Coronavirus : « Mortalité possible de 10 % et infection effrayante des soignants » en Afrique…

Selon des virologues africains, la situation continentale pourrait se dégrader très rapidement.

L’Afrique, où le premier cas de Covid-19 est apparu en Egypte en février, doit se « préparer au pire », prévient Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans les trente-trois pays touchés par la pandémie, près de 640 personnes atteintes du coronavirus ont été identifiées et 17 sont mortes, en date du 19 mars. La propagation du virus a été plus lente et plus tardive, amorcée par des voyageurs rentrés de Chine ou d’Europe avant d’entamer sa transmission localement.

L’agence onusienne s’inquiète du risque élevé de saturation des centres de santé qui devraient rapidement être submergés en cas de propagation massive du virus. « Même en Afrique du Sud, où les systèmes de santé public et privé sont parmi les plus développés du continent, ce sera un défi. Car il y a trop peu de lits dans les hôpitaux d’Afrique », constate Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. C’est la raison pour laquelle la stratégie est d’éviter au maximum la multiplication des cas. « Nous mettons en place des mécanismes préventifs pour éviter une destruction de ces dispositifs de santé », insiste cette dernière.

Lors d’une conférence de presse organisée jeudi 19 mars avec le Forum économique mondial, Mme Moeti s’est notamment inquiétée du manque patent de kits de dépistage du coronavirus disponible sur le continent et a appelé les partenaires publics et privés à se mobiliser. « La plupart des pays en réclament plus. La demande va augmenter et c’est un autre défi à relever », estime-t-elle, même si plusieurs sociétés américaines et françaises ont développé leurs propres tests qui pourraient bien contribuer à combler le manque inquiétant.

Une quarantaine de centres de test

Jusqu’en février, l’Afrique ne disposait que de deux laboratoires capables de diagnostiquer le Covid-19, l’un au Sénégal, l’autre en Afrique du Sud. Mais la situation a rapidement évolué et les indispensables centres d’analyse fleurissent désormais sur le continent. « On est passé de deux centres de test à une quarantaine », note Mme Moeti, dont trois se trouvent au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec quelque 200 millions d’habitants.

La Chine a également acheminé des milliers de kits de dépistage sur le continent dont 2 000 ont été remis au Centre africain de prévention et de lutte contre les maladies (CDC Afrique) de l’Union africaine. Son directeur, le virologue camerounais John Nkengasong, table sur une aggravation de la situation. « A l’évidence, des personnes n’ont pas été détectées », précise-t-il. Ce que l’OMS se refuse encore à admettre publiquement.

En attendant, un autre homme s’active en silence pour faire avancer ce combat. En République démocratique du Congo (RDC), le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe Tanfum, codécouvreur du virus Ebola en 1976, s’est vu confier par le chef de l’Etat le rôle délicat de coordinateur de la riposte au Covid-19. Alors même que la dixième – et deuxième plus meurtrière – épidémie de fièvre hémorragique (2 264 morts en dix-neuf mois) touche à peine à sa fin au nord-est de la RDC.

Dans cet immense pays d’Afrique centrale, les autorités ont recensé quatorze cas à la date du 18 mars, soit le double de la veille. Et sans doute bien moins que dans les temps prochains. « Avec le coronavirus, nous aurons certainement un taux de mortalité qui avoisinera les 10 % [contre plus de 60 % lors de la dernière épidémie d’Ebola] et un taux d’infection du personnel médical assez effrayant », redoute le professeur, qui doit mettre en place dans l’urgence un dispositif de prise en charge des malades. Fort de la longue expérience que lui confère ses 78 ans, l’homme reconnaît avec franchise que la RDC n’est pas prête.

Des systèmes de santé défaillants

Pour l’instant, tous les cas identifiés l’ont été à Kinshasa, ville-province de près de 15 millions d’habitants, où, comme dans le reste du pays, les centres de santé public « sont dans un état de délabrement avancé », comme l’avait déploré le président Félix Tshisekedi, qui vient de décider la réhabilitation de cinq hôpitaux de la capitale.

Ce constat peut se transposer à la plupart des autres mégapoles du continent, qu’il s’agisse de Lagos ou du Caire, où l’extrême densité de la population conjuguée à des systèmes de santé défaillants et à des pénuries probables de médicaments et de vivres, sont extrêmement préoccupants. D’autant que les économies africaines, particulièrement dépendantes des marchés internationaux, subissent de plein fouet la crise dans laquelle le virus plonge brutalement le monde.

Coronavirus : « Mortalité possible de 10 % et infection effrayante des soignants » en Afrique

« Depuis 2016 [et la fin de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest], les instituts nationaux de santé publique disposent d’une capacité institutionnelle plus importante pour assurer la recherche de contacts et l’investigation de cas, deux activités essentielles pour contenir la propagation et freiner la transmission, note le docteur Ngozi Erondu, experte en biosécurité et chercheure associée à Chatham House. Mais l’Afrique n’a pas assez de ventilateurs pour sauver des vies, ni même d’équipements de protection individuelle pour protéger le personnel de santé. Ce qui laisse craindre un scénario du pire, avec un taux de mortalité beaucoup plus élevé. »

Sur le plan sanitaire, les conditions d’accès à l’eau et aux produits d’hygiène de base restent en effet encore problématiques, puisque 63 % des Africains établis dans les centres urbains ne peuvent pas se laver les mains avec du savon, selon l’Unicef. Ce qui pourrait considérablement entraver la lutte contre le Covid-19.

Source LE MONDE.

Un millier de masques vendus 10 euros pièce saisis dans une parapharmacie parisienne…

Près d’un millier de masques de protection contre le coronavirus ont été saisis mercredi 18 mars dans une parapharmacie du 16e arrondissement de Paris qui les vendait à 10 euros la pièce.

Saisie d'un millier de masques vendus 10 euros pièce dans une parapharmacie parisienne

La police a saisi, mercredi 18 mars, près d’un millier de masques chirurgicaux de type FFP2 dans une parapharmacie du 16e arrondissement de Paris, qui les vendait à ses clients, selon les infos recueillies par franceinfo auprès de la préfecture de police de Paris. Le gérant a été verbalisé.

981 masques saisis

Le décret du 13 mars 2020 interdit pourtant la vente de masques de type FFP2, hormis à des soignants ou des malades. Selon une source proche du dossier, c’est un agent de la police judiciaire qui a été intrigué par le fonctionnement de cette parapharmacie. Elle avait installé un salarié devant sa porte afin de ne laisser les clients entrer que par groupe de trois.

Les masques ont été redistribués

L’agent l’a signalé au commissariat de l’arrondissement, qui a envoyé une patrouille.  Sur place, les policiers ont constaté que des masques de type FFP2 étaient vendus jusqu’à 10 euros l’unité à tous les clients qui en demandaient. Les policiers ont saisi 981 masques trouvés dans la parapharmacie. Les masques ont été redistribués à des services de santé, mobilisés dans la lutte contre le coronavirus, précise la source proche du dossier.

Source FRANCE BLEU.

 

Coronavirus : Le seuil des 10.000 morts dépassé, « des millions » de vies en jeu, prévient l’ONU…

PANDEMIE L’Italie est devenue jeudi le pays le plus endeuillé, et de nouveaux pays comme l’Argentine ont pris des mesures de confinement pour tenter de ralentir l’épidémie.

La barre des 10.000 morts dus au coronavirus a été dépassée le 20 mars 2020.

Près de 250.000 cas, plus de 10.000 morts et 179 pays touchés : implacablement, la pandémie de coronavirus continue de s’étendre dans le monde entier et de faire tourner la planète au ralenti. L’Italie est devenue, devant la Chine, le pays le plus endeuillé au monde par le coronavirus, qui pourrait coûter des « millions » de vies, a prévenu l’ONU, faute de solidarité envers les pays pauvres.

Ce vendredi matin, le nombre de décès a dépassé les 10.000 (10.041, selon le décompte de Worldometer, qui est plus régulièrement mis à jour que celui de l’hôpital John Hopkins). Et les bilans ne cessent de s’alourdir : au cours des dernières 24 heures, 427 patients ont succombé en Italie, 169 en Espagne, 149 en Iran, 108 en France… poussant les autorités à renforcer les mesures de confinement, au risque de peser encore un peu plus sur l’économie et le moral des populations.

Les mesures de confinement en Italie seront « prolongées à leur échéance » du 3 avril, selon les autorités, qui envisagent aussi d’interdire les activités de plein air comme le jogging ou les balades. En France aussi, un prolongement du confinement au-delà des 15 jours prévus sera « vraisemblablement nécessaire », selon les autorités. Aux Etats-Unis, la Californie a imposé un confinement dans tout l’Etat, avec près de 40 millions de personnes concernées.

L’Italie dépasse la Chine sur les décès

Une semaine après le début du confinement généralisé de sa population, l’Italie dénombre 3.405 décès, le nombre le plus élevé au monde, et le pic de la pandémie ne semble pas atteint.

Ces dernières 48 heures, la péninsule a enregistré un nombre de décès quotidiens dépassant celui enregistré au plus fort de la maladie dans la ville de Wuhan, berceau chinois de l’épidémie.

La Chine, où 3.245 personnes ont succombé, n’a fait état jeudi d’aucune nouvelle contamination d’origine locale, une première depuis le début de l’épidémie en décembre dans ce pays. Mais 34 cas « importés » ont été dénombrés.

L’Iran, troisième pays le plus touché en nombre de morts, avec 1.284 victimes, envisage des mesures plus strictes pour limiter les contaminations. En attendant, près de 10.000 détenus vont être graciés, afin de diminuer la pression sur les prisons. En Espagne, qui déplore 767 morts, les autorités ont ordonné la fermeture de tous les hôtels sur le territoire.

Presque aucun pays épargné

Plus aucune partie du monde n’est épargnée : le coronavirus a fait un premier mort en Afrique subsaharienne, au Burkina Faso en Russie, et des premiers cas aux Fidji, au Niger et en Haïti. LE virus continue de gagner du terrain en Uruguay et en Argentine, où le président a imposé un confinement « obligatoire » pour deux semaines.

Pour tenter de limiter la propagation du virus, les restrictions à la liberté de circulation se multiplient et plus d’un demi-milliard de personnes dans le monde sont appelées par leurs autorités à rester confinées chez elles. D’après l’Unesco, les établissements de près de la moitié des élèves et étudiants dans le monde sont fermés. Les écoliers britanniques les rejoindront vendredi.

Le Brésil a fermé jeudi pour 15 jours toutes ses frontières terrestres, sauf avec l’Uruguay. Et la ville de Rio de Janeiro va fermer ses célèbres plages et restaurants. Les Etats-Unis, qui ont franchi le cap des 10.000 cas, ont exhorté les Américains à ne plus voyager à l’étranger.

Inquiétude pour les pays pauvres

L’inquiétude est de mise dans les pays les plus pauvres, où le confinement sera impossible, comme dans les immenses bidonvilles asiatiques. En outre, trois milliards de personnes n’ont même pas les armes les plus basiques contre le virus, l’eau courante et le savon, s’alarment des experts de l’ONU.

« Des millions » de vies sont en jeu si le monde n’est pas solidaire, notamment vis-à-vis des pays les moins riches, a averti jeudi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

12 à 18 mois avant un vaccin, le G7 de juin en visioconférence

Des multinationales de l’industrie pharmaceutique se sont engagées jeudi à fournir un vaccin contre la maladie Covid-19, accessible « partout dans le monde », dans un délai de 12 à 18 mois.

De son côté, Donald Trump a salué les résultats « encourageants » de l’antipaludéen chloroquine pour soigner les malades, promettant qu’il serait bientôt disponible. Les autorités sanitaires ont précisé qu’elles vérifieraient d’abord qu’il est « sûr et efficace ». Le président américain, qui a de nouveau employé un ton belliqueux envers les responsables chinois, a annulé le sommet du G7 prévu en juin à Camp David. Les dirigeants des sept pays concernés échangeront en lieu et place par visioconférence.

Source 20 MINUTES.

Coronavirus : les simulations alarmantes des épidémiologistes pour la France du risque maximal 50 % de la population atteinte, 300 000 à 500 000 morts..!!… Journal LE MONDE…

« Le Monde » a pris connaissance d’estimations sur l’impact du virus, effectuées par les scientifiques qui conseillent l’Elysée.

Cette projection évalue le scénario le plus sombre, avec les hypothèses de mortalité les plus élevées et en l’absence de mesures radicales de prévention.

Article du 16 mars 2020.

Le Covid-19 sera-t-il au XXIe siècle ce que la grippe espagnole a été au XXe siècle ? C’est en tout cas le scénario le plus alarmiste sur lequel a travaillé le conseil scientifique, ce groupe de dix experts mis en place mercredi 11 mars à la demande du président de la République Emmanuel Macron « pour éclairer la décision publique ».

Selon ces modélisations confidentielles, dont Le Monde a eu connaissance, l’épidémie de Covid-19 pourrait provoquer en France, en l’absence de toute mesure de prévention ou d’endiguement, de 300 000 à 500 000 morts.

Précision extrêmement importante : ce scénario a été calculé en retenant les hypothèses de transmissibilité et de mortalité probables les plus élevées, et ce en l’absence des mesures radicales de prévention et d’éloignement social qui viennent d’être prises. Dans ce cas de figure, entre 30 000 et 100 000 lits de soins intensifs seraient nécessaires pour accueillir les patients au pic de l’épidémie.

OB : et en nombre de morts ?

Cette modélisation a été réalisée par l’épidémiologiste Neil Ferguson, de l’Imperial College à Londres. Son équipe a été sollicitée par plusieurs gouvernements européens pour établir différents scénarios de progression de l’épidémie. Elle s’appuie sur l’analyse de différentes pandémies grippales et l’évaluation de différentes interventions possibles pour endiguer la propagation d’un virus, comme la fermeture des écoles, la mise en quarantaine des personnes infectées, ou encore la fermeture des frontières.

Les résultats pour la France ont été présentés jeudi 12 mars à l’Elysée. Quelques heures avant que le président ne prenne solennellement la parole devant les Français pour expliquer « l’urgence » de la situation.

Il existe des incertitudes quant aux hypothèses retenues et au comportement du virus – pourcentage d’asymptomatiques, transmissibilité, impact des mesures de quarantaine – mais, « même en divisant par deux, trois ou quatre, c’est une situation très sérieuse », insiste Simon Cauchemez, l’épidémiologiste de l’Institut Pasteur qui a présenté ces modélisations. « S’il y a une situation où je serais heureux que les modèles se trompent, c’est celle-là », ajoute le scientifique, en insistant sur le fait que les observations de terrain coïncident avec les prédictions du modèle et ont tout autant concouru au processus de décision.

Doublement des cas toutes les 72 heures

Invité à réagir à ces chiffres, l’Elysée confirme que différentes modélisations ont été présentées jeudi matin puis jeudi après-midi à Emmanuel Macron par le conseil scientifique, mais qu’il n’existe pas de consensus parmi les scientifiques qui le composent.

« Il y a eu plusieurs documents de travail qui ont été présentés, pas de document de synthèse, explique un conseiller du chef de l’Etat. On ne peut donc pas considérer qu’une étude fournie par l’un de ses membres reflète l’avis du conseil scientifique dans son ensemble. »

C’est sur la base de ces échanges que le chef de l’Etat a décidé de fermer les établissements scolaires. « Mais si l’un des scientifiques avait mis son veto à l’une des mesures envisagées, cela aurait été pris en compte. Cela n’a pas été le cas », explique-t-on à l’Elysée.

Ce conseil scientifique a été de nouveau consulté samedi matin par le premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre de la santé, Olivier Véran. C’est à la suite de ces échanges, et devant l’accroissement du nombre de cas de Covid-19, que l’exécutif a décidé d’étendre les fermetures à tous les commerces non alimentaires hors pharmacies.

« Mais les chiffres évoqués [de 300 000 à 500 000 morts en cas d’absence de mesures d’endiguement] sont infiniment supérieurs à ceux communiqués par le ministère de la santé, ils apparaissent disproportionnés », affirme l’Elysée.

OB : Oui, c’est ce qu’on appelle une fourchette haute

Et sinon, elle sont à combien les simulations du Ministère ?

« 50 à 70 % de la population finissent par être contaminés »

Avec 29 décès et 900 cas confirmés supplémentaires en vingt-quatre heures, la France compte désormais 5 400 cas confirmés de contamination, dont 120 mortels, a annoncé dimanche soir M. Véran. Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a estimé dimanche sur Franceinfo que l’épidémie de coronavirus toucherait « probablement » plus de la moitié de la population française. (source)

Synthèse des travaux du conseil scientifique

Selon nos informations, le gouvernement devrait présenter au plus tard lundi une première synthèse des travaux du conseil scientifique, tels qu’ils ont été exposés samedi au premier ministre. « Nous avons demandé au conseil de nous rendre un document dimanche soir et nous le communiquerons lundi au grand public »,explique-t-on au cabinet d’Olivier Véran. « Il y aura désormais un document publié après chaque réunion, reprenant les conclusions des membres du conseil scientifique », ajoute-t-on à l’Elysée. Une décision prise pour éviter les procès en dissimulation, qui fleurissent sur les réseaux sociaux.

Ces estimations ont permis de réaliser que les premières dispositions prises par les autorités françaises pour tenter de freiner la vague épidémique – notamment les limitations des rassemblements et l’isolement des personnes âgées – s’étaient avérées insuffisantes.

Le nombre de cas de Covid-19 double maintenant toutes les 72 heures et 300 personnes sont déjà hospitalisées en réanimation. Dans les régions où le virus est le plus présent, les services de réanimation font depuis quelques jours face à un afflux de patients graves, et redoutent de ne plus pouvoir tenir si le rythme de l’épidémie ne ralentit pas. Mardi 10 mars, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a annoncé que 5 000 lits de réanimation étaient disponibles en France et 7 364 lits dans les unités soins intensifs. Mais ces capacités risquent d’être vite débordées.

Dans l’urgence, des mesures de confinement exceptionnelles ont été annoncées par le chef de l’Etat et le premier ministre, dans deux allocutions prononcées à seulement 48 heures d’intervalle. Vendredi soir, la totalité des écoles françaises ont fermé leurs portes, et depuis samedi minuit tous les commerces, cafés, restaurants et cinémas ont aussi tiré le rideau.

Avec le passage officiel au « stade 3 » de l’épidémie et ces dispositions exceptionnelles, valables « jusqu’à nouvel ordre », le gouvernement espère enrayer la propagation du virus et « sauver des vies quoi qu’il en coûte », a assuré Emmanuel Macron dans son adresse aux Français le 12 mars.

Le premier tour des élections municipales n’a, en revanche, pas été reporté, et les bureaux de vote ont ouvert comme prévu dimanche, malgré les mises en garde de certains experts.

« Ethique personnelle »

L’impact de ces mesures exceptionnelles est difficile à chiffrer. « Les modèles suggèrent que cela peut être suffisant pour endiguer la première vague de l’épidémie, mais cela dépend beaucoup du comportement des gens et de la façon dont ils vont appliquer ces consignes », souligne Simon Cauchemez, en rappelant que, « dans un Etat qui n’est pas totalitaire, il s’agit d’une question d’éthique personnelle ». « Cela peut faire mentir le modèle dans un sens ou dans l’autre », a-t-il insisté, appelant chacun à participer à cet « énorme effort ».

Cette dimension était au cœur du discours du premier ministre, Edouard Philippe, samedi soir : « Je le dis avec gravité, nous devons, tous ensemble, montrer plus de discipline dans l’application des mesures », a martelé le chef du gouvernement.

Dans tous les cas, l’effet de ces nouvelles mesures dites de « distanciation sociale » ne se fera pas sentir avant plusieurs semaines. « Compte tenu du délai d’incubation cinq jours en moyenne et de l’évolution de la maladie sur plusieurs jours, il faut s’attendre à une augmentation du nombre de cas graves au cours des deux-trois prochaines semaines », explique Simon Cauchemez.

Lors d’une réunion de crise samedi soir, le modélisateur a présenté ce scénario à la direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). De nombreux établissements parisiens sont déjà à saturation, et des mesures d’urgence ont été prises en fin de semaine pour libérer de nouveaux lits, notamment en réanimation.

« Tous ceux qui combattent la maladie soutiennent à 100 % les mesures qui ont été annoncées et supplient l’ensemble des Français de les appliquer intégralement pour éviter que les contacts se multiplient », a déclaré Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP, lors d’une intervention au journal télévisé de France 2 samedi.

Toute la difficulté consiste à calibrer la réponse, alors que les contours de l’épidémie sont encore mal définis. « C’est une situation nouvelle pour tout le monde. On n’a pas vu ce genre de choses depuis au moins une génération », souligne Simon Cauchemez. « Il faut qu’on s’y habitue tous : ce qui est vrai un jour ne le sera pas forcément le lendemain ou le surlendemain et il faut qu’on vive comme cela plusieurs mois », juge Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat et membre du conseil scientifique.

Dans les hôpitaux, la tension est palpable. « Nous avons déjà 61 patients Covid hospitalisés, dont vingt en réanimation. Tous les lits sont occupés », constate M. Lescure. Lundi, il ouvrira la dernière aile de son service, soit dix-huit lits, pour accueillir les nouveaux malades. « Le facteur limitant, ce ne sont pas les lits, mais le personnel soignant. Nous ne comptons pas les heures, mais nous manquons de médecins, d’infirmières et d’infirmiers », s’inquiète l’infectiologue.

Dans ce contexte tendu, il regrette que de précieuses ressources soient encore consacrées à identifier des patients zéro et des chaînes de transmission, alors que le virus circule maintenant partout. « Dans certaines zones, cela n’a plus aucun sens. On va épuiser tout le monde à faire cela », s’alarme-t-il. « Les Anglais sont beaucoup plus pragmatiques : ils ont compris que cette première bataille était perdue et qu’on allait se faire passer dessus. »

D’autres médecins sont encore plus sévères. « La parole politique n’a pas été à la hauteur, juge Djillali Annane, chef du service de réanimation de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine). Ce n’est donc pas surprenant qu’il n’y ait pas eu une très forte adhésion des Français aux mesures prises. Ils n’ont pas saisi l’urgence. Ils continuaient de se faire la bise dans la rue. Cela relevait de l’inconscience ! »

Dans son établissement, le nombre de patients Covid augmente de 20 % à 30 % par jour, et rien que dans la journée de samedi quatre nouveaux cas ont été hospitalisés en réanimation. « Nous sommes armés pour affronter la vague dans les deux-trois jours qui viennent. L’enjeu est de tenir dans la durée », insiste-t-il.

D’autant que les mesures prises par le gouvernement ne régleront sans doute pas la totalité du problème. « Avec des mesures fortes comme celles qui ont été prises samedi et une très forte implication de la population, on peut potentiellement éteindre la première vague »,explique Simon Cauchemez. « Mais dans la mesure où il n’y aura pas suffisamment d’immunité, qui ne peut être conférée que par la vaccination ou par une infection naturelle, il peut y avoir une seconde vague, et la question des mesures à prendre se reposera, poursuit-il. C’est toute la difficulté de cette stratégie, qui n’avait jusqu’à présent jamais été envisagée pour un virus circulant de façon globalisée, en raison de son coût économique et social. »

Coronavirus : les simulations alarmantes des épidémiologistes pour la France du risque maximal 50 % de la population atteinte, 300 000 à 500 000 morts

« Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l’auteur aurait pu tenir par ailleurs – et encore moins par ceux qu’il pourrait tenir dans le futur. »

L’article de Sciences et Avenir confirme ce qui précède, cliquez ici.

Source LES CRISES.

Une pharmacienne revendait illégalement des masques chirurgicaux …!

A Marseille, une pharmacienne, suspectée de revendre des masques de protection sous le manteau, a été arrêtée et placée en garde à vue.

Une pharmacienne revendait illégalement des masques chirurgicaux

 

Une pharmacienne du quartier Noailles, à Marseille, a été arrêtée, puis placée en garde à vue, soupçonnée d’avoir revendu illégalement des masques de protection selon Europe 1.

Les policiers, qui patrouillaient dans le secteur mercredi matin, ont été alertés par la file d’attente importante formée devant la pharmacie. Il ne leur a fallu que quelques minutes pour se rendre compte que tous les clients ressortaient avec un masque chirurgical.

Un équipement qu’elle vendait entre 1 euro et 2,50 euros l’unité, uniquement contre des espèces versées dans une « caisse noire », parallèle à la comptabilité de l’officine.

Les forces de l’ordre ont donc mis fin à ce trafic et ont interpellé la pharmacienne.

Face aux policiers, elle a expliqué qu’elle le faisait « pour rendre service » à sa clientèle, désireuse de se protéger du coronavirus.

Coronavirus : Vers l’instauration d’un « état d’urgence sanitaire » en France… La situation à ce jour…

CORONAVIRUS Un point complet sur la situation en France ces dernières vingt-quatre heures.

Coronavirus : Vers l’instauration d’un « état d’urgence sanitaire » en France... La situation à ce jour...A Paris, le 17 mars 2020, lors du premier jour de confinement général dans la ville désertée, à la suite de la crise du corovirus.

Un confinement historique pour faire la « guerre » au coronavirus, et un « état d’urgence sanitaire » que le Parlement doit voter jeudi et vendredi. Face à une « crise sans précédent » et alors que le nombre de malades augmente de façon exponentielle dans une France quasiment à l’arrêt, le gouvernement a annoncé mercredi des mesures exceptionnelles, notamment pour soutenir l’économie.

L’« état d’urgence sanitaire » sera déclaré par décret après l’adoption du projet de loi. L’Assemblée nationale et le Sénat seront informés « sans délai » des mesures prises pendant cette période.

Le coronavirus se propage de plus en plus rapidement et le bilan des victimes s’est alourdi mercredi, au deuxième jour du confinement ordonné par le gouvernement, avec un risque de saturation de services d’urgence. Les hôpitaux accueillent désormais 3.626 patients dont 931 sont en réanimation. Parmi ces cas les plus graves, la moitié sont âgés de « moins de 60 ans », a insisté le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon en annonçant un total de 264 décès (89 supplémentaires en 24 h).

Situation dramatique dans les Ehpad

Outre la situation difficile dans le Grand Est, le tableau se tend également en Ile-de-France. L’état des lieux est déjà dramatique dans les Ehpad, a alerté Gaël Durel, président de l’Association des médecins coordinateurs et du secteur médico-social : « Lorsque le virus rentre dans (un) établissement, on assiste à des taux de 75 % de résidents atteints par le virus et des taux mortalité catastrophiques, au-delà de 20 à 30 % » a-t-il dit sur RTL.

« Il n’y a pas de place pour eux à l’hôpital, ils sont trop vulnérables (…) on va privilégier, ce qui est tout à fait compréhensible, des personnes qui ont plus de chance de pouvoir s’en sortir ». Une situation qu’a connue l’Italie, entrée en confinement depuis près de deux semaines. C’est d’ailleurs la crainte des experts d’une saturation des urgences qui a conduit le chef de l’Etat Emmanuel Macron à annoncer lundi de strictes mesures de confinement pour « au moins 15 jours ».

4.095 amendes dressées en vingt-quatre heures

Cent mille membres des forces de l’ordre ont été déployés, infligeant une amende forfaitaire de 135 euros en cas « violation des interdictions de se déplacer hors de son domicile ». En 24 heures, 4.095 amendes ont été dressées, selon le ministre de l’Intérieur.

Le gouvernement a reconnu des « difficultés logistiques » dans la fourniture de masques, alloués « en priorité aux soignants », qui s’alarment pourtant de leur dénuement. La ministre Florence Parly a annoncé que 5 millions de masques chirurgicaux des Armées avaient été mis à disposition du ministère de la Santé. Selon le Pr Salomon, un total de 25 millions de masques sont en cours de livraison aux pharmacies et établissements de soins.

Consciente du rôle vital qu’ils jouent, la population a témoigné son soutien et son respect aux personnels de santé, en première ligne face à l’épidémie : à 20h, à Paris et en régions, des salves d’applaudissements ont retenti : sifflements et « Merci ! » ont notamment été entendus dans les rues de Mulhouse, particulièrement frappée.

Le premier transfert aérien de six malades a d’ailleurs eu lieu de l’Alsace vers des hôpitaux militaires de Toulon et Marseille. Le déploiement d’un hôpital militaire est également programmé en Alsace. Le gouvernement va par ailleurs mettre en place un dispositif aérien, en lien avec Air France, pour permettre aux Français bloqués à l’étranger en raison de la pandémie de rentrer chez eux, ont annoncé mercredi soir trois ministres.

Appels à continuer de travailler et inquiétudes

Les inquiétudes sur le fonctionnement même du pays montent, malgré les assurances du gouvernement, qui a examiné mercredi des dispositions pour restreindre certaines libertés ou ordonner des réquisitions. Il pourra prendre par ordonnances des mesures pour soutenir les entreprises et limiter les licenciements.

Le gouvernement a d’ailleurs appelé les employés des secteurs essentiels à continuer de travailler. « Il faut bien que nous puissions nous nourrir, que les familles françaises puissent se rendre dans les magasins de la grande distribution et acheter des produits alimentaires », selon le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Le président délégué du Medef, Patrick Martin, a alerté sur un arrêt possible de l’activité économique, y compris dans les secteurs essentiels, en raison d’un « changement d’attitude brutal » des salariés, prêts à faire jouer leur droit de retrait après l’instauration des mesures sanitaires. Les caissiers notamment s’alarment : des photos circulaient sur les réseaux sociaux montrant des caisses de magasins d’alimentation protégées par de simples films plastiques étirés au niveau des visages.

Olivier Véran a annoncé que le gouvernement serait amené à fermer certains marchés « où l’on voit des foules » ou « qui ont beaucoup d’étals », pour éviter les rassemblements. Certaines régions ont pris des mesures face à l’afflux de citadins venus se confiner dans des résidences secondaires : locations interdites dans les îles du Morbihan, plages et sports nautiques à Oléron : « On est en confinement, pas en vacances », tempête le président des communes de l’île.

Source 20 MINUTES.

Coronavirus: le lavage des mains est-il vraiment le geste le plus efficace?…

Les autorités sanitaires et politiques le répètent: il faut nettoyer ses mains toutes les heures.

Cela peut-il permettre de se protéger du coronavirus et de freiner l’épidémie ?

Se laver les mains, un «geste barrière».

LA QUESTION. «Lavez-vous les mains. Lavez-vous les mains souvent, toutes les heures», répétait la semaine dernière le ministre de la Santé, Olivier Véran, suivi du premier ministre, Édouard Philippe. Pour se protéger du coronavirus et limiter sa propagation, serinent les autorités sanitaires, le «geste barrière» le plus efficace serait d’observer une scrupuleuse hygiène des mains.

On le comprend aisément pour un virus comme celui de la gastro-entérite, qui nous contamine notamment lorsque nous touchons des surfaces souillées. Le lavage des mains est évidemment essentiel chez les soignants, surtout lorsqu’ils procèdent à des gestes invasifs, occasion rêvée pour les pathogènes d’entrer à l’intérieur de notre organisme. Mais pourquoi diable un virus respiratoire, transmis par la toux et les gouttelettes de salive, serait stoppé par le lavage des mains?


