Coronavirus : a-t-on oublié les foyers de handicapés ?…

Parmi tous ceux qui ont besoin d’équipements de protection, il y a les personnels des foyers d’accueil pour personnes handicapées qui ont le sentiment d’avoir été mis de coté.

C’est le cas du foyer médicalisé de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), où 4 résidents sont décédés du Covid-19.

Les personnels des les foyers d’accueil des handicapés, eux-aussi en première ligne, ont le sentiment d'avoir été oubliés

La course aux équipements de protection est depuis longtemps l’un des enjeux de cette crise et elle ne concerne pas les seuls personnels soignants des hôpitaux ou des Ehpad. Parmi ceux qui en ont également un grand besoin, il y a les personnels des foyers d’accueil de personnes handicapées, eux aussi en première ligne. Des personnels qui ont le sentiment d’avoir été mis de côté : un sentiment d’abandon difficile à accepter.

“On s’est pas senti soutenus”

Le foyer médicalisé Villebois-Mareuil de Gennevilliers compte 32 résidents handicapés mentaux. Le premier cas de Covid-19 a été diagnostiqué le 20 mars. Dans les jours qui ont suivi, quatre pensionnaires lourdement handicapés sont décédés, beaucoup ont été contaminés. “On savait que nous n’avions pas de réserves de tenues recommandées pour se protéger du virus”, explique Charline Mahieux, infirmière dans cet établissement.

“Ça a été vécu par une partie des équipes comme une panique, une panique contrôlée, mais nous savions que nous serions confrontés au coronavirus. Il y avait un très gros risque.”

Une grande partie des salariés de ce foyer a été malade. Charline Mahieux elle-même a été arrêtée une dizaine de jours, sans être remplacée.

Les personnes handicapées, que cette période de confinement fragilise beaucoup, ont du mal à respecter les gestes barrières. Elles doivent être accompagnées au plus près. Mais dans cette période, les foyers médico-sociaux pour handicapés n’ont jamais été prioritaires, déplore Charline Mahieux. “Nos réserves d’équipements étaient bloqués par l’État pour les hôpitaux qui étaient prioritaires, et on avait pour seule réponse que les protections arriveraient quand elles arriveraient. On est en colère parce que nous ne nous sommes pas senti soutenus et protégés. On a commencé à avoir des masques grâce à la ville de Gennevilliers mais aussi par les parents qui ont fait jouer leurs contacts et qui ont pu nous fournir ce qu’ils pouvaient.” 

Un sentiment d’abandon largement partagé par le secteur du handicap

L’association des parents d’enfants inadaptés de la Boucle de la Seine gère plusieurs foyers dans les Hauts de Seine, dont celui de Gennevilliers. “C’est un sentiment d’être oublié et d’être laissé de côté”, s’agace la présidente de l’APEI qui s’occupe de 800 handicapés et de 450 salariés dans le département. Catherine Harpey a alerté à plusieurs reprises les autorités, dont le ministre de la Santé.“Il y a de grandes déclarations qui sont faites : la personne handicapée, c’est un citoyen à part entière, elle a les mêmes droits que les autres. Mais le jour où survient une crise, il y a des priorités et on a l’impression que les personnes handicapées passent au deuxième plan.”

L’établissement vient de recevoir des stocks de masques chirurgicaux, mais pas d’autres équipements type blouses, charlottes ou lunettes. “Nous avons fait une demande précoce pour obtenir ce genre d’équipements complets mais la réponse est : ‘il n’y en a pas beaucoup et ce n’est pas pour vous’. Il faut donc se débrouiller par ses propres moyens”, déplore Catherine Harpey, “mais on s’organise pour tenir le coup, il y a beaucoup de solidarité.” Et ce ne sera pas de trop pour affronter le prolongement du confinement.

Source FRANCE INTER.

Déconfinement : les annonces surprises du gouvernement…

Le gouvernement a annoncé une accélération du déconfinement pour l’été, dans la nuit de vendredi à samedi. Ecoles, cinéma, voyage…

Voici tout ce qui change à partir du 22 juin et en cas de deuxième vague épidémique.

 Déconfinement : les annonces surprises du gouvernement

Un déconfinement accéléré dès le lundi 22 juin. Cette annonce surprise survient à la suite d’un Conseil de défense et de sécurité nationale tenu vendredi 19 juin. Durant cette réunion, sous l’autorité d’Emmanuel Macron, Olivier Véran, le ministre de la Santé, a indiqué que les indicateurs de suivi de l’épidémie “restent globalement bien orientés”. Si “la vigilance reste toutefois forte”, une nouvelle étape dans le processus de déconfinement est bien lancée.

“L’amélioration de la situation sanitaire permet de lever certaines interdictions à condition que chacun maintienne une posture vigilante face à l’épidémie, a fortiori pendant la période estivale”, a précisé le gouvernement dans un communiqué.

1. Déconfinement accéléré : ce qui rouvre le 22 juin 2020

Alors que les enfants reprendront le chemin de l’école dès lundi, comme l’avait annoncé le chef de l’Etat lors de son allocution le 14 juin dernier, les Français pourront à nouveau retourner au cinéma, rapporte franceinfo.

Les casinos et les centres de vacances rouvrent également le 22 juin, “dans le respect de règles sanitaires strictes”, affirme Matignon.

Fait plus étonnant, le gouvernement a aussi autorisé la reprise des activités de sports collectifs “avec des mesures de prévention adaptées” contre le nouveau coronavirus. Toutefois, les sports de combat demeurent, eux, encore interdits.

Qu’en est-il par ailleurs des stades, croisières, salles de théâtre et autres discothèques ? Pour ces activités, les Français devront patienter encore un peu…

2. Acte 3 du déconfinement : tout ce qui change à la fin de l’état d’urgence

Sur le territoire métropolitain, l’état d’urgence, entré en vigueur le 24 mars face à l’épidémie de Covid-19, prendra fin le 10 juillet prochain. Ainsi, dès le lendemain, soit le 11 juillet, les stades et hippodromes pourront à nouveau accueillir du public. Le nombre maximal est toutefois limité à 5 000 spectateurs. A noter que les activités rassemblant plus de 1 500 personnes, devront, tout comme pour les salles de spectacle, être préalablement déclarées.

Quant aux croisières fluviales, elles seront de nouveau autorisées en Europe. Là aussi, la capacité sera limitée.

En revanche, les discothèques et salles de théâtre devront attendre au moins jusqu’en septembre. “Sous réserve d’une nouvelle évaluation de la situation épidémiologique, la rentrée pourra être marquée par de nouveaux assouplissements”, note le gouvernement.

Par ailleurs, que se passera-t-il en cas de deuxième vague épidémique ?

3. Coronavirus : pas de confinement généralisé en cas de deuxième vague

Si le nombre global des personnes hospitalisées est passé sous la barre des 10 000 (9 970 personnes), “le virus est toujours présent sur l’ensemble du territoire national et la prudence doit rester de mise”, a cependant mis en garde la Direction générale de la santé (DGS), vendredi 19 juin.

Or, une résurgence de l’épidémie ne sera pas synonyme d’un nouveau confinement sur l’ensemble du territoire. Le gouvernement semble en effet avoir écarté cette idée. “La stratégie de réponse, notamment pour protéger les personnes les plus vulnérables sans recourir à un reconfinement général, ainsi que le dispositif sanitaire seront présentés par le gouvernement dans les prochains jours. Des dispositions particulières seront prises pour l’été”, peut-on lire dans le communiqué.

Source PLANET.

Covid-19 : les promesses d’un corticoïde dans les cas graves…

Les responsables de l’essai britannique Recovery assurent avoir obtenu de très bons résultats, mais sans publier leurs données.

 

La dexaméthasone, le corticoïde de l’essai Recovery qui semble donner des résultats prometteurs.

«C’est une avancée majeure», promettent les promoteurs de l’essai britannique Recovery. «En tant que médecin, j’aime bien avoir des résultats publiés…», nuance immédiatement auprès du Figaro le Pr Yves Le Tulzo, chef du service de médecine intensive et réanimation au CHU de Rennes. Après tant d’autres, les très sérieux chercheurs de l’université d’Oxford usent donc, à leur tour, d’une recette qui n’a que trop servi depuis le début de l’épidémie de Covid-19: des annonces tonitruantes, mais partielles, et la promesse de la publication prochaine des données complètes dans une revue référencée à comité de lecture.

Commençons par les résultats dévoilés mardi. «La dexaméthasone est le premier médicament dont on observe qu’il améliore la survie en cas de Covid-19», annonce un communiqué. Quelque 2104 patients hospitalisés ont reçu pendant dix jours une faible dose (6 mg) de ce corticoïde. Leur devenir a ensuite été comparé à celui de 4 321 patients recevant les soins habituels. La molécule aurait réduit la mortalité d’un tiers chez les patients intubés et d’un cinquième chez ceux simplement placés sous oxygénothérapie. «Selon ces résultats, un décès est évité tous les 8 patients ventilés traités, et 1 tous les 25 patients sous oxygène traités.» Une bonne nouvelle, semble-t-il, qui plus est avec un médicament peu cher et disponible.

De nombreuses questions restent cependant en suspens. D’abord, la mortalité dans le groupe témoin est très élevée: 41 % chez les patients intubés, 25 % chez ceux sous oxygène. «Dans quelles structures ont-ils été ventilés, et l’ont-ils été dans les mêmes que le groupe traité? s’interroge Yves Le Tulzo. Avant de conclure, il faudra bien vérifier que les patients étaient comparables en termes de gravité et de soins reçus…» L’efficacité d’un médicament est plus «visible» lorsque la mortalité de base est importante, et «dans la plupart des essais positifs, il y a une mortalité globale très élevée par rapport à ce que les cliniciens connaissent dans leur service», note le Pr François Stephan, du service de réanimation adulte à l’hôpital Marie-Lannelongue (groupe Paris-Saint-Joseph).

Gare à l’automédication

Le concept reste néanmoins «intéressant», juge le Pr Stephan, qui a lui-même lancé une étude avec ce même médicament (actuellement au point mort faute d’un nombre de malades suffisant, l’épidémie régressant). «Les corticoïdes ont deux types de propriétés, explique le Pr Nicolas Picard, pharmacologue à l’université de Limoges. D’une part, ce sont des anti-inflammatoires» ; c’est l’effet recherché dans ce contexte, les malades graves souffrant d’une inflammation des poumons très importante. «Par ailleurs, à forte dose ils sont immunosuppresseurs.» Un risque lorsque le patient a encore une charge virale forte, mais pas aux très faibles doses utilisées dans l’essai Recovery, juge le pharmacologue.

L’utilisation de corticoïdes dans les syndromes de détresse respiratoire aiguë (SDRA) n’est pas nouvelle. Dans un avis du 23 mars, le Haut Conseil à la santé publique évoquait la possibilité d’une «corticothérapie par méthylprednisolone ou dexaméthasone à discuter au cas par cas» chez les patients Covid-19 avec «aggravation secondaire et absence d’excrétion virale». «Cela fait plus de 40 ans qu’on essaye de moduler la réponse inflammatoire grâce aux corticoïdes dans les SDRA», indique le Pr Stephan. Depuis, les études se suivent et sont… peu concluantes ; certaines ont même observé une hausse de la mortalité. Un article récemment publié dans le Lancet Respiratory Medicine sur une étude menée en Espagne auprès de 277 patients souffrant de SDRA (dont 139 traités avec de la dexamethasone) retrouvait une baisse de la mortalité (-15,3 %) et une diminution du nombre de jours sous respirateur (-4,8 jours) dans le groupe traité, à des doses plus fortes que dans l’essai Recovery. L’étude souffrait cependant de plusieurs faiblesses et n’appelait pas à «un changement des pratiques cliniques de routine», estimaient les auteurs d’un éditorial accompagnant la publication.

Conclusion du Pr Yves Le Tulzo: «Il y a peut-être pour la dexamethasone une fenêtre de tir pour certains patients, quand la charge virale est basse et que l’inflammation persiste.» Il faudra attendre la publication des résultats détaillés pour en juger vraiment. En attendant, une certitude: gare à l’automédication avec ces molécules très faciles d’accès. Il n’y a aucune raison d’en espérer une efficacité en prévention ou au décours d’une infection non grave ; et leurs propriétés immunosuppressives risquent même d’en faire les pires ennemis des patients, en empêchant leur organisme de combattre la croissance du virus…

Source LE FIGARO.

Coronavirus : les maisons de retraite se préparent à leur déconfinement…

Les maisons de retraite “qui ne déclarent plus de cas possible ou confirmé de Covid-19” doivent présenter d’ici lundi un “plan de retour progressif à la normale”, pour autoriser notamment les visites sans rendez-vous et les sorties des résidents, a annoncé mardi Olivier Véran.

Coronavirus : les maisons de retraite se préparent à leur déconfinement.

Cette “étape supplémentaire dans le déconfinement” des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) doit être “adaptée à la situation” de chaque structure, a précisé dans un communiqué le ministre des Solidarités et de la Santé.

Communiqué  Mise en oeuvre de la phase suivante de déconfinement dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPAD et USLD).

Ces “plans de retour à la normale” doivent “permettre d’assurer prioritairement, le plus vite possible, la reprise des visites des proches sans rendez-vous”, ajoute le ministère.

Progressivement, les directeurs d’Ehpad devront également autoriser à nouveau les “sorties individuelles et collectives et la vie sociale au sein de l’établissement”, ainsi que la visite sur place des personnels paramédicaux. Et ils devront mettre fin au confinement en chambre, selon la même source.

Dans son intervention dimanche soir, le président Emmanuel Macron avait annoncé que les visites aux personnes âgées dans les maisons de retraites “devront désormais être autorisées”, sans plus de précisions.

“Ce sont des annonces importantes, car il faut permettre aux personnes âgées d’avoir plus de libertés. Faciliter les visites, ça va dans ce sens-là”, a réagi auprès de Romain Gizolme, de l’association de directeurs de maisons de retraite Ad-pa.

La déléguée générale du Synerpa (Ehpad privés), Florence Arnaiz-Maumé, s’est également félicitée de cette annonce, soulignant que le secteur était demandeur d’une “progressivité des mesures” d’assouplissement, pour accompagner le déconfinement d’ici la fin de l’état d’urgence sanitaire. “On se laisse la possibilité d’un bouton rouge, c’est-à-dire de revenir en arrière au moindre cas de Covid détecté”, a-t-elle ajouté.

Des annonces faites sans concertation

A contrario, la fédération de gestionnaires de maisons de retraite Fnaqpa a critiqué des annonces faites “sans concertation” et qui renvoient “encore la patate chaude aux responsables d’établissements”.

“Ballotés et méprisés, les professionnels se retrouvent, encore une fois, confrontés à des injonctions paradoxales, entre des pouvoirs publics incapables de porter un message clair d’un côté, et de l’autre des familles à l’impatience légitime de retrouver une relation normale avec leurs parents”, estime dans un communiqué cette organisation.

“Dans l’attente d’un message clair et précis de l’État”, la Fnaqpa “recommande” à ses adhérents de ne pas fournir le “plan de retour progressif à la normale” demandé.

Les visites interdites depuis le 11 mars

Les visites dans les établissements pour personnes âgées en perte d’autonomie avaient été interdites dès le 11 mars, six jours avant le confinement généralisé, pour freiner la propagation du coronavirus.

Elles avaient été autorisées progressivement à partir du 20 avril, mais dans des conditions très strictes, les familles étant notamment obligées de prendre rendez-vous au préalable.

Un léger assouplissement supplémentaire avait été décidé début juin, autorisant la visite de plus de deux personnes à la fois et la possibilité de faire venir des mineurs, sous réserve qu’ils portent un masque.

Le ministère de la Santé avait alors indiqué que “près de 45% des Ehpad déclarent encore au moins un cas de Covid-19”.

Source EST REPUBLICAIN.

 

Le premier test salivaire mondial pour dépister le Covid-19 est 100 % français…

À l’initiative du laboratoire Sys2Diag, le premier test salivaire mondial pour dépister le Covid-19 va voir le jour fin juin. Moins désagréable, plus simple à réaliser, moins coûteux, il dispose de nombreux avantages.

 

Le premier test salivaire mondial pour dépister le Covid-19 est 100 % français

 

Le premier test salivaire au monde pour dépister le Covid-19 va voir le jour, et il sera 100 % français. EasyCov, comme il s’appelle, a été créé à une vitesse express. Développé par les chercheurs du laboratoire montpelliérain Sys2Diag, le test va commencer à dépister les premiers patients à la fin du mois de juin.

Parmi les scientifiques de Sys2Diag, on trouve Franck Molina, son directeur et l’un des douze membres du comité de chercheurs (Care) qui conseille le gouvernement sur la crise sanitaire.

Et le laboratoire n’est pas tout seul dans cette aventure. Une autre entreprise a pris part au projet, Vogo, une entreprise montpelliéraine spécialisée dans le traitement de l’image.

Un savoir-faire français

Pour le côté biologie médicale, c’est le groupe Inovie qui sera en charge des tests. À la fabrication, on retrouve l’entreprise vendéenne Tronico, et la société alsacienne Firalis.

Côté tests, fini les PCR nasopharyngés, qui consistent à recueillir les cellules en enfonçant un écouvillon, une sorte de long coton-tige, au fond du nez et en frottant pour récupérer les mucus. Pas agréable du tout.

Cette fois, le patient fait le test tout seul. Avec une petite pipette, il attrape quelques gouttes de salives sous sa langue, et délivre ensuite la pipette au professionnel de santé, qui aura été formé par la société Inovie.

Un test avec des avantages

Les gouttes de salive sont ensuite déposées dans un tube à essai qui est chauffé à 65 degrés dans l’appareil de chauffe créé par la société Tronico. Une heure plus tard, selon la couleur du réactif, le résultat est connu.

Un test facile, rapide, indolore, complètement sécurisé pour le personnel de santé, délocalisable et surtout moins coûteux. Avec EasyCov, il sera possible de se faire dépister pour environ 40 €, quand les tests PCR nasopharyngés coûtent environ 54 €, remboursés par la sécurité sociale si le patient dispose d’une ordonnance. Pour ces derniers, il faut également compter environ 24 heures pour recevoir un résultat, quand EasyCov offre un résultat en une heure.

Thomas Hottier, codirecteur de la société Inovie, espère d’ailleurs que ce test deviendra aussi remboursé par la sécurité sociale : « Ce serait mieux car dans tous les cas c’est moins coûteux, tout le monde serait gagnant. »

En termes de transparence aussi, car pour être dépisté avec EasyCov, le processus est bien précis. Le patient doit s’inscrire sur une plateforme internet avant d’aller en laboratoire.

Des données centralisées

Les résultats doivent ensuite être remontés à différents niveaux : « Ils sont directement envoyés aux agences régionales de santé (ARS), à Santé publique France, aux médecins. Car il faut savoir dans quel milieu le patient a été infecté, dans quelle région, afin de recenser les cas et d’éviter les clusters », détaille Thomas Hottier.

Ce que le patient recevra comme réponse, avec l’entreprise Vogo. (Photo : Sys2Diag / Vogo)

Pour se faire tester, il suffira de se rendre à un laboratoire près de chez soi. Ce dispositif pourrait être bienvenu pour les sportifs professionnels, car si les entraînements reprennent au fur et à mesure, ils doivent être régulièrement dépistés avec les tests PCR nasopharyngés. Qui, en plus d’êtres désagréables, commencent à coûter cher aux clubs, car dans ce cas, ils ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.

« De nombreux clubs de football, rugby ou handball professionnels sont très intéressés et on va commencer fin juin à tester les sportifs directement dans leur club, en amenant les appareils et du personnel qualifié pour effectuer les tests », explique le codirecteur d’Inovie.

200 000 tests par semaine

La société avance d’ailleurs que 200 000 tests par semaine vont être produits, car les usages peuvent être nombreux assure Thomas Hottier : « En précisant que notre test vient en complément des tests PCR nasopharyngés, on peut imaginer que les sportifs soient testés avant les compétitions. Et que lorsque des événements avec du public vont être organisés, il sera possible de tester rapidement et sans risque. »

Source OUEST FRANCE.

 

Retour obligatoire à l’école : les maires jugent impossible de respecter le protocole sanitaire…

L’Association des maires de France (AMF) s’interroge sur la mise en œuvre du protocole sanitaire lié au retour obligatoire des élèves à l’école dès le 22 juin.

 

.Nettoyage d’une école dans le cadre du protocole sanitaire lié

L’Association des maires de France (AMF) s’est félicitée ce mardi 16 juin du retour obligatoire de tous les élèves à l’école le 22 juin, mais s’interroge sur la mise en œuvre du protocole sanitaire, tout comme l’Association des petites villes de France (APVF), qui demande un assouplissement plus significatif des mesures.

L’AMF salue la décision du retour obligatoire à l’école, qui si elle prend effet à 15 jours de la fin de l’année scolaire, n’en revêt pas moins un caractère symbolique fort.

Mais ce retour de tous les élèves à l’école implique cependant le respect d’un certain nombre de conditions, tout particulièrement la présence des enseignants ainsi qu’un allègement conséquent du protocole sanitaire, note l’association, présidée par le maire LR de Troyes François Baroin.

Des interrogations sur la distanciation sociale

Les premières précisions relatives à l’instauration de la distanciation sociale d’un mètre latéral et le maintien du non-brassage des groupes d’élèves soulèvent dès à présent des interrogations, poursuit-elle.

Pour l’Association des Petites Villes de France, le respect du nouveau protocole sanitaire ne permet pas à la plupart des maires de petites villes d’accueillir l’ensemble des écoliers, explique-t-elle.

Malgré la bonne volonté des élus locaux et des directeurs d’école, dans la plupart des locaux il n’est pas possible de faire respecter la distance d’un mètre entre chaque élève en accueillant des classes entières.

Et le fait d’interdire aux élèves de différentes classes de se croiser au sein de l’établissement semble en décalage avec les mesures sanitaires préconisées à l’extérieur des écoles, ajoute l’APVF, qui demande au gouvernement d’assouplir encore davantage le protocole sanitaire.

Source OUEST FRANCE.

Déconfinement : les nouvelles dates à retenir…

Lors de son allocution dimanche soir, le président Emmanuel Macron a détaillé les prochaines étapes du déconfinement.

Voici date par date ce qu’il va se passer en France dans les jours et les semaines à venir.

Déconfinement : les nouvelles dates à retenir

La France n’en a pas fini avec le déconfinement. Présenté dès le début comme étant “progressif”, celui-ci doit encore durer quelques semaines sur le territoire. En effet, lors de son allocution dimanche, le président Emmanuel Macron a détaillé les dernières étapes qu’il nous reste à franchir avant un retour à la “normale”.

Dès ce lundi 15 juin, les Français pourront apprécier de nombreux changements dans leur quotidien. Aujourd’hui, et comme annoncé hier soir par le chef de l’État, il n’est plus question de zones oranges ou vertes : tout l’Hexagone passe en vert. Seules Mayotte et la Guyane restent en orange. Une décision qui, de facto, entraîne la réouverture de tous les restaurants, bars et cafés, et réautorise les visites aux personnes âgées et fragiles dans les établissements spécialisés comme les Ehpad.  Autre changement de taille : les frontières avec les autres pays européens sont à nouveau ouvertes aux particuliers.

22 juin  : réouverture des crèches, écoles et collèges

Une semaine plus tard, un autre changement de taille interviendra : la réouverture de toutes les crèches, écoles et collèges “de manière obligatoire” et dans le respect “des règles traditionnelles de la scolarité”. Le chef de l’État n’a cependant pas précisé quel protocole sanitaire devrait y être appliqué pour garantir la sécurité des élèves et des enseignants.

Six jours après, une autre date clé interviendra : le second tour des élections municipales. Alors qu’une pluie de critiques s’était abattue sur le gouvernement après le maintien du premier tour deux jours seulement avant le confinement total du pays, le second tour initialement prévu le 22 mars avait été annulé et reporté sine die. Dimanche, Emmanuel Macron a confirmé ce qui avait été annoncé il y a quelques semaines : le second tour des élections municipales aura bel et bien lieu le 28 juin prochain.

Trois jours plus tard, interviendra un autre changement qui aura, lui, un impact sur les vacances des Français.

1 er juillet 2020 : ce qui va changer pour les vacances des Français

Alors la France a fermé toutes ses frontières en mars dernier dans le cadre du confinement, les Français vont très bientôt être de nouveau autorisés à quitter le territoire. Le 1 er juillet marquera en effet la réouverture des frontières dans les pays où l’épidémie est contrôlée et dont la liste n’a pas encore été dévoilée.

La France “procédera à une ouverture progressive de ses frontières extérieures Schengen à compter du 1er juillet”, avaient annoncé vendredi les ministres des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et de l’Intérieur Christophe Castaner dans un communiqué commun. La décision a été prise conformément aux recommandations de la Commission européenne présentées jeudi et “cette ouverture s’effectuera de façon progressive et différenciée selon la situation sanitaire des différents pays tiers, et conformément aux modalités qui auront été arrêtées au niveau européen d’ici là”, avaient-ils précisé. Une annonce confirmée dimanche par le président Emmanuel Macron.

Fort de toutes ces annonces, le chef de l’Etat s’est aussi félicité du retour prochain de quelque chose de très cher aux Français.

Emmanuel Macron promet le retour de “notre art de vivre”

Pour la quatrième fois depuis le début de la crise sanitaire, Emmanuel Macron s’est adressé aux Français dimanche. Filmé depuis le palais de l’Elysée avec en fond, les traditionnels drapeaux tricolore et européen, le président se trouvait également assis devant une fenêtre depuis laquelle on pouvait admirer le jardin verdoyant et une fontaine. Un décor printanier qui n’avait sans doute pas été choisi au hasard. Après des mois de restrictions et alors que les beaux jours sont arrivés, les Français aspirent plus que jamais à pouvoir se retrouver et profiter des terrasses de bars et des parcs sans restriction. « Nous allons retrouver notre art de vivre et notre goût de la liberté, a promis Emmanuel Macron. En somme, nous allons retrouver pleinement la France ».

Source PLANET.

 

Coronavirus : le quotidien chamboulé des structures accueillant des personnes autistes…

Pendant huit semaines de confinement, et depuis le déconfinement, la manière de travailler a complètement changé dans les structures accueillant des personnes en situation de handicap, et souffrant notamment d’autisme.

Reportage en Vallée d’Aspe.

Alain Quintana, directeur du foyer d'accueil médicalisé pour adultes handicapés Saint-Berthoumieu de Bedous.

À vol d’oiseau, à peine deux kilomètres séparent le foyer de vie l’abri montagnard d’Osse-en-Aspe, et le foyer d’accueil médicalisé (FAM) Saint-Berthoumieu de Bedous. Les deux structures dirigées par Alain Quintana accueillent au total une soixantaine d’adultes atteints de “TSA”, les troubles du spectre de l’autisme. Le confinement a mis à l’épreuve les habitudes de fonctionnement.

Une toute nouvelle organisation

L’annonce du confinement a forcé les structures comme le FAM Saint-Berthoumieu à s’organiser différemment. “On a pris du temps à plusieurs avec les équipes et en relation avec l’ARS pour mettre en place toutes les modifications, on n’avait jamais vécu une période aussi mouvementée, reconnait Alain Quintana, chaque résident n’a côtoyé qu’un minimum de personnes par jour, deux encadrants puis deux surveillants de nuit, et on a limité au minimum les interactions avec les autres services, le médecin par exemple ne venait que quand on l’appelait“. Alors qu’en temps normal les activités auxquelles participent les résidents se font dans des salles dédiées, la nouvelle organisation a rapatrié tout ça à l’intérieur des lieux de vie, des bâtiments organisés autour d’un espace central et de chambres individuelles où dorment les résidents. “Le lieu de vie est devenu le lieu central, où manger et dormir, mais aussi, et au contraire de tout ce qu’on pratique depuis quarante ans, le lieu des activités qu’il a fallu adapter ou créer“, explique le directeur de la structure.

Des sorties au grand-air

Dans le même temps, les résidents ont pu profiter du cadre offert par les structures de Bedous et Osse-en-Aspe, pour sortir sans risque : “Nous avons la chance d’être dans cette zone montagnarde pour mettre en place des sorties pédestres autour des établissements en n’allant pas vers les villages, détaille Alain Quintana, dans la limite d’un kilomètre, en petits groupes bien entendu et avec les autorisations et les encadrants qui restent avec le même groupe toute la journée“. Des parenthèses indispensables au bien-être des résidents, dont les aménagements pour les visites de proches étaient plus que délicats.

Nous pensions avoir à gérer beaucoup plus de difficultés de toute nature, ça ne veut pas dire que nous n’en avons pas eu, liées à ce non-contact, et à cette modification de vie et d’organisation. L’un dans l’autre ça s’est plutôt très bien passé“, loue le directeur des foyers de Bedous et Osse-en-Aspe. Depuis le déconfinement, les retours en famille pour des périodes de quelques jours ont pu s’organiser, dans le respect de consignes pour permettre aux résidents de réintégrer la structure sans risque. D’ailleurs tout le monde a été testé la semaine dernière, sans retour de test positif.

Vers un retour à la normale

Néanmoins, Alain Quintana, après avoir échangé avec les familles, confirme que cette période ne s’est pas passée sans laisser de traces : “J’avais les aveux d’une famille qui a récupéré son protégé pour quelques jours, ils ont trouvé qu’il avait très bien vécu cette période, mais m’ont aussi parlé d’une forme de décompensation : il a passé beaucoup de temps à dormir… Ils ont trouvé que la relation téléphonique qu’il y a eu pendant deux mois était bonne, et ils ont senti ces dernières jours comme un besoin de lâcher-prise. La famille pense qu’il y a eu une forme de tension contenue énorme. Ça nous fait dire que la manière dont on a fonctionné ne peut évidemment pas être un fonctionnement classique amené à continuer“.

Depuis la reprise quasiment normale des structures d’Osse-en-Aspe et Bedous, avec toujours un respect des gestes barrières et certaines adaptations, Alain Quintana est confiant pour la suite, et envisage déjà de pouvoir accueillir de nouveaux résidents très bientôt.

À domicile, les parents parfois démunis

De la même manière, le quotidien des familles ayant une personne atteinte d’autisme à domicile a aussi été bouleversé. Parce qu’il était parfois devenu trop compliqué durant le confinement de continuer à venir pour certains professionnels. “On n’en veut pas aux structures ou aux professionnels, rassure immédiatement Christian Sottou, le président de l’association Autisme Pau Béarn, chacun a fait de son mieux“. Depuis quelques semaines un suivi “normal” a pu reprendre, mais la période a été difficile à traverser reconnait Christian Sottou : “Certains proches ont vu apparaître chez des personnes atteintes d’autisme des troubles du comportement, où constater une aggravation de ces troubles“.

Source FRANCE BLEU.

Le confinement a finalement eu un effet positif sur les habitudes de santé des Français…

Contrairement aux idées reçues, cette période d’isolement a permis de limiter la part de Français se livrant à de «mauvaises pratiques», selon le baromètre santé Odoxa.

Le confinement a finalement eu un effet positif sur les habitudes de santé des Français...

Certains Français ont pris du poids, d’autres ont perdu le sommeil… Mais contrairement aux idées reçues, le bilan du confinement en ce qui concerne la prévention et les bonnes pratiques en matière de santé est finalement plutôt positif, selon le baromètre santé Odoxa pour Le Figaro et France Info publié ce lundi*. La part des Français assurant boire de l’alcool de façon régulière ou occasionnelle est par exemple passée de 57% avant le confinement instauré pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, à 51% après. Même tendance chez les fumeurs, passés de 27% à 23% sur la même période. Ces écarts s’expliquent en partie parce que «tous ces comportements ont une dimension sociale, relève le sondage. On boit davantage, fume davantage, mange davantage (chips, coca, etc.) lorsque l’on est en société».

Autre point positif: la part des personnes pratiquant du sport n’a pas pâti de cette période d’isolement, au cours de laquelle les allées et venues des Français étaient pourtant très limitées. Le sondage assure même que ce confinement a été l’occasion pour un Français sur cinq de découvrir de nouvelles activités sportives ou de relaxation.

Des «mauvais élèves»

Si moins de Français ont eu de «mauvais comportements» de santé pendant le confinement, «ceux qui ont échappé à cette règle vertueuse ont pu nettement «déraper» durant cette période exceptionnelle», note le baromètre Odoxa. Un Français sur trois (35%) a pris du poids (+3,2 kg en moyenne). 19% des personnes interrogées déclarent même avoir pris plus de 5 kilos.

Le sondage montre que si les Français sont ceux qui ont le plus eu tendance à consommer des produits gras ou sucrés (76%), les Britanniques sont ceux qui ont le plus bu d’alcool (58), les Espagnols ceux qui ont le plus fumé (30%). Les Allemands ont eu davantage tendance à prendre des médicaments potentiellement dangereux comme des anxiolytiques ou des somnifères (18%, contre 12% en France).

À l’heure du bilan, après cette période inédite d’isolement, huit personnes sur dix en France et en Europe ont en tout cas bien l’intention de prendre davantage soin de leur santé à l’avenir. «Même si, pour certains, ce pronostic rejoint le souhait voire le vœu pieux, il est tout de même bien probable que cette cruelle expérience collective aboutisse à un «mieux vivre» pour l’immense majorité des Français et des Européens», estime Gaël Sliman, président de l’institut Odoxa. 46% (contre 30% avant le confinement) des Français interrogés estiment d’ailleurs qu’il faut davantage responsabiliser les individus à leur niveau plutôt que de compter sur l’État (23%) ou l’Europe(8%).

Une certitude enfin pour un grand nombre de personnes interrogées: l’État ne prend pas suffisamment en compte l’avis des scientifiques en matière de santé, que ce soit avant (70%) ou après le confinement (63%).

* Cette enquête a été réalisée par Odoxa et la FG2A avec le concours scientifique de la Chaire santé de Sciences Po et en partenariat média avec Le Figaro et France Info. L’étude est réalisée sur un premier échantillon représentatif de 1000 Français juste avant le confinement, les 12 et 13 mars derniers, puis sur un autre échantillon représentatif de 1000 Français les 13 et 14 mai.

Source LE FIGARO.

Coronavirus : la faible participation au premier tour des municipales aurait permis de sauver des vies…

L’abstention a permis d’épargner près de 6000 décès chez les personnes âgées de plus de 60 ans, selon une étude publiée par trois chercheurs en économie de l’Université de Clermont-Ferrand.

Coronavirus : la faible participation au premier tour des municipales aurait permis de sauver des vies...

Le 15 mars dernier, l’abstention atteignait un taux record : 55,34 % d’abstention, soit près de 20 points de plus qu’en 2014. Ce faible taux de participation au premier tour des municipales aurait permis de sauver des vies, alors que l’épidémie de coronavirus sévissait déjà sur une grande partie du territoire. C’est, du moins, la conclusion à laquelle ont abouti trois chercheurs en économie de l’université de Clermont-Ferrand, auteurs d’une étude diffusée sur le site de l’IZA, un institut économique allemand. «Si le taux de participation historiquement bas en 2020 avait atteint son niveau de 2014, le nombre de décès aurait été supérieur de 21,8 % à celui qui a été enregistré. Plus des trois quarts de ces décès supplémentaires auraient concerné les personnes de 80 ans et plus», écrivent ainsi les trois économistes Simone Bertoli, Lucas Guichard et Francesca Marchetta. Leur travail n’a pas encore été soumis à l’expertise d’un comité de lecture, préalable à toute publication dans une revue scientifique.

Pour aboutir à ce résultat, les trois économistes se sont appuyés sur les certificats de décès établis par l’Insee. Ils ont ensuite comparé le taux de participation et la surmortalité observée chez les personnes de plus de 60 ans dans les cinq semaines suivant le scrutin. «Si nous nous étions arrêtés là, nous serions toutefois arrivés à un résultat fallacieux. Il a fallu écarter plusieurs facteurs endogènes, dont on ne pouvait pas déterminer les conséquences», précise Simone Bertoli. Selon une enquête du CEVIPOF, une grande majorité des abstentionnistes – 57% d’entre eux – ne se sont pas rendus aux urnes avant tout par crainte du coronavirus. «Si l’abstention a été plus forte dans les régions les plus touchées par l’épidémie, tout simplement parce que les gens ont pris peur voyant leurs proches ou leurs voisins être contaminés par le Covid-19, nous aurions faussement conclu que là où les gens ont plus voté, il y a eu moins de morts», explique le chercheur.

La campagne électorale ne se déroule pas avec la même vigueur dans un village où une seule liste est soumise au vote et là où plusieurs candidats s’affrontent

Simone Bertoli, professeur à l’Université de Clermont-Ferrand

Le corpus choisi comporte également ses défauts. Les certificats de l’Insee sont établis d’après le lieu du décès et non sur le lieu de résidence de la personne ayant perdu la vie. «Cela nous a contraints à écarter toutes les villes qui abritent un hôpital. Car lieu de résidence et le lieu de décès peuvent dans ce cas-là ne pas coïncider», poursuit Simone Bertoli. Les trois économistes ont dû tenir compte d’un autre biais: la «compétitivité électorale». Celle-ci les a obligés à exclure toutes les communes où seul un candidat se présentait. «La campagne électorale ne se déroule pas avec la même vigueur dans un village où une seule liste est soumise au vote et là où plusieurs candidats s’affrontent. Surtout comme l’enjeu est moindre, les électeurs se déplacent en moins grand nombre pour aller voter», explicite-t-il. L’analyse porte finalement sur 33.694 des 34.747 communes françaises, représentant 62 % de la population française. Bilan: la faible mobilisation des électeurs a permis d’épargner près de 6000 décès chez les personnes âgées de plus de 60 ans.

Une précédente étude, diffusée à la mi-mai, avait abouti à la conclusion inverse. Les auteurs de cette dernière analyse avaient confronté les chiffres de la participation au premier tour à l’échelle des départements à la progression du coronavirus au niveau local. «Nous n’avons pas trouvé d’effet statistique du niveau de participation dans chaque département sur les hospitalisations ultérieures pour Covid-19, mesurées localement», indiquait au Monde son coordinateur Jean-David Zeitoun du Centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu à Paris. «Dit autrement, ce n’est pas parce que les gens sont plus allés voter dans un département donné que la maladie s’y est propagée plus rapidement en matière d’hospitalisations.» «Le différentiel d’abstention, par rapport à 2014, a pu être du même ordre dans des communes du Grand Est, très touchées, que dans des régions de l’Ouest où la maladie était encore très rare», soulignait pour sa part son coauteur Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’IFOP.

Plusieurs assesseurs et élus, souvent très impliqués dans la campagne, avaient été victimes du virus après le premier tour, alimentant la polémique sur le maintien du vote en pleine épidémie. Les trois économistes de l’Université de Clermont-Ferrand se gardent toutefois de chiffrer le nombre de vies qui auraient pu être épargnées en cas de report de l’élection. «C’est une donnée qu’il est tout simplement impossible à établir. Le chiffre varierait selon la date à laquelle le report du scrutin est décidé. Vous n’arriverez pas au même résultat si Emmanuel Macron l’annonce le 12 mars ou si c’est le premier ministre Édouard Philippe qui le fait deux jours plus tard», soulève Simone Bertoli.

Source LE FIGARO.