Coronavirus : L’OCDE alerte sur l’urgence d’investir dans la santé mentale…

EPIDEMIE « La pandémie de Covid-19 a entraîné une forte augmentation des problèmes de santé mentale, en particulier chez les jeunes, les chômeurs et les personnes en situation de précarité financière », note l’organisation.

Coronavirus : L'OCDE alerte sur l'urgence d'investir dans la santé mentale

 

« Les investissements et la qualité des soins » de santé mentale doivent être augmentés « d’urgence ». Dans un rapport publié mardi, l’OCDE souligne l’importance des coûts sociaux et économiques associés aux troubles psychiques et la forte augmentation des problèmes de santé mentale avec la crise du Covid.

« Les pays doivent fournir un soutien adéquat aux personnes touchées tout en augmentant d’urgence les investissements et la qualité des soins pour réduire les coûts sociaux et économiques élevés associés aux problèmes psychiques », note l’Organisation de coopération et de développement économiques dans un communiqué. « Les services psychiatriques ont longtemps été négligés et sous-financés, et les besoins de soins non satisfaits restent élevés dans les pays de l’OCDE », notent les auteurs.

Augmentation après la pandémie

Or les besoins sont de taille : on estimait avant la crise sanitaire qu’une personne sur deux avait déjà souffert de troubles psychiques au cours de sa vie, et qu’une sur cinq en était atteinte à tout moment. Et « la pandémie de Covid-19 a entraîné une forte augmentation des problèmes de santé mentale, en particulier chez les jeunes, les chômeurs et les personnes en situation de précarité financière », note l’organisation.

Selon le rapport, les coûts économiques associés aux troubles mentaux représentent plus de 4,2 % du PIB des pays de l’OCDE. Si certains découlent directement des traitements, plus d’un tiers d’entre eux sont liés à des taux d’emploi plus faibles et une perte de productivité.

Une espérance de vie inférieure à la moyenne

« Or ces coûts peuvent être évités, du moins en partie », assurent les auteurs. Notamment en améliorant la prévention, la prise en charge, en permettant un meilleur accès à l’éducation, à l’emploi… Car selon le rapport, 67 % des personnes souhaitant bénéficier de soins de santé mentale ont déclaré avoir eu des difficultés à les obtenir. « Onze pays de l’OCDE ne comptent qu’un psychologue ou moins pour 10.000 habitants », notent les auteurs du rapport.

Et souffrir d’un trouble psychique rime encore avec niveau d’éducation et d’emploi plus faible et difficulté à préserver une bonne santé physique. Les auteurs pointent également du doigt, une espérance de vie des personnes souffrant de graves problèmes de santé mentale bien inférieure à la moyenne de la population. Mandaté en 2017 par les ministres de la Santé de l’OCDE, l’organisation note dans son rapport que cette « évaluation globale reste entravée par la faible disponibilité des données ».

Source 20 MINUTES.

Déconfinement : Légère embellie pour la santé mentale des Français…

MORAL La proportion de Français évoquant des états dépressifs baisse pour la première fois depuis cet automne.

Déconfinement : Légère embellie pour la santé mentale des Français

 

Une légère embellie de la santé mentale des Français a été observée mi-mai, avec une « diminution significative » de la proportion de la population souffrant d’états dépressifs pour la première fois depuis l’automne, a annoncé vendredi Santé publique France.

Quelque 19 % des personnes interrogées ont déclaré un état dépressif, selon l’enquête réalisée par l’agence sanitaire entre le 17 et le 19 mai, contre 22 % lors de la vague précédente de cette étude, effectuée du 21 au 23 avril, période de strictes mesures de restriction (limitation des déplacements, fermeture d’établissements scolaires et de commerces…).

L’effet de la levée des restrictions

Cette baisse coïncide avec la première étape du déconfinement, le 19 mai, avec la réouverture de tous les commerces, des établissements culturels et des terrasses des cafés et restaurants. « Cela reste supérieur à ce qu’on observait avant l’épidémie », souligne toutefois Santé publique France.

La proportion de Français évoquant des états dépressifs, qui oscillait autour de 19 % pendant le premier confinement, était retombée à moins de 11 % pendant l’été 2020 avant de remonter à partir d’octobre et d’atteindre un niveau record de 22,7 % en février.

Ces troubles sont mesurés à l’aide d’un questionnaire standardisé de 14 questions, couramment utilisé pour dépister les troubles anxieux et dépressifs.

La santé mentale des Français reste dégradée

« La santé mentale des personnes interrogées reste cependant dégradée sans évolution significative sur les autres indicateurs (satisfaction de vie, états anxieux, problèmes de sommeil et pensées suicidaires) », ajoute Santé publique France.

80 % des répondants se déclarent ainsi actuellement satisfaits de leur vie (soit cinq points de moins par rapport au niveau hors épidémie), 21 % souffrent d’un état anxieux (+6 points), 64 % évoquent des problèmes de sommeil au cours des huit derniers jours (+14 points) et 8,5 % ont eu des pensées suicidaires au cours de l’année (+4 points).

Les personnes avec une situation financière très difficile, les étudiants et les femmes font partie des profils de population avec une santé mentale particulièrement dégradée.

Moins d’hostilité face au vaccin

Dans cette enquête menée régulièrement depuis le début de l’épidémie, l’agence met aussi en évidence une baisse continue de la part de la population hostile à la vaccination contre le Covid-19.

« La proportion de participants déclarant ne pas avoir l’intention de se faire vacciner diminuait ainsi de 31 % » fin avril « à 24 % » mi-mai.

Cette évolution de l’adhésion à la vaccination touche toutes les classes d’âge, alors que la moitié de la population adulte a désormais reçu au moins une dose de vaccin.

En revanche, « seuls 47 % de parents d’enfants interrogés auraient l’intention de faire vacciner leurs enfants si un vaccin était disponible ».

Coronavirus : en quatre mois, le nombre de recherches en lien avec la santé mentale a doublé sur Doctolib…

Entre octobre 2020 et janvier 2021, le nombre de recherches de psychologues ou psychiatres a doublé sur Doctolib.

Une conséquence de la crise sanitaire et économique pour les professionnels, qui redoutent des dégâts à long terme.

En quatre mois, le nombre de recherches en lien avec la santé mentale a doublé sur Doctolib.

 

Psychologues et psychiatres alertent depuis plusieurs mois. Anxieux, déprimés, épuisés, de plus en plus de Français se tournent vers des professionnels. D’après les chiffres communiqués ce jeudi à France Bleu par Doctolib, le nombre de recherches effectuées par les patients en lien avec santé mentale a ainsi doublé entre octobre 2020 et janvier 2021, passant de 120.000 à 255.000 pour les psychologues et de 105.000 à 223.000 pour les psychiatres.

Depuis octobre 2020, les psychologues de la plateforme de prise de rendez-vous en ligne ont vu leur activité croître de 27%, et les psychiatres de 19%. 75% des psychologues expliquent avoir constaté une augmentation de leur charge de travail ces derniers mois, essentiellement liée à l’arrivée de nouveaux patients.

Nouveaux patients

Des chiffres qui ne surprennent pas Caroline Delannoy, psychologue dans le 16e arrondissement de Paris. “Nous recevons beaucoup de nouveaux patients depuis octobre dernier en raison du contexte actuel, de la crise sanitaire” confirme-t-elle.

Un an après le premier confinement, et alors que de nouvelles restrictions entrent en vigueur samedi dans tout le pays, la santé mentale des Français est en effet devenue une donnée centrale de la crise sanitaire.

Selon une enquête OpinionWay publiée le 23 mars, le taux de dépressions, y compris sévères, parmi les salariés a explosé depuis mars 2020. Les hospitalisations des moins de 15 ans pour motif psychiatrique sont “en hausse de 80%” a indiqué le 22 mars sur France Inter Angèle Consoli, pédopsychiatre à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpétrière et membre du Conseil scientifique, et la détresse des étudiants, privés d’université et de vie sociale, a poussé le gouvernement à lancer une plateforme nationale d’accompagnement psychologique dédiée en partenariat avec la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie.

Source FRANCE BLEU.

Coronavirus : les hospitalisations des moins de 15 ans pour motif psychiatrique en hausse de 80%…

Angèle Consoli, pédopsychiatre et membre du Conseil scientifique, a déclaré que les hospitalisations des jeunes de moins de 15 ans pour motif psychiatrique sont “en hausse de 80%” depuis le début de l’épidémie de coronavirus.

Les hospitalisations des moins de 15 ans pour motif psychiatrique sont en hausse de 80%

 

Les hospitalisations des jeunes de moins de 15 ans pour motif psychiatrique sont “en hausse de 80%” a déclaré ce lundi  sur France Inter Angèle Consoli, pédopsychiatre et membre du Conseil scientifique. Une réunion doit se tenir ce lundi à Matignon avec le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran consacrée aux enjeux de la santé mentale des Français à l’aune de l’épidémie de coronavirus

La médecin pointe également une tendance à la dépression marquée chez les 12-17 ans. Angèle Consoli s’appuie sur “les retours du terrain, de l’ensemble des collègues, qui montrent une demande de soins (à la suite) d’idées suicidaires et de crises suicidaires” et de “symptômes dépressifs” des plus jeunes, liées au contexte sanitaire actuel.

Dans le champ de la petite enfance, il y a une vigilance à avoir, on a vu augmenter le nombre de consultations pour des retards de langage, pour des troubles du sommeil et des conflits intra-familiaux” chez les 0-3 ans, avertit également la pédopsychiatre. La spécialiste évoque une liste des signes qui doivent alerter les parents : irritabilité, pleurs, changement de comportement brutal, etc. Elle indique que “l’une des réponses” à apporter peut être de “se projeter vers l’avenir“.

La crise Covid ne fait qu’exacerber les tensions du système” hospitalier, explique Angèle Consoli. “Les préoccupations (du gouvernement) pour la santé mentale sont fortes” assure la médecin.

Source FRANCE BLEU.

Coronavirus : Des consultations de psychologues bientôt remboursées par les complémentaires santé…

SANTE MENTALELes mutuelles s’engagent à prendre en charge au moins quatre séances par an « dès le premier euro ».

Coronavirus : Des consultations de psychologues bientôt remboursées par les complémentaires santé

 

Les mutuelles s’engagent pour la santé mentale, mise à mal par la crise sanitaire. Les fédérations de mutuelles, assurances santé et institutions de prévoyance ont annoncé lundi la prise en charge de plusieurs consultations de psychologues par an, sous conditions.

Les complémentaires santé ont pris les devants, alors qu’une réunion de ministres « sur la santé mentale » était prévue lundi après-midi à Matignon. Leurs trois fédérations ont décidé de concert de généraliser le remboursement « dès le premier euro » des psychologues libéraux, sur prescription médicale.

Pas encore en vigueur

Pour les mutuelles, « un minimum de quatre séances par année pourra être pris en charge dans une limite de 60 euros par séance », précise la Mutualité française dans un communiqué. Même tarif pour les assureurs, qui ne s’engagent toutefois à rembourser que « jusqu’à quatre consultations » par an, indique la Fédération française de l’assurance (FFA). Les institutions de prévoyance (CTIP), spécialisées dans les contrats d’entreprises, promettent également de « renforcer leur dispositif de prise en charge des consultations de psychologues ».

Cette initiative n’entrera toutefois pas immédiatement en vigueur : les trois fédérations souhaitent d’abord « initier un échange » avec les syndicats de médecins et de psychologues. Ces derniers ne sont pour l’heure pas pris en charge par la Sécu, même si l’Assurance maladie teste depuis deux ans un remboursement – sur prescription du médecin traitant – dans quatre départements (Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Landes, Morbihan).

Des troubles plus nombreux

Un schéma encouragé par la Cour des comptes, qui recommandait dans un rapport en février de le « généraliser dès que possible ». Une urgence aggravée par le Covid-19 : près des deux tiers des 18-25 ans (61 %) estiment que la crise sanitaire « aura des conséquences négatives sur leur santé mentale », selon un sondage réalisé en janvier par l’institut Ipsos pour la Fondation FondaMental, réseau de chercheurs sur les maladies psychiatriques.

Près d’un jeune sur trois (32 %) déclare être personnellement concerné par au moins un des troubles suggérés : dépression, anorexie, troubles obsessionnels compulsifs, phobies, troubles anxieux, etc.

Source 20 MINUTES.

Covid: deux fois plus de dépressions sévères qu’en 2020 chez les salariés…

Les populations les plus à risques sont les moins de 29 ans, les femmes, les managers et ceux qui télétravaillent.

Le taux de dépression chez les salariés est passé de 21% en décembre dernier à 36% en mars.

 

Les taux de dépressions, notamment sévères, parmi les salariés ont explosé, un an après le début de la crise sanitaire et le premier confinement, selon un «baromètre de la santé psychologique des salariés français en période de crise», réalisé par OpinionWay et présenté mardi.

Si la détresse psychologique des salariés français reste importante et touche 45% d’entre eux (-5 points par rapport à décembre 2020) dont 20% de détresse psychologique élevée (identique), «le taux de dépression nécessitant un accompagnement chez les salariés explose. Il passe de 21% à 36% (+15 points par rapport à décembre 2020) tandis que le nombre de dépressions sévères a doublé en un an (21% en mars 2021 contre 10% en avril 2020)», a précisé Christophe Nguyen, à la tête du cabinet franco québécois Empreinte Humaine, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux (burn-out, dépressions, suicides…), en présentant la sixième vague de ce baromètre depuis le début de la crise.

De la détresse psychologique à la dépression

«La détresse psychologique (indicateur de santé mentale utilisé pour diagnostiquer les troubles mentaux, NDLR) c’est l’antichambre de troubles mentaux plus sévères dont la dépression, et on voit que les gens sombrent», a-t-il ajouté, indiquant que «63% des salariés» déclarent «voir de plus en plus de collègues en détresse psychologique».

«Le contexte invite à être réaliste sur ce point. La détresse s’exprime aussi par des comportements d’hostilité, d’agressivité, ça ne va pas bien du tout et ça devient une crise au travail», analyse M. Nguyen. «On paie cash le manque de prévention de la santé mentale en population générale et dans les entreprises», ajoute-t-il, en comparant la France au Québec «où il y avait entre 7 et 9% de détresse psychologique fin 2020».

Qui sont les plus touchés ?

Les populations «les plus à risques» restent «les moins de 29 ans», dont 62% sont en détresse psychologique avec un risque de dépression accru pour près de quatre sur dix. Les femmes sont également très touchées avec 53% d’entre elles en détresse psychologique contre 38% pour les hommes.

Les managers, dont 48% sont en situation de détresse psychologique, sont plus touchés que les non-managers (44%). Facteur aggravant pour les premiers, 60% d’entre eux ne se permettent pas de parler de leurs difficultés avant de traiter celles de leurs collaborateurs et 4 sur 10 se sentent isolés en tant que manager, selon le baromètre, réalisé du 1er au 12 mars auprès d’un échantillon de 2.004 salariés représentatif, selon la méthode des quotas.

Saturation avec le télétravail

Là où en avril 2020, les plus exposés étaient les salariés en chômage partiel, ce sont aujourd’hui les télétravailleurs les plus en détresse psychologique. Ceux qui habitent dans moins de 40 m2 sont surexposés à la détresse psychologique (75%). Le télétravail est «en voie de devenir un risque psychosocial au travail» et sa «lassitude» se confirme avec 4 salariés sur 10 qui «saturent» du télétravail tandis que 50% des salariés disent «manquer de lien social avec les collègues», ce qui «impacte négativement le sens qu’ils donnent à leur travail». La détresse psychologique fait aussi «craindre des drames humains». 50% des salariés disent «avoir peur de l’état psychologique» de leurs collègues à la sortie de la crise, 32% craignent des suicides au travail et 10% ont peur «qu’un collègue agresse physiquement d’autres personnes», selon ce baromètre.

Source LE FIGARO.

Santé mentale : les adolescents touchés de plein fouet par la pandémie…

Les adolescentes sont tout particulièrement touchées par une aggravation ou un nouveau trouble de la santé mentale depuis le début de la pandémie, rapporte une étude américaine.

Les adolescentes sont tout particulièrement touchées par une aggravation ou un nouveau trouble de la santé mentale depuis le début de la pandémie, rapporte une étude américaine.

 

Pointés du doigt pour leur manque de solidarité envers leurs aînés depuis le début de la pandémie, les adolescents sont loin d’être épargnés par cette période morose. Cours à distance, interactions sociales en berne, absence d’activités physiques et culturelles : la Covid-19 a durement impacté la santé mentale des adolescents, comme le révèle un nouveau sondage mené aux Etats-Unis.

Quelle plus belle époque que celle de l’adolescence, entre expérimentations en tout genre, nouvelles rencontres, et sentiment d’indépendance ? Enfin ça, c’était avant… Avant qu’une pandémie mondiale vienne bousculer les habitudes d’une génération qui ne peut s’épanouir sans interactions sociales. Un nouveau sondage national réalisé par le centre médical de l’Université du Michigan révèle que les adolescents sont tout particulièrement affectés sur le plan mental par la pandémie, et davantage encore par les mesures de restriction prises pour tenter de l’enrayer.

Le sondage se base sur les réponses de 977 parents d’adolescents âgés de 13 à 18 ans. Près de la moitié des parents interrogés (46%) affirment que leur adolescent souffre d’un nouveau trouble de santé mentale ou d’un trouble en aggravation depuis le début de la pandémie en mars 2020. Les adolescentes semblent plus touchées que leurs homologues masculins, notamment en ce qui concerne les troubles de l’anxiété et les symptômes dépressifs.

L’absence d’interactions sociales chez ces adolescents depuis près d’un an est à prendre en compte dans la dégradation de leur santé mentale. Confinement et autres mesures sanitaires obligent, trois parents sur quatre déclarent que la Covid-19 a eu un impact négatif sur les interactions sociales de leurs adolescents; chose pourtant primordiale à cette étape de la vie.

Anxiété et comportement agressif

Le rapport révèle que plus d’un tiers des adolescentes (36%) souffrent d’un nouveau trouble – ou d’une aggravation – de l’anxiété, contre 19% des adolescents. Mais ce n’est pas tout, les parents interrogés font également état d’une hausse des symptômes dépressifs (31% des adolescentes, contre 18% des adolescents), des troubles du sommeil (24% et 21% respectivement), et même d’un comportement plus agressif (9% et 8% respectivement).

“Les pairs et les interactions sociales sont un élément essentiel du développement pendant l’adolescence. Mais ces opportunités ont été limitées pendant la pandémie. Beaucoup d’adolescents peuvent se sentir frustrés, anxieux et déconnectés en raison de l’éloignement social et du manque d’activités sociales habituelles, comme le sport, les activités parascolaires et le fait de passer du temps avec des amis”, explique Gary L. Freed, co-directeur du sondage.

Le rôle essentiel des parents

Face à la dégradation de la santé mentale de leur(s) adolescent(s), les parents n’ont pas lésiné sur les moyens pour tenter d’inverser la tendance. La moitié d’entre eux ont notamment assoupli les mesures d’éloignement liées à la pandémie pour permettre à leur progéniture de retrouver un minimum de vie sociale. Une chose qui semble avoir particulièrement fonctionné, puisque 81% des sondés confient que cela a aidé leur ado sur le plan psychologique.

Il a également été question d’assouplir certaines restrictions vis-à-vis des réseaux sociaux pour permettre à leur ado d’y passer plus de temps que d’ordinaire, mais aussi de faire appel à des spécialistes de la santé mentale, voire de se tourner vers les nouvelles technologies et plus particulièrement vers des programmes et applications destinés à améliorer la santé mentale des adolescents.

“Les parents jouent un rôle essentiel en aidant leurs adolescents à faire face au stress de la pandémie. Il existe des stratégies que les parents peuvent adopter pour aider, que leur adolescent montre ou non des signes révélateurs d’un potentiel trouble. L’une des choses les plus importantes que les parents doivent faire est de garder les voies de communication ouvertes; demander à leur adolescent comment il va et créer un espace pour qu’ils parlent sans tabou afin de pouvoir fournir de l’aide en cas de besoin”, conseille Freed.

Source LA DEPÊCHE.

Hausse des syndromes dépressifs en France : les femmes sont les plus touchées…

En mai 2020, 13,5% des personnes âgées de 15 ans ou plus vivant en France déclaraient des symptômes évocateurs d’un état dépressif. Cette proportion n’était que de 10,9% en 2019.

Hausse des syndromes dépressifs en France : les femmes sont les plus touchées

 

La DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) publie deux études très complètes* mettant en exergue la hausse des syndromes dépressifs et des consultations pour ce motif en France depuis le début de la crise sanitaire.

Les jeunes et les femmes plus vulnérables

En mai 2020, 13,5 % des personnes âgées de 15 ans ou plus vivant en France déclarent des symptômes évocateurs d’un état dépressif, une proportion en hausse de 2,5 points par rapport à 2019. L’augmentation est plus marquée chez les femmes et les moins de 44 ans, et tout particulièrement chez les 15-24 ans. 22% des jeunes de cette tranche d’âge déclarent ainsi des problèmes de ce type en mai 2020, contre 10,1 % en 2019 et 4,2 % en 2014. “La proportion de jeunes présentant ce type de syndromes a donc plus que doublé en l’espace de 5 ans entre 2014 et 2019, puis à nouveau entre 2019 et mai 2020”, commentent les experts de la DREES.

72 % des médecins généralistes constatent également que les demandes de soins pour stress, troubles anxieux ou symptômes dépressifs sont plus fréquentes qu’à l’ordinaire, et 16 % que le nombre de ces consultations a augmenté de plus de 50 % par rapport à la fréquence antérieure à l’épidémie de Covid-19. La tendance, déjà observée lors de la première vague épidémique (55 % des médecins ont eu des demandes de soins liés à la santé mentale plus fréquentes durant le confinement du printemps 2020), s’accentue au fil du temps. “Ceci traduit peut-être la persistance, au-delà de la première période de confinement, d’une souffrance psychologique marquée dans la population générale du fait des conséquences sociales et économiques de la pandémie et des mesures mises en place pour l’endiguer”, analysent les scientifiques.

Par ailleurs, les médecins exerçant dans les zones où l’intensité épidémique est élevée constatent également un peu plus souvent une hausse des demandes de soins pour stress, troubles anxieux ou dépressifs (77 % des médecins exerçant dans les départements les plus touchés sont concernés, contre 71 % pour les autres médecins).

Perte d’intérêt à faire les choses

Entre 2019 et mai 2020, quatre problèmes de santé mentale ont augmenté significativement dans la population générale :
– le fait d’être triste, déprimé ou désespéré ;
– la perte d’intérêt ou de plaisir à faire les choses ;
– les difficultés de concentration ;
– les difficultés liées au sommeil, qui concernent plus de la moitié des personnes interrogées.

Trois symptômes sont en recul :
– la fatigue et le manque d’énergie ;
– la mauvaise opinion de soi ;
– le fait de bouger ou de parler lentement ou, au contraire, d’être agité.

Par ailleurs, 21,7 % des parents interrogés déclarent que des difficultés liées au sommeil sont apparues ou ont augmenté depuis le début du confinement chez un de leur enfant de 3 à 17 ans.

Les syndromes dépressifs liés aux difficultés économiques

Les facteurs les plus fortement associés à l’état dépressif sont d’ordre économique. Les syndromes dépressifs frappent en effet un tiers des personnes en proie à une situation financière critique (qui “n’y arrivent pas sans faire de dettes”). Celles qui déclarent une situation financière “juste” ou “difficile” présentent également un sur-risque significatif de présenter un syndrome dépressif. Un état de santé dégradé et/ou la présence d’un handicap sont également des facteurs très associés à une symptomatologie dépressive, de même que les tensions ou violences conjugales.

Certaines caractéristiques individuelles associées à la détection d’un syndrome dépressif sont plus spécifiques à la période de pandémie. Ainsi, les personnes déclarant que leur situation financière s’est dégradée au cours du premier confinement (un quart des personnes de 15 ans ou plus) sont plus vulnérables, de même que les personnes ne disposant pas de jardin, de cour ou de balcon ou encore les personnes seules ou celles confinées en dehors de leur domicile habituel, chez leurs parents ou conjoint. Il existe également une forte corrélation entre l’état dépressif et la confiance accordée aux pouvoirs publics pour résoudre la crise, sans qu’il ne soit possible de déterminer le sens d’une éventuelle causalité. Par ailleurs, le fait de déclarer des symptômes évocateurs de la Covid-19 est fortement lié à la détection d’un syndrome dépressif.