VÉRIFIONS. «Les mains sont un vecteur de transmission des micro-organismes», explique le Dr Stéphane Gayet, médecin infectiologue au CHRU de Strasbourg. Pour nous infecter, un pathogène a besoin d’une «porte d’entrée», soit une muqueuse (nez, lèvres, bouche, conjonctive oculaire…), ou une plaie. Or lorsque quelqu’un tousse face à nous, explique le médecin, «les particules virales émises dans l’air n’arrivent pas facilement à nos muqueuses. Mais les mains viennent récupérer celles déposées sur nos joues, notre cou, notre front…» Un bonbon, une cigarette, un « gratouillis » des lèvres, et le virus a tôt fait d’arriver dans notre bouche.

Les virus et bactéries étant enveloppés d’une membrane lipidique, le savon est particulièrement efficace pour les éliminer de nos mains. Une équipe britannique le montrait en 2011 sur des bactéries responsables de diarrhées: alors que 44 % des échantillons prélevés chez des volontaires ayant touché poignées et balustrades étaient contaminés par ces pathogènes, ce taux tombait à 23 % après un passage à l’eau, et à 8 % lorsque le nettoyage était fait au savon! Quelques années plus tôt, des Australiens montraient aussi une très bonne efficacité du savon contre un virus grippal. Quant au gel hydroalcoolique, une équipe allemande a récemment montré, dans le Journal of Hospital Infection , qu’ils étaient efficaces contre le nouveau coronavirus.

Pour autant, se laver les mains peut-il freiner une épidémie? En 2011, une revue de littérature de la Cochrane concluait que «la propagation des virus respiratoires peut être évitée par des mesures d’hygiène, telles que le lavage des mains, en particulier chez les jeunes enfants». Difficile cependant, parmi toutes les mesures mises en œuvre contre la propagation des virus respiratoires, d’isoler l’efficacité spécifique du lavage de mains. Mais «compte tenu de son efficacité démontrée dans d’autres contextes, il n’existe pas de preuves irréfutables qu’il faille cesser d’utiliser de bonnes pratiques d’hygiène des mains pour réduire le risque d’infection et de transmission de la grippe dans le cadre communautaire», notaient il y a un an des chercheurs canadiens.

Plusieurs équipes ont par ailleurs démontré que ceux qui se lavent le plus scrupuleusement les mains, sont aussi ceux qui souffrent le moins d’infections respiratoires. Un lavage de mains régulier et scrupuleux est donc une excellente habitude à prendre pour traverser sereinement les épidémies de grippe qui sévissent chaque hiver! Une équipe britannique a ainsi, pour une étude publiée en 2015 dans le Lancet , testé sur près de 17.000 participants l’efficacité d’une simple intervention par internet encourageant les gens à mieux se laver les mains: après 16 semaines, 51 % des individus ayant bénéficié de l’intervention avaient eu un ou plusieurs épisodes d’infection respiratoire, contre 59 % dans le groupe contrôle.

Huit petits points qui n’ont l’air de rien, mais qui peuvent changer la donne. En décembre, une équipe internationale modélisait dans Risk Analysis l’intérêt d’encourager l’hygiène des mains chez les usagers des aéroports, hauts lieux de propagation des épidémies. Considérant qu’à un instant t, 20 % des usagers ont les mains propres, les auteurs estiment qu’augmenter ce taux à 30 % réduirait le risque d’épidémie grippale de 24 % ; à 60 % de mains propres, la baisse serait de 69 % !

Source LE FIGARO.

 

Coronavirus: pourquoi la situation est déjà si grave…!

L’épidémie a une «inertie» naturelle très importante.

Les mesures de confinement prises aujourd’hui n’auront d’effet que dans 14 jours.

Il faut donc déjà s’attendre au pire.

Le nombre de cas confirmés pourrait, si la dynamique de l’épidémie n’est pas cassée, être de 9000 dans 3 jours, 18.000 dans 6 jours, 36.000 dans 9 jours, 72.000 dans 12 jours, 144.000 dans deux semaines.

Nous ne savons pas sur quelles données précises le conseil scientifique qui murmure à l’oreille du gouvernement s’appuie exactement, mais le virage pris samedi soir par les autorités laisse craindre le pire. Les mesures prises progressivement depuis deux semaines, qui avaient commencé par l’interdiction des rassemblements de plus de 5000 personnes et les appels au civisme et à l’adoption de gestes «barrière» (ne pas se faire la bise, ne pas se serrer la main, se laver les mains régulièrement, etc) ne semblent pas avoir eu les effets escomptés.

Ça n’est en effet qu’aujourd’hui que l’on devrait commencer à voir leurs premiers effets dans les chiffres de l’épidémie, étant donné l’inertie importante de ce coronavirus: les personnes sont contagieuses plusieurs jours avant de développer les premiers symptômes, et ces derniers mettent encore plusieurs jours avant de développer une forme suffisamment grave pour entrer dans les décomptes officiels. En Chine, il a fallu une dizaine de jours pour que les mesures drastiques de confinement fassent effet et cassent la dynamique exponentielle de l’épidémie.

Déjà plus de 9000 cas, 144.000 dans deux semaines

Cette dynamique, justement, n’a pour le moment pas bougé d’un iota en France. Le nombre de cas identifiés est aujourd’hui de 4500, a annoncé samedi soir le directeur général de la santé, le Pr Jérôme Salomon. Il a donc doublé en 72 heures, ce qui veut dire que l’épidémie reste sur son rythme naturel. Poursuivons cette courbe pour éveiller les consciences: faute de mesures fortes, on peut s’attendre à 9000 cas en 3 jours, 18.000 cas dans 6 jours, 36.000 dans 9 jours, 72.000 dans 12 jours, 144.000 dans deux semaines… On parle là de gens suffisamment malades pour être officiellement comptabilisés dans les décomptes actuels. C’est à dire hospitalisés dans la majeure partie des cas.

Si l’on transpose cette dynamique sur les cas nécessitant un lit dans un service de réanimation, nous allons passer à 5000 dans deux semaines. Les personnes âgées, rappelons-le, ne sont pas les seules touchées: la moitié de ces cas graves ont moins de 60 ans. Si les patients s’en sortent le plus souvent pour le moment, c’est parce qu’ils bénéficient de traitement de réanimation (ventilation). Or la France ne dispose que de 5000 lits, et la plupart sont déjà occupés. Impossible d’absorber 5000 cas de plus en deux semaines. C’est déjà largement au-dessus des capacités des hôpitaux français, déjà débordés dans les régions les plus touchées. La mortalité imputable au coronavirus pourrait alors s’envoler.

Provoquer une prise de conscience

Les mesures qui ont été prises cette semaine auront peut-être permis d’atténuer un peu ces chiffres, mais la prise de conscience n’a semble-t-il pas été assez forte. Comme chacun a pu l’observer autour de soi, peu de gens les ont pris au sérieux. Et ce retard dans les prises de conscience risque bien de s’avérer dramatique.

Poursuivons le décompte macabre, si la dynamique n’est pas brisée: 300.000 cas dans 18 jours, 600.000 dans trois semaines. Dans un mois, 5 millions de personnes pourraient être atteintes par le Covid-19 dans une forme suffisamment sérieuse pour être prises dans le décompte actuel du nombre de cas. Il est de la responsabilité de chacun de faire acte de civisme pour que cela ne devienne pas une réalité, en limitant au maximum ses interactions sociales.

Les mesures draconiennes prises aujourd’hui par le gouvernement vont peut-être permettre cette fois-ci de casser l’épidémie, mais il faudra attendre au moins dix jours pour le savoir. En attendant, tout le monde doit participer à cet effort collectif. Chacun peut à son niveau sauver des vies. Le Pr Salomon l’a encore rappelé très justement: ce n’est pas le virus qui circule dans la population. Ce sont les hommes et les femmes qui le font circuler. Vous, moi, tout le monde.

LE FIGARO.

Coronavirus: partout en France, les réanimateurs se préparent au cataclysme…!

«Peur», «médecine de guerre», «enfer»… Les mots employés par les professionnels de santé, en première ligne, sont particulièrement forts.

Coronavirus: partout en France, les réanimateurs se préparent au cataclysme

« Une compagnie qui monte au front »

Pr Xavier Monet, médecine intensive-réanimation, Hôpital Bicêtre

«Ce qui me frappe? Le professionnalisme avec lequel tout un service se met en branle. L’efficacité de la coopération avec l’administration, sans aucune trace de la défiance qui parfois nous oppose. La motivation, l’excitation et la fierté des personnels, comme une compagnie qui monte au front. L’entraide: tous ont annulé leurs repos, font des heures supplémentaires, un infirmier veut revenir avant la fin de son arrêt de travail, les retraités se rendent disponibles. La peur, enfin ; celle d’être infecté, et celle d’être confronté à des prises de décisions éthiques difficiles comme celles que nos confrères italiens nous relatent.»

« Une vague monstrueuse qui nous terrorise »

Un anesthésiste-réanimateur à Lyon

«Nous manquons de masques alors que nous devons intuber des patients avec une charge virale très élevée, ce qui nous met en danger. Les lits de réanimation n’ont de cesse de se remplir, des choix doivent être faits. Nous avons été formés dans un système où chacun pouvait bénéficier de soins adaptés à sa situation, ça ne sera plus possible, nous ferons de la médecine de guerre et c’est un vrai choc. Cette plongée dans une vague aussi puissante et monstrueuse nous terrorise. Nous avons besoin de sentir que la population prend conscience de la gravité de la situation et nous protège d’une catastrophe sanitaire énorme en suivant les directives. Nous sommes choqués de voir les gens se promener avec les masques qui nous manquent si cruellement.»

« Faire mieux que l’Italie? C’est grotesque! »

Un anesthésite-réanimateur dans un hôpital public d’une grande ville de France

«J’ai trouvé grotesque la façon dont médias et politiques ont sous-estimé la situation, notamment en expliquant que notre système de santé était mieux organisé qu’en Italie. Il suffit de passer une nuit lambda avec un anesthésiste ou un réanimateur pour s’apercevoir que ces nuits sont déjà difficiles et bien remplies. Les réanimations sont souvent pleines. En outre, ces gardes sont mal rémunérées (200 euros pour 12 heures d’un travail à haute responsabilité), les médecins fuient vers le privé, et nous tournons en sous-effectif en permanence. Nous manquons de moyens, de personnel mais aussi de matériel: pénurie de masques et de gel hydroalcoolique. Les équipes subiront de plein fouet la fatigue, et donc la vulnérabilité au virus.»

« Depuis plusieurs semaines, on se prépare à l’enfer »

Dr Marc-Antoine Gianni, CHU Ambroise Paré

«Je suis anesthésiste-réanimateur, donc d’habitude au bloc opératoire mais, au vu de ce qui va se passer, on a été basculés en réanimation. On sait que l’enfer va arriver, cela fait plusieurs semaines qu’on nous y prépare. Pour l’instant, on n’est pas du tout débordés mais cela va arriver dans une semaine, 10 jours, peut-être 15, avec un pic attendu dans 2 ou 3 semaines puis un long plateau car ces malades requièrent des ventilations de longue durée. Sans compter la mortalité annexe qui sera énorme parce qu’on ne pourra plus soigner les autres patients, qu’on aura différés des opérations, etc. On sera dépassés et cela nous terrifie. Continuer à voir les gens dans les supermarchés, les cyclistes qui roulent collés les uns aux autres, les gens profiter du beau temps, c’est du délire.»

« J’en ai vu des choses, mais ça, jamais »

Dr Damien Barraud, médecin réanimateur à l’hôpital de Metz

«Cela fait quinze ans que je suis réanimateur senior et je n’ai jamais connu une situation pareille. Tous nos lits de réanimation sont déjà pleins. On a ouvert 10 lits de plus hier. Nous faisons face à une marée montante, régulière, avec 3 à 4 nouveaux patients en détresse respiratoire chaque jour. Nous ne savons pas quand cela va s’arrêter. Et comme les malades ont besoin d’être ventilés longtemps, ça va rapidement bloquer. Nous devons faire de la limitation thérapeutique: les malades trop altérés de base ne pourront pas être admis en réanimation. Mais nous ne les laisserons pas à l’abandon. En tout cas, j’espère que le confinement aura un effet d’ici à 15 jours, mais ce n’est pas certain. Il ne faut pas se leurrer: il n’y a pas d’autre solution.»

Source LE FIGARO.

Coronavirus : L’hydroxychloroquine serait efficace, selon le professeur Raoult de l’IHU de Marseille, après un premier test restreint… Vidéo.

CORONAVIRUS Le test clinique réalisé sur 24 patients de l’IHU de Marseille avec de l’hydroxychloroquine serait efficace contre le coronavirus selon des premiers résultats présentés par le professeur Raoult.

Coronavirus : L’hydroxychloroquine serait efficace, selon le professeur Raoult de l’IHU de Marseille, après un premier test restreint. Le professeur Didier Raoult dans son bureau en février 2020.

  • Le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU de Marseille, a présenté les premiers résultats du test clinique à l’hydroxychloroquine réalisé sur 24 patients atteints par le coronavirus.
  • Selon les premiers éléments, un traitement à l’hydroxychloroquine permettrait de réduire la charge, et les résultats sont encore plus prometteurs avec de l’hydroxychloroquine et l’Azithromycine, un antibiotique efficace contre les virus.
  • Selon lui, la réduction de la charge virale est centrale dans la lutte contre le coronavirus, il milite pour que davantage de dépistages soient réalisés en France.
  • Le gouvernement va étendre ce test dans d’autres hôpitaux afin de vérifier son efficacité à plus grande échelle.

Des résultats encourageants. Le directeur de l’IHU de Marseille, le professeur Didier Raoult, a présenté lundi soir lors d’un point mensuel avec les soignants de l’institut les premiers résultats de son test clinique à l’hydroxychloroquine contre le coronavirus, un test validé par le ministère de la Santé. Ce point mensuel a été diffusé dans une vidéo de dix-huit minutes publiée sur YouTube par l’IHU.

« On a pu comparer la négativation du portage viral chez des patients qui ont suivi le protocole, avec des patients d’Avignon et de Nice qui n’ont pas reçu le traitement. Ceux qui n’ont pas reçu le Plaquenil [médicament à base d’hydroxychloroquine] sont encore porteurs à 90 % du virus au bout de six jours, tandis qu’ils sont 25 % à être positifs pour ceux qui ont reçu le traitement », a présenté le professeur.

« La longueur du portage viral est un élément essentiel »

Mais il est allé encore plus loin. « On conseille, nous, et d’autres, depuis longtemps de donner un antibiotique dans les infections virales respiratoires, parce qu’elles se compliquent surtout de pneumopathies. Donc tous les gens qui présentaient des signes cliniques qui pouvaient évoluer vers une complication bactérienne de pneumopathie, on leur a donné de l’Azithromycine. Il a été démontré dans un journal que ça diminue les risques chez les gens qui ont des infections virales. Et l’autre raison, c’est que l’Azithromycine a montré en laboratoire qu’elle était efficace contre un grand nombre de virus, bien que ce soit un antibiotique. Donc quitte à choisir un antibiotique, on préférait prendre un antibiotique efficace contre les virus. Et quand on compare le pourcentage de positifs avec l’association hydroxychloroquine et Azithromycine, on a une diminution absolument spectaculaire du nombre de positifs », a-t-il détaillé.

Pour le professeur Didier Raoult, ce portage viral est au centre de la lutte contre le coronavirus. Il cite une étude chinoise publiée le 9 mars. « Il y a une chose très importante dans cette étude rétrospective : la longueur du portage viral est un élément essentiel pour tenter de contrôler cette maladie. Elle montre que les gens qui portent le virus, on parle de 191 personnes, le portent pendant vingt jours s’ils ne sont pas traités. Donc les gens qui ont inventé la quatorzaine, ça n’a pas de sens. Il faut isoler les gens porteurs, et ne pas isoler les non-porteurs. C’est un point très important », estime le spécialiste.

Plus de tests

Mais pour réduire ce portage viral, il faut tester un maximum de gens. Ce qui n’est pas la stratégie actuelle du gouvernement. « Comment a été maîtrisé le sida ? Ce n’est ni par les vaccins, ni par les modèles mathématiques. C’est la charge virale et le traitement, on regarde avec le traitement que la charge virale diminue et, quand elle est en dessous d’un certain seuil, les gens ne sont plus contagieux et ne sont plus malades. C’est ce modèle qu’on essaye de mettre en place. Mais dans cette stratégie, on teste, on détecte, on traite, le monde n’est pas égal. Ceux qui courent le plus vite, ce ne sont pas les mêmes, ceux qui ont fait le plus ce sont les Chinois et la Corée. Pour une population inférieure à la nôtre, regarder le nombre de tests qu’ils ont fait. On a pris une stratégie qui n’est pas la même que celle du monde technologique, c’est de très peu tester. »

Le professeur Raoult milite donc pour augmenter ces tests et pouvoir ainsi traiter tous les porteurs. « C’est de la PCR [réaction en chaîne par polymérase] banale que tout le monde peut faire, la question c’est l’organisation, pas la technique, ce n’est pas la capacité de diagnostic, nous l’avons. C’est un choix stratégique qui n’est pas celui de la plupart des pays technologiques, en particulier les Coréens qui font partie, avec les Chinois, de ceux qui ont maîtrisé l’épidémie en faisant dépistage et traitement. On est capables dans ce pays comme n’importe où de faire des milliers de tests et de tester tout le monde », plaide-t-il.

Un essai dupliqué par le gouvernement

A l’issue du Conseil des ministres de ce mardi, Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, est revenue sur ces résultats publiés par le professeur Raoult. « Le professeur Didier Raoult a fait effectivement état de son souhait d’avoir des essais cliniques. Ce sont des essais thérapeutiques qui permettent de tester un médicament ou une combinaison de médicaments pour guérir en l’occurrence du coronavirus. Il y a un essai clinique sur 24 patients qui a été mené et qui donne des résultats effectivement prometteurs. Et en accord avec le professeur Raoult, le ministère de la Santé a souhaité que nous puissions étendre cet essai clinique. Il sera étendu mais dans un autre hôpital, avec une équipe indépendante de celle du professeur Raoult afin de s’assurer scientifiquement que ça marche effectivement sur un beaucoup plus grand nombre de patients, parce que 24 patients c’est un nombre assez faible. »

Un nombre encore trop faible pour en tirer des conclusions, d’où une certaine mise en garde : « On ne se précipite pas en pharmacie pour acheter de la chloroquine maintenant, parce que, quand on en prend trop, on peut avoir des conséquences qui ne sont pas terribles. Et parce que nous n’avons pas aujourd’hui la preuve scientifique que cela fonctionne. Nous avons des débuts prometteurs pour l’essai clinique réalisé à Marseille, nous l’étendons parce que la discipline scientifique veut qu’une expérience, pour être valide, soit dupliquée plusieurs fois pour pouvoir dire qu’elle marche ou qu’elle ne marche pas », a-t-elle prévenu. D’autres tests seront réalisés à l’hôpital de Lille pour conforter, ou pas, les résultats du professeur Raoult.

Source 20 MINUTES.