO ont été partie prenante. Il faut dire qu’au-delà des problématiques nationales de manque de moyens, de perte des postes et de contraintes budgétaires, la psychiatrie dans le Jura doit subir un autre front : un projet de privatisation pour le Jura sud. Deux étages du service de Lons seraient cédés à une clinique privée de Saône-et-Loire pour deux services de 18 lits. « Cela veut dire moins de service public et plus le choix, pour les patients, de choisir », dénonce Charles-Olivier Pons. « Mais cela veut dire aussi une rupture dans la continuité des soins par une même équipe, puisque cette structure privée ne prendrait en charge que l’hospitalisation et non les soins en amont et les suivis ultérieurs. » Une vraie mise à mal de la psychiatrie.

Source EST REPUBLICAIN.

Psychiatrie : le grand naufrage, un enquête derrière les murs des hôpitaux…

C’est un drame pour chaque malade, chaque famille, mais aussi pour le pays tout entier.

Tous les ans, 2 millions de Français sont soignés pour des maladies psychiatriques, deux fois plus qu’il y a dix ans.

La psychiatrie est aujourd’hui devenue un enjeu national.

Psychiatrie : le grand naufrage, un enquête derrière les murs des hôpitaux. © FTV

Au cours de sa vie, un Français sur trois sera atteint d’une maladie mentale : dépression, bipolarité, schizophrénie, troubles obsessionnels… Le coût économique et social est évalué à 80 milliards d’euros par an.

Du Havre à Aix-en-Provence, en passant par Rennes et Amiens

Les caméras de Pièces à conviction ont pu pénétrer derrière les murs des hôpitaux psychiatriques pour montrer l’état de délabrement, le manque de personnel ou les méthodes contestées comme l’isolement et la contention. « Mon fils n’a pas dit non à la vie, il a dit non à la contention », témoigne cette mère dont le fils schizophrène s’est suicidé à l’hôpital.

L’enquête révèle à quel point la France est désemparée face à l’urgence psychiatriqueRares sont ceux qui acceptent de témoigner sur la détresse mentale d’un proche. Pour Pièces à conviction, des familles ont eu le courage de parler, d’accepter la caméra dans l’univers familial, pour dire leur douleur et leur désarroi, mais aussi leur colère aussi face à un corps médical qui n’arrive plus à soigner, faute de moyens.

L’enquête montre aussi comment des patients fragiles peuvent devenir les proies faciles de dealers de drogue à l’intérieur même de certains hôpitaux psychiatriques.

La pédopsychiatrie, vitale pour tenter de guérir dès le plus jeune âge, est elle aussi sinistrée. Il faut souvent attendre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous avec un médecin.

Des psychiatres ont alerté la ministre de la Santé

Face à cette situation, les 50 millions d’euros promis dernièrement par Agnès Buzyn n’ont pas calmé l’inquiétude et la colère des soignants. L’an passé, une partie des huit milliards prévus n’aurait pas été consacrée à la psychiatrie. A tel point que des hôpitaux sont contraints d’envoyer leurs malades en Belgique faute de place.

Une analyse de la situation

Médecins, patients et famille de malades, représentants de l’Etat, experts, seront aux côtés de Virna Sacchi pour prolonger en débat le travail de l’enquête, évaluer l’état de la psychiatrie en France et en analyser la situation économique et sociétale.

Témoignages en écho à l’enquête, discussions sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer la détection des troubles psychologiques dès l’enfance et la prise en charge rapide des patients. Et recherche de solutions pour un engagement accru de la société en faveur d’une médecine psychiatrique moderne, dotée de moyens adaptés et durables et pour une plus grande considération des malades atteints de troubles psychiatriques.

Psychiatrie : Le grand naufrage, une soirée spéciale

Mercredi 10 avril dès 21 heures, une soirée spéciale en 2 parties

  • 21.00 : Pièces à conviction : Une enquête de 95 minutes réalisée par Raphaël Tresanini
  • 22.40 : Pièces à conviction : le débat.

Animé par Virma Sacchi pendant 55 minutes avec : Agnès Buzyn ministre de la santé, Marcel Rufo pédopsychiatre, Daniel Zagury psychaitre des hôpitaux, Jennifer Bouder infirmière à l’hôpital psychaitrique du Havre, Sébastien Bill président de l’association de famille de malades, Jason Bunnens de l’association Schizo’jeun’s.

Source FR3.

Prison avec sursis pour le psychiatre d’un patient schizophrène meurtrier…

Pour la première fois, un psychiatre a été condamné à 18 mois de prison avec sursis en appel. Selon la justice, il aurait négligé le suivi d’un patient, auteur du meurtre d’un étudiant en 2008.

Il y a bientôt dix ans, Jean-Pierre Guillaud, atteint de psychose délirante chronique, s’échappait du Centre hospitalier de Saint-Egrève (Isère). Il montait alors dans un car, rejoignait Grenoble, achetait un couteau et tuait Luc Meunier, 26 ans, étudiant en génie mécanique. Mardi 15 mai, la cour d’appel de Grenoble a déclaré le Dr Lekhraj Gujadhur, le psychiatre qui suivait alors Jean-Pierre Guillaud, coupable d’homicide involontaire. Elle confirme ainsi le jugement en première instance de 2016, qui était une première. Un praticien hospitalier n’avait en effet jamais été condamné pour homicide involontaire jusqu’ici.

“Une mise en garde à l’encontre des psychiatres”

La justice a reconnu que ce médecin ne s’était pas préoccupé du suivi de ce patient, et que sa dangerosité est passée à la trappe. S’il y avait eu cette préoccupation, il n’y aurait peut-être pas eu le décès de Luc Meunier“, a estimé Me Hervé Gerbi, l’avocat de la famille, en réaction à la décision de la Cour. Pour lui, ce jugement est “une mise en garde à l’encontre des psychiatres qui pensent que l’évaluation des patients schizophrènes les plus dangereux serait une question subalterne : elle doit être au centre de leurs préoccupations“. La famille a dit pour sa part accueillir la nouvelle avec “soulagement“.

Le Dr Lekhraj Gujadhur a aujourd’hui arrêté d’exercer. “Moralement, il est très fragile et suivi par un de ses confrères“, a indiqué son avocat, Me Jean-Yves Balestas. Pour lui, ce jugement est une “grosse déception“, et un pourvoi en cassation est “assez probable“. Cette condamnation “va bouleverser la pratique” psychiatrique, a-t-il ajouté. Pour l’avocat par ailleurs, la condamnation unique du psychiatre pose question : “On peut penser curieux qu’il soit le seul responsable, alors que l’hôpital a la responsabilité du contrôle des sorties et que son chef de service n’a pas été poursuivi.” L’hôpital de Saint-Egrève a en effet été relaxé en première instance.

Entretien avec le Dr Pierre de Maricourt, psychiatre, diffusé le 14 décembre 2016.

“Un message extrêmement négatif pour les malades, les familles et la population”

Le vice-président de l’Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique (Idepp) Norbert Skurnik a aussitôt réagi au jugement. Il y voit un “message extrêmement négatif pour les malades, les familles et la population“, car cet arrêt pourrait inciter les praticiens “à ne pas faire sortir les patients, à prolonger leur hospitalisation“. Il a par ailleurs mis en garde contre une stigmatisation des schizophrènes : “Ils ne sont pas une population criminogène : sur 600 000, il y a un passage à l’acte tous les trois ou quatre ans. En revanche, ils sont eux-mêmes victimes de toutes sortes de maltraitances.

En 2008, le meurtre de Luc Meunier avait été fortement médiatisé. Le Président Nicolas Sarkozy avait alors exigé une réforme de la psychiatrie avec de nouvelles dispositions sur les malades dangereux, ce qui avait provoqué la colère des psychiatres. Aujourd’hui, la famille Meunier veut “passer à autre chose“, a expliqué la mère de Luc. “On n’a pas de colère, Luc ne reviendra pas. On était toujours dans l’appréhension et là on va reprendre la maîtrise de nos vies“, a ajouté sa sœur.

Source France TV.

Psychiatrie: un rapport dénonce une situation «indigne» au CHU de Saint-Etienne…

Il pointe notamment une banalisation de la contention et de l’isolement ainsi que des conditions d’accueil «dégradantes».

L’hôpital a rapidement réagi, promettant d’améliorer la situation.

Psychiatrie: un rapport dénonce une situation «indigne» au CHU de Saint-Etienne

Contentions injustifiées, isolements abusifs, attente jusqu’à sept jours sur des brancards…Le 1er mars, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPLP) Adeline Hazan a jeté un pavé dans la mare en publiant un rapport sur les services des urgences et de psychiatrie du CHU de Saint-Étienne. Y sont dénoncées les conditions d’accueil «indignes» des patients nécessitant une prise en charge psychiatrique.

C’est à l’occasion d’une visite réalisée du 8 au 15 janvier dernier que des dysfonctionnements et des conditions de prise en charge constituant «un traitement inhumain ou dégradant» ont été constatés par les contrôleurs. Suite à cela, Mme Hazan avait alerté le 1er février la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur ce problème. Faute de réponse de sa part, Adeline Hazan a donc pris la décision de rendre public le rapport.

Plusieurs jours d’attente

Les contrôleurs ont d’abord constaté que l’engorgement du service de psychiatrie conduisait à des délais de prise en charge très longs allant jusqu’à 7 jours. Lors de leur visite, ils ont ainsi dénombré pas moins de 20 patients qui attendaient au sein du service des urgences d’être pris en charge, certains depuis quelques jours. Plusieurs étaient allongés sur des brancards dans les couloirs du service des urgences, parfois attachés aux pieds et aux mains. Le rapport souligne que, pendant qu’ils attendaient, les patients attachés n’ont pu ni se laver, ni avoir accès à leur téléphone portable, ni bénéficier d’aucune confidentialité lors des entretiens avec les médecins et les infirmiers.

«Trois d’entre eux n’avaient pas la possibilité d’aller aux toilettes et ils devaient utiliser un urinal, ajoute Adeline Hazan. Ce sont des conditions totalement dégradantes». Le rapport souligne pourtant qu’«aucun de ces patients ne présentait d’état d’agitation, certains demandant juste à pouvoir être détachés, sans véhémence, dans une forme de résignation et d’acceptation».

Le rapport pointe également l’accueil en service de psychiatrie, où des patients hospitalisés de leur plein gré font l’objet, de manière fréquente, de mesures d’isolement associées parfois à de la contention, pour des durées de plusieurs jours. «Ces mesures doivent être utilisées en tout dernier recours, rappelle Adeline Hazan. Elles doivent faire l’objet d’un renouvellement toutes les 24 heures et être consignées dans un registre». Un registre existe bel et bien, mais le contrôle a révélé qu’il n’était jusque-là pas tenu à jour au CHU de Saint-Etienne.

Dysfonctionnement structurel….

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Source LE FIGARO.

Caen. Entre autonomie et entraide, une résidence pour handicapés psychiques…

Jeudi dernier a été inaugurée, dans le quartier de la Grâce-de-Dieu à Caen, une résidence pour personnes handicapées. Chaque résident dispose de son propre appartement mais peut s’appuyer, en cas de besoin, sur les autres et sur des professionnels présents sept jours sur sept.

Caen - Résidence Luce pour handicapés psychiques

Les premiers locataires sont arrivés au mois de mars. Et pour eux, c’est comme une nouvelle vie qui a commencé. “Je n’ai jamais eu de vrai chez moi, j’ai toujours vécu chez mes parents et là je suis chez moi“, raconte Yohann Guesney. Comme ses voisins de résidence, il est atteint d’un handicap psychique (un handicap survenant au cours de la vie et non à la naissance). “J’ai évolué dans ma maladie. Avant c’était plus compliqué que ça et ça m’a donné une porte ouverte pour aller plus haut après“.

Inaugurée officiellement ce jeudi dans le quartier de la Grâce-de-Dieu à Caen, la résidence Luce (Lieu unique de cohabitation et d’entraide) compte une trentaine d’habitants. Chacun dispose de son propre appartement de 40 m2 lui permettant de vivre en toute autonomie. Mais le bâtiment compte également des espaces collectifs, comme une salle de repas, afin de favoriser la socialisation et l’entraide.

Les résidents ne sont pas totalement laissés à eux-mêmes. En cas de besoin, ils peuvent solliciter l’aide de plusieurs intervenants présents tout au long de la semaine dans la résidence: conseillère en économie sociale et familiale, auxiliaires de vie, animateur socio-culturel.

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Source FR3.

La Députée Barbara Pompili : “Ce que j’ai vu à l’hôpital Psychiatrique de Pinel me remplit de honte”….

Au début du mois, Barbara Pompili a visité l’hôpital psychiatrique Pinel, à Amiens. La députée en est sortie profondément bouleversée.

Honte hôpital Psychiatrique

Depuis des mois, l’hôpital Pinel est en pleine tourmente. Pétitions, grèves, le personnel de l’établissement a tout essayé pour se faire entendre. Brigitte Fouré, maire de la ville, est également intervenue auprès de la ministre de la santé. Pourtant, aucune évolution n’a eu lieu.

Le constat est alarmant : 11 millions de déficit cumulé depuis 2008, des unités supprimées ou en cours de suppression, surcharge et suroccupation des services et des chambres… Barbara Pompili avait eu écho de ces problématiques. Mais sa visite de l’établissement, accompagnée de sa collaboratrice, l’a bouleversée. “Nous sommes ressorties ébranlées. Marquées pour longtemps par ce que nous avons vu”, écrit-elle sur sa page Facebook.

“Ce que j’ai vu ce vendredi 3 novembre à l’hôpital Pinel me remplit de honte. Ce que j’ai vu ce vendredi 3 novembre dit malheureusement beaucoup de notre société qui se dit si ‘civilisée'”, poursuit la députée.

Promiscuité “inacceptable”, sureffectifs des patients… Barbara Pompili a bien constaté des anomalies. Mais ce n’est pas le pire, selon la députée. “La faiblesse hallucinante des effectifs transforme cet hôpital en gigantesque garderie avec toutes les conséquences que cela peut avoir pour ceux qui sortent, comme pour ceux qui ne sortent pas… “

“Il n’y a pour ainsi dire personne pour soigner les patients”, conclut la députée. Ils [le personnel, NDLR] tentent […] de donner un peu d’humanité à un système inhumain”. 

Le jour de sa visite, le médecin est là, mais c’est exceptionnel. Le vendredi après-midi est le seul moment de la semaine où il est présent. Le reste du temps, deux infirmiers ou infirmières sont sur place, aidés pafois par une ASH. Dans certaines unités, faute d’ASH, ce sont les infirmiers et infirmières qui font le ménage. “Ce jour-là ils ont avec eux deux étudiantes en première année, l’une élève infirmière, l’autre élève aide-soignante. Ils sont donc 5 dont deux personnels soignants aguerris, pour 18 personnes lourdement atteintes,” relate Barbara Pompili.

Manque flagrant de sécurité

Les personnes lourdement atteintes peuvent s’avérer dangereuses pour elles-mêmes mais aussi pour le personnel. Or le manque d’effectifs les mettent clairement en danger. Barbara Pompili a été boulversée par le cas de celui qu’elle appellera “N”, un homme autiste âgé de 40 ans environ. Il vit dans l’unité pour personnes lourdement atteintes depuis qu’il a quitté la pédopsychiatrie. “Les bras griffés des infirmiers montrent à quel point il est difficile de le laisser sans surveillance. Ils sont donc obligés de le laisser seul, attaché, dans son lit la majeure partie de la journée”. 

“Le regard de N dont le seul horizon de vie est d’être sanglé à son lit, les regards des autres, réduits à l’état de morts-vivants condamnés à errer dans une grande pièce vide sans occupation… On ne peut pas voir cela et rester indemne.

“Un système aveugle est en train de nous faire revenir en arrière sur la manière dont nous traitons nos plus vulnérables. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire des économies ici. Nous devons d’urgence remettre du personnel auprès des malades. Nous devons d’urgence arrêter de faire des économies sur le soin psychiatrique. C’est une question de dignité humaine. C’est une question de civilisation. C’est une question essentielle pour notre société : celle de pouvoir se regarder en face.”

La députée, qui a déjà saisi l’ARS du problème ainsi que le gouvernement, compte les réinterpeller cette semaine accompagnée de François Ruffin, également député dans la Somme.

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Source FR3.

Psychiatrie: le nombre d’internements sans consentement en augmentation…. !!!!!

Entre 2012 et 2015, le nombre de personnes internées en psychiatrie sans consentement a enregistré une hausse de 15%.

Psychiatrie: le nombre d’internements sans consentement en augmentation

Le film «Vol au-dessus d’un nid de coucou», basé sur le roman éponyme de Ken Kesey (1962), raconte l’histoire d’un homme qui, pour échapper à la prison, se fait interner dans un hôpital psychiatrique. Touché par la détresse des autres pensionnaires, l’homme – incarné par Jack Nicholson — les entraîne à la rébellion. En réponse, l’hôpital lui inflige une lobotomie, contre sa volonté. Vieille de plus de 50 ans, cette fiction soulève la question très contemporaine du consentement aux soins en psychiatrie.

Selon une étude publiée en février 2017 dans la revue Questions d’économie de la Santé , plus de 92.000 personnes ont été hospitalisées au moins une fois sans leur accord en psychiatrie en 2015 en France. Soit environ 5% des 1,7 million de personnes suivies en psychiatrie la même année. Une tendance à la hausse, puisque le nombre de personnes soignées contre leur gré a augmenté de 15% entre 2012 et 2015. Ces personnes étaient en majorité des hommes (60%), avec une moyenne d’âge de 43 ans. Près de la moitié souffrait de troubles schizophréniques ou psychotiques. «Ce sont donc les personnes souffrant des troubles psychiatriques les plus sévères qui nécessitent plus fréquemment que les autres, à un moment de leur parcours de soins, une prise en charge non consentie», analysent les auteurs de l’étude.

Un nouveau mode de placement sans consentement

En France, le consentement du patient est indispensable à toute prise en charge thérapeutique. Mais cette disposition, inscrite au Code de la Santé Publique, connaît toutefois une exception: pour les personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères affectant la conscience, le recours aux soins sans consentement est autorisé. L’hospitalisation forcée peut se faire sur la décision d’un représentant de l’État, s’il y a atteinte à la sûreté des personnes ou à l’ordre public, ou sur demande d’un tiers.

Plus récemment, une loi de juillet 2011 a introduit un nouveau mode de placement appelé «admission en soins psychiatriques en cas de péril imminent», supposé favoriser l’accès aux soins des personnes isolées ou désocialisées. Le recours à cette mesure ne peut avoir lieu qu’en cas d’absence d’un proche et il doit être motivé par un certificat médical établi par un médecin extérieur à la structure d’accueil.

«Dans quelle mesure les soins pour péril imminent facilitent-ils l’accès aux soins (…) ou portent-ils atteinte à la liberté des personnes par la simplification des procédures d’admission ?»

Selon les auteurs de l’étude, cette nouvelle mesure explique en partie l’augmentation importante du nombre d’internements forcés. Depuis sa mise en place en 2011, ce nombre a plus que doublé (8.500 personnes en 2012 contre 19.500 en 2015). Des chiffres qui témoignent d’une banalisation de cette procédure, même si sa fréquence varie grandement d’un hôpital à l’autre. «Dans quelle mesure les soins pour péril imminent facilitent-ils l’accès aux soins dans des situations complexes et des contextes d’urgence ou portent-ils atteinte à la liberté des personnes par la simplification des procédures d’admission?», s’interrogent les auteurs de l’étude.

Le nombre d’internements réalisés à la demande d’un représentant de l’État a également augmenté, mais dans une moindre mesure (8% de plus entre 2012 et 2015). Quant au placement à la demande d’un tiers, il est resté constant sur cette période (près de 60.000 personnes concernées).

Plus d’une décision sur 10 annulée par le juge des libertés en 2016

La loi de juillet 2011 prévoit un contrôle obligatoire du juge des libertés et de la détention dans les 12 jours suivants l’hospitalisation complète. Selon le ministère de la Justice, 2.300 demandes d’annulation d’une mesure d’hospitalisation complète ou partielle ont été faites par le patient ou par ses proches au juge des libertés et de la détention en 2016. Pour 305 d’entre elles, la médicalisation contrainte a été annulée, ce qui représente 13% de ces demandes.

Le 19 septembre, l’émission «Les Pieds sur terre» (France Culture) diffusait deux témoignages édifiants de personnes en bonne santé mentale qui ont été internées de force. Le premier a été hospitalisé plus d’une semaine en 2012, alors qu’il protestait contre la fin annoncée d’une zone protégée dans la mairie de son village. Son internement a été reconnu comme illégal, de même que le certificat médical qui l’a conduit à l’hôpital. Le second témoignage est celui d’une trentenaire, internée suite à l’établissement de faux certificats médicaux demandés par son ex-compagnon, qui souffrait de délires.

Pour éviter que de telles dérives aient lieu, les auteurs de l’étude demandent une évaluation des dispositions mises en place par la loi du 5 juillet 2011 et rappellent que «ces mesures au caractère exceptionnel doivent être proportionnelles au bénéfice attendu pour la personne».

Source LE FIGARO.