*Une étude sur la santé mentale de la population française lors du premier confinement, qui analyse notamment l’évolution du syndrome dépressif dans la population générale et les différents facteurs de risque associés (DREES, Etudes & Résultats, 1185) ; Une étude sur l’activité des médecins généralistes en novembre et décembre 2020(DREES, Etudes & Résultats, 1186), qui montre une augmentation des demandes de soins liés aux questions de santé mentale.

Source POURQUOI DOCTEUR.

La pandémie s’installe dans le temps, et ses dégâts psychologiques aussi… Vidéo : les violences faites aux femmes pendant le confinement !…

Huit mois après le début du premier confinement en France, nous sommes nombreux et nombreuses à ressentir les lourds effets d’une crise qui semble partie pour durer.

La pandémie s'installe dans le temps, et ses dégâts psychologiques aussi

Il y a huit mois, alors qu’un premier confinement s’amorçait en France, notre santé mentale s’est retrouvée fortement impactée par l’incertitude, l’isolement et la peur. La crise a été soudaine, et le choc profond.

«Ça a accentué mes angoisses nocturnes et mes insomnies», détaille Juliette, qui se décrit comme une stressée chronique. «J’avais parfois des insomnies avant, mais c’est vraiment la période de confinement qui a décuplé le phénomène. La situation totalement anxiogène m’a poussée à me couper un peu des informations, je comptais les heures la nuit.»

Pierre a lui aussi ressenti ce bouleversement: «J’avais le moral totalement plombé par l’inquiétude due au virus, par la peur du lendemain, et par le fait d’être bloqué chez moi.» Ce journaliste était déjà suivi par une psychologue depuis plusieurs années pour régler des problèmes de confiance en soi, et «après un léger mieux, l’annonce du confinement m’a refait sombrer. Heureusement, le suivi psy a continué par Skype, ce qui m’a aidé à tenir.»

Des troubles psy qui se répandent

Addiction, troubles du sommeil, dépression… On le sait désormais, le confinement de début 2020 a généré une angoisse globale et inédite. Fin mars, une semaine après le début des restrictions, le taux d’anxiété dans la population française avait doublé par rapport à 2017. Huit mois plus tard, la traumatologue Hélène Romano constate la longue traîne de cet impact, à tous les niveaux.

D’abord dans son entourage, et auprès des étudiant·es de la faculté où elle enseigne. «Beaucoup d’inquiétudes, de fatigue psychique (liée au stress) et d’angoisse pour l’avenir», raconte-t-elle. Parmi ses collègues soignants, elle note «une intense fatigue physique et psychique en raison du stress, d’une absence réelle de revalorisation du métier et des moyens supplémentaires qui ne sont donnés qu’au compte-goutte». Quant à ses patient·es, qui ont un vécu traumatique grave, «le confinement, le déconfinement, et la situation actuelle réactivent leurs traumatismes et les insécurisent beaucoup (aggravation des conduites anxieuses, troubles addictifs pour éviter les pensées intrusives…)». Bref, ça va mal partout.

Cécile, consultante en communication de 28 ans, est diagnostiquée dépressive. «Je n’ai pas pu voir ma psy pendant le confinement. Ça a eu un impact clair sur mes addictions à la cigarette et à l’alcool, j’ai développé une très forte consommation qui s’est plus ou moins installée, et j’ai repris des anxiolytiques. J’ai aussi expérimenté, pour la première fois, de vrais troubles du sommeil qui sont maintenant très récurrents.»

Certaines personnes ont vu des problèmes de santé mentale pré-existants s’aggraver, d’autres en font l’expérience pour la première fois. C’est le cas de Roxane*, qui a subi une rupture le jour de l’annonce du confinement en mars. «J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, seule dans un minuscule studio. Le fait de n’avoir rien à faire m’a focalisée sur moi, ma vie et mon passé. J’ai donc fait une introspection et je me suis rendue compte que des trucs atroces et douloureux enfouis depuis des années me revenaient en pleine face, sans pouvoir détourner mon attention. C’est la première fois que je fais face à ce genre de choses. Je n’ai jamais autant pleuré que depuis mars. Je suis devenue à fleur de peau et les larmes montent hyper vite pour un rien.» La jeune femme dit avoir sombré dans une «profonde déprime» qui peu à peu a évolué en dépression. Sans avoir les moyens de consulter un·e spécialiste pour aller mieux, elle «subit tant bien que mal en attendant que ça passe».

«Comme une voiture qui n’a plus d’essence»

Ce qui nous a aidé à tenir, même pendant les mois les plus douloureux, c’est l’idée que cela passerait. Hélène Romano nous le disait en avril: «Projetez-vous dans le temps, pensez à ce que vous avez envie de faire pour l’après. On ne va pas être confinés à vie, ce sont juste six semaines. Il faut vous dire qu’il y aura une fin.» Malheureusement, la fin n’est pas vraiment arrivée, ou du moins n’a pas pris la forme que l’on espérait. Et huit mois plus tard, c’est un nouveau confinement qui débute.

Alors qu’il est devenu clair, ces dernières semaines, que la situation ne s’améliorait pas, l’anxiété a pris une nouvelle tournure, peut-être plus diffuse mais aussi plus durable. Lya Auslander, docteure en psychologie sociale, le confirme. «Dans les crises comme ça, qu’elles soient sanitaires, ou financières comme en 2008, il y a une phase aiguë qui apparaît dans un premier temps. Et après, les choses s’installent de manière chronique. C’est ce qu’on vit en ce moment.» Selon elle, «sur le plan psy, l’installation de cette phase chronique est extrêmement consommatrice d’énergie psychique, et on y est beaucoup moins préparés. Nous sommes dans une société de la vitesse, et pas une société d’endurance. Quand il y a encore plus d’anxiété et de stress, les gens se retrouvent vite comme une voiture qui n’a plus d’essence, mais qui ne peut pas être ravitaillée parce qu’on n’a pas le temps de s’arrêter.»

C’est ce sentiment d’être à sec qui revient très souvent dans les témoignages. Chloé, 30 ans, travaille dans le milieu du spectacle, et se dit épuisée «par le sentiment d’être en permanence sur le fil du rasoir. On se sent dépossédé de sa propre vie. Ne pas pouvoir organiser des spectacles, ne pas pouvoir aller à des concerts, c’est [se] retirer un peu d’oxygène, même si ça paraît dramatique dit comme ça.»

Comme nombre d’entre nous, elle pensait que la crise ne durerait qu’un temps. «Maintenant que ça dure encore et encore, et qu’on n’en voit pas la fin, je me sens un peu condamnée, confie-t-elle. L’incertitude est terrible. Je suis privée de ma famille, de mes amis les plus proches, de ce qui me nourrit professionnellement et personnellement. C’est un arrêt de développement personnel en fait, comme si j’étais punie mais sans leçon à la clef. Je suis en pause de moi-même.»

Entre l’absence de perspective et le surmenage émotionnel, le risque de burn-out est immense. Ce dernier peut être lié à la surcharge de (télé)travail, à l’épuisement parental, ou bien, comme le précise Lya Auslander, à une perte de sens. «Avec cette crise qui s’inscrit dans la chronicité, parce qu’on est isolés, et qu’on n’a pas les ressources, on est beaucoup plus sujets au burn-out.» Son conseil: «II faut accepter l’efficacité moindre, et ménager des périodes de récupération, reprendre des liens sociaux.»

«Dans l’idéal, il faut essayer d’avoir des moments pour soi, même cinq minutes par jour.»

Hélène Romano, psychothérapeuthe et traumatologue

Pauline, 29 ans, est scénariste et en burn-out depuis mai. Sa vie créative et professionnelle a été fortement endommagée par la crise sanitaire. Malgré un job précaire et globalement stressant, elle tenait le coup grâce à la perspective de deux projets enthousiasmants, qui se sont tous les deux arrêtés brutalement avec le confinement. «Il y a eu une accumulation de choses, mais je me suis rendue compte que j’étais en burn-out au moment où j’ai réalisé que je n’étais plus capable d’écrire du tout.»

Aujourd’hui, elle se dit encore incapable de reprendre l’écriture, et parle de «blocage» concernant la fiction. «Je n’ai pas regardé une fiction depuis le mois de mars, il y a une espèce de dégoût. On a regardé Dix pour cent avec ma compagne, et c’est épidermique, je peux plus.» En attendant une potentielle reconversion, la jeune femme se ménage et s’entoure de proches qui la comprennent. «J’essaie de ne pas me projeter à dans un an, je limite mon champ de vision.»

Difficultés exponentielles

Autre difficulté de la période qui s’annonce: aux épreuves personnelles, viennent s’ajouter celles de notre entourage, générant une sorte de surmobilisation physique et émotionnelle. Pauline le ressent bien. «Là où c’est compliqué, c’est que quand tu dis que tu vas mal, on te répond “bah en même temps ça va mal pour tout le monde”, regrette-t-elle. C’est pas sain, parce que du coup tu peux en devenir un peu fataliste.»

Comment faire quand on est soi-même en burn-out, mais que nos proches (ou nos patient·es) sont eux aussi au bout du rouleau? Comment prendre à la fois soin de soi et des autres dans une période aussi épuisante? Hélène Romano donne quelques pistes: «Dans l’idéal, il faut essayer d’avoir des moments pour soi, même cinq minutes par jour. Penser à des projets positifs personnels et familiaux, s’autoriser à dormir, bien manger, et savoir dire non aux sollicitations pour se mettre au centre de nos préoccupations.»

Lya Auslander, elle, s’inquiète particulièrement pour les personnes les plus vulnérables, déjà fragilisées depuis le début de la crise: «Pour les personnes qui ont déjà des pathologies déclarées, tout va être exponentiellement difficile, qu’il s’agisse de pathologies de stress, de handicap, de comportements violents.» Les enfants et les femmes victimes de violences domestiques, notamment, sont à nouveau beaucoup plus exposées dans une situation de couvre-feu ou de confinement.

«La situation actuelle décuple l’anxiété, mais réduit très largement la capacité des gens violents à contenir le passage à l’acte. Toutes les structures d’accueil et de protection de l’enfance ont beaucoup été sollicitées pendant le [premier] confinement, elles ont répondu avec les moyens qu’elles avaient dans la phase aiguë, mais maintenant on est dans une autre phase où tout le monde est épuisé, y compris les soignants. On craint l’interaction entre l’épuisement professionnel, le manque de moyens et leur capacité à intervenir pour ces enfants et les femmes qui sont victimes.»

Une crise qui ne sera pas éternelle

Malgré tout, la docteure en psychologie sociale place beaucoup d’espoir dans le lien humain. «Dans les sociétés totalitaires, où le degré de stress, de dépression et de captivité était important et a duré très longtemps, on a observé tous ces phénomènes, explique Lya Auslander. Il y avait le stress de l’espace public, et en même temps, les liens entre les personnes dans l’espace privé sont devenus tellement chaleureux, que les choses tenaient debout quand même. Malheureusement les sociétés occidentales sont individualistes, mais la question de la solidarité, des liens et de l’attention à autrui est extrêmement importante. Il ne faut pas croire que parce qu’on est attentif à autrui, ça nous épuise forcément nous.»

Pour affronter les nouvelles épreuves, l’expérience de ces derniers mois est aussi d’une grande aide. Cécile nous dit envisager «plus sereinement» le deuxième confinement, «le premier ayant fait office de crash-test». Roxane, elle, a choisi de se confiner avec des amis pour ne pas reproduire la solitude du premier.

Et même s’il est difficile de savoir quand et comment cette crise se terminera, Hélène Romano précise encore une fois que temporiser est une des meilleures solutions. «La crise dure, c’est une réalité, mais elle ne sera pas éternelle… même s’il y en aura probablement d’autres. Pendant la guerre, les populations ont tenu car elles savaient qu’un jour cela finirait. Il y aura une fin.» Selon elle, «la seule façon de tenir est de voir comment vivre avec les nouvelles contraintes (qui risquent de durer) car il nous faut bien vivre, ne serait-ce que pour les enfants qui ont besoin d’adultes porteurs d’espoirs, malgré tout ce contexte».

*Le prénom a été changé

Source SLATE.

La santé mentale d’un adulte sur cinq flanche autour de la cinquantaine…

À cet âge-là, nous avons souvent davantage de responsabilités, ce qui réduit notre temps libre et accentue notre détresse psychologique.

La santé mentale d'un adulte sur cinq flanche autour de la cinquantaine

 

Alors que nous parlons de plus en plus de la santé mentale des jeunes en ces temps de Covid-19, une nouvelle étude a récemment mis en lumière un chiffre surprenant: autour de la cinquantaine, un adulte sur cinq souffrirait de problèmes de santé mentale. D’après le chercheur en santé publique Dawid Gondek, «la santé mentale des adolescents et des personnes âgées attire bien plus l’attention que la détresse psychologique des quadragénaires et des quinquagénaires, malgré le fait que les adultes sont particulièrement vulnérables aux problèmes de santé mentale à cette période de leur vie».

Dans le cadre de cette étude, l’équipe de recherche a analysé la santé mentale de trois différentes cohortes en étudiant des données récoltées auprès de 28.000 participants nés en 1946, 1958 et 1970, résidant en Grande-Bretagne et ayant fait l’expérience de la détresse psychologique entre leurs 23 et 69 ans. Le terme de détresse psychologique englobe alors plusieurs formes de dépression et d’anxiété, sans distinguer les différents troubles psychiques.

Les résultats de l’étude ont montré que la plus grande proportion de cas de détresse psychologique était remarquée lorsque les individus avaient une cinquantaine d’années. En effet, 19,1% des personnes nées en 1946 faisaient preuve de détresse psychologique à 53 ans, 15,2% de celles nées en 1958 voyaient leur santé mentale se détériorer à 50 ans, et 19,9% des individus nés en 1970 souffraient de troubles psychologiques à 46 ans.

Les scientifiques derrière l’étude indiquent par ailleurs que les participants appartenant à la génération X, c’est-à-dire ceux nés dans les années 1970, avaient éprouvé davantage de détresse psychologique que les autres. En effet, ces personnes «sont entrées sur le marché du travail à la fin des années 1980 et au début des années 1990, pendant une période de récession et de fort chômage», relate le chercheur George Ploubidis. Une situation qui aurait eu des conséquences durables sur leur santé mentale.

Une période associée à des changements significatifs

Plusieurs facteurs permettraient d’expliquer pourquoi notre santé mentale a tendance à défaillir lorsque nous approchons du milieu de notre vie. Vers 50 ans, nous sommes souvent au sommet de notre carrière. Nos responsabilités sont plus nombreuses et importantes, et notre temps libre s’en retrouve parfois réduit. Cela se traduit par une santé mentale amoindrie, selon les universitaires. De plus, cette période de notre vie est parfois associée à des changements significatifs de notre structure familiale, comme un divorce ou la prise en charge de parents âgés.

Bien que la nouvelle étude présente quelques limites, elle permet de rappeler l’importance d’étudier la santé mentale des personnes de tout âge, pour parvenir à les aider de façon efficace.

Source SLATE.