À 16 ans, elle publie un livre pour clore le chapitre de son cancer…

Manon Tireau avait 2 ans lorsqu’on lui a diagnostiqué un cancer du foie.

Aujourd’hui âgée de 16 ans, la jeune fille, qui vit en Normandie, dans l’Orne, vient de publier sa courte biographie.
Elle s’est lancée dans l’écriture de ce livre fin 2019, pour poursuivre sa vie plus sereinement.

Un écrin de tendresse pour panser mes blessures. C’est le titre d’un livre qui paraît aujourd’hui aux éditions Vérone. Un livre écrit par Manon Tireau, une jeune fille de 16 ans scolarisée en première au lycée professionnel agricole d’Alençon, dans l’Orne.

Sans fioritures, avec ses mots à elle, Manon raconte sa vie avant, pendant et après le cancer du foie qui a failli l’emporter lorsqu’elle était enfant.

Un écrit thérapeutique

« J’ai eu besoin de raconter mon histoire afin de me libérer de toutes mes angoisses, confie-t-elle. Mais j’ai aussi voulu montrer à mes proches que je suis capable de faire quelque chose de bien. Et si cela peut donner du courage à d’autres personnes, c’est encore mieux. Mon message, c’est qu’il ne faut jamais cesser de se battre, qu’il faut croire en soi pour réaliser ses rêves. »

Manon voit le jour le 9 décembre 2004 à Laval. C’est un bébé tout ce qu’il y a de plus normal. Puis elle mange moins, vomit souvent.

Au printemps 2006, ses parents consultent une pédiatre et leur médecin traitant qui ne s’alarment ni l’un ni l’autre. En novembre, l’état de Manon s’aggrave. Un autre pédiatre est sollicité, des examens sont réalisés.

Un hépatoblastome

« Allez d’urgence au CHU de Rennes, je leur annonce votre arrivée », lâche le spécialiste aux parents de Manon, après avoir vu son échographie du foie. Trois semaines plus tard, le diagnostic tombe : la petite fille, qui vient de fêter ses 2 ans, a un hépatoblastome, un cancer u foie rare, qui touche les nourrissons et les enfants.

De tout cela, la jeune fille n’a pas de souvenirs, « juste l’odeur de l’hôpital ». Pour coucher sur le papier cet épisode douloureux, elle a sollicité sa grand-mère paternelle Marianne Tireau, avec laquelle elle a tissé « des liens formidables », selon les propres mots de cette dernière.

« Elle m’a demandé si j’acceptais de lui raconter son histoire, confie Marianne Tireau. Je lui ai dit que je voulais bien essayer. »

« Cela a été très dur »

« Les quatre premières années de ma vie se résument ainsi, écrit Manon. Radios, échographies, biopsie, pose d’un cathéter, chimiothérapies, gastrostomie, multiples prises de sang, électrocardiogrammes, ablation de la vésicule biliaire et des trois quarts de mon foie, six mois d’hospitalisation, perte de mes cheveux et quatre anesthésies générales… »

« Cela a été très dur, soupire Marianne Tireau. Quand le téléphone sonnait, on se demandait ce qu’on allait nous annoncer. »

Puis, un jour, Manon est déclarée guérie. « Si on a du mal à s’habituer à la souffrance, le retour au bonheur se fait très rapidement », témoigne-t-elle au début du second chapitre intitulé « Retour à la vie ».

Vivante mais coupable

Manon entre en maternelle à Saint-Mars-sur-la-Futaie, en Mayenne, prête à croquer la vie, enfin. Mais le ciel familial s’assombrit à nouveau. Ses parents, qui ont repris un hôtel-restaurant un an après sa naissance, sont contraints de déposer le bilan. Et son père la tient pour responsable de cet échec. « Son papa ne l’a pas épargnée », reconnaît Marianne Tireau.

« Vers l’âge de 8 ans, n’en pouvant plus du manque d’affection de mon père et des mots blessants qu’il me disait, j’ai fini par exploser en leur criant : Ça aurait été mieux pour tout le monde si j’étais morte », raconte Manon.

En 2018, ses parents divorcent. « Aussi choquant que ça puisse paraître, j’étais contente, soulagée », poursuit-elle.

« Me surpasser pour réussir »

Écorchée vive, Manon rencontre de grosses difficultés à l’école, mais parvient à décrocher son brevet des collèges. Aujourd’hui, elle rêve de devenir infirmière puéricultrice, comme sa tante Émeline qui « a joué un rôle très important auprès d’elle », souligne Marianne Tireau.

« J’ai hâte de retourner à l’hôpital pour m’occuper des enfants », confie la jeune fille.

Avec la publication de son livre, Manon franchit une étape clé qu’elle décrit ainsi : « Me surpasser pour réussir et surprendre est la meilleure thérapie qui soit pour moi, parce que j’ai besoin de reconnaissance pour me sentir bien, revalorisée, m’épanouir. Et si ma biographie est aujourd’hui entre vos mains… Alors, c’est que j’ai réussi ! »

Un nouveau combat

Auprès d’elle, Corinne Ligot, assistante d’éducation à l’internat du lycée, se réjouit : « Elle me racontait des bribes de sa vie, alors je lui ai suggéré d’écrire ce qu’elle me disait. »

Manon s’exécute, puis après avoir tout relu, cherche un éditeur, seule, sans en parler à personne. « Ce livre, c’est encore un combat que Manon remporte », salue Corinne Ligot.

Marianne Tireau aussi se dit « contente pour elle » : « Elle avait besoin de ça pour trouver la paix en elle-même. Maintenant elle va pouvoir aller de l’avant. »

La page du cancer est tournée, mais « j’ai encore la trouille quand même », avoue sa petite-fille. Les blessures affectives, elles, commencent seulement à cicatriser. Mais Manon n’a que 16 ans, elle a la vie devant elle.

Un écrin de tendresse pour panser mes blessures, Manon Tireau, aux Éditions Vérone, 10,50 €. Disponible à la commande auprès de toutes les librairies indépendantes et sur internet (Fnac, Amazon, Decitre, Chapitre, Cultura, Le Furet du Nord).

Source OUEST FRANCE.

 

Jean-Marie Choffat : 50 ans d’alpinisme, 30 ans de cancer, 19 ans de greffe : la vie tout en montagnes russes du Belfortain Jean-Marie Choffat…

Frappé par un cancer en 1990 à l’âge de 34 ans, puis greffé du foie en 2001, l’alpiniste belfortain a été fait cette année Chevalier dans l’ordre national des Arts et des Lettres.

Un joli pied de nez à cette institutrice qui, un jour de l’automne 1968, lui a dit qu’il ne ferait jamais rien de bon dans la vie.

50 ans d’alpinisme, 30 ans de cancer, 19 ans de greffe : la vie tout en montagnes russes du Belfortain Jean-Marie Choffat

 

L’âge avançant, on n’échappe pas, à un moment ou l’autre, à l’inventaire de sa propre vie, amalgame d’épisodes fastes et de revers de fortune, de rencontres lumineuses et de trahisons de personnes à qui on a donné et qui finissent, tôt ou tard, par vous le reprocher.

Jean-Marie Choffat résume la sienne sur un rythme ternaire : « L’année 2020 pour moi, c’est 50 ans de montagne, 30 ans de cancer , 19 ans de greffe. Mes 64 ans, je ne les ai pas dans la tête, mais largement dans le corps. »

Le crabe a rouvert un œil

Un corps abîmé, trituré, couturé. Un corps fatigué, constamment en limite de rupture alors que le crabe, sournois, agressif, a rouvert un œil avec l’apparition, en 2013, d’une métastase dans le médiastin, cette région de la cage thoracique située entre les poumons et contenant le cœur.

Sa vie, ce Belfortain, qui a grandi à Bourguignon et Mandeure dans le Doubs, l’a consacrée dès l’adolescence à l’alpinisme découvert dans un camp de vacances Peugeot où son père l’avait envoyé… pour le punir. Jusqu’à ce que la maladie – un carcinoïde de l’intestin grêle avec métastases hépatiques – vînt brutalement contrarier ses échappées verticales et lui rappeler l’extrême précarité de la condition humaine. C’était en 1990. Bien malgré lui, la mort, ou du moins son spectre, allait devenir une compagne d’une rare fidélité.

« Ma vie aujourd’hui, c’est la solitude »

Jean-Marie Choffat a traversé cahin-caha dix longues années de chimiothérapie qui se sont soldées par une greffe de foie complet en 2001.

Sa transplantation a généré de graves complications post-opératoires nécessitant la pose d’une prothèse diaphragmatique. Avec un seul poumon et 48 % de volume respiratoire, il a dû faire une croix sur la haute montagne.

« Ma vie aujourd’hui, c’est la solitude », confie-t-il. « Je n’ai plus de projet, mais je suis content d’avoir fait tout ce que j’ai fait. »

Sa consolation, ce sont ses souvenirs moissonnés au cours de ses 1 200 ascensions , en France et un peu partout dans le monde, dont 80 à 90 premières. Les plus beaux sont autant de fragrances dont la saveur apaise son esprit et lui réchauffe le cœur.

De l’école buissonnière à premier de la classe

Début 2020, il a appris que le Ministère de la Culture l’avait élevé au rang de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres (1). Lui l’adepte de l’école buissonnière qui n’a pas poussé bien loin ses études. Lui à qui une enseignante, en primaire, a affirmé un jour – devant ses petits camarades et en le tenant fermement par les cheveux – qu’il ne ferait jamais rien de bon dans la vie. Lui l’organisateur et l’animateur de conférences sur la montagne, en France, en Suisse, en Belgique et en Italie, durant les années soixante-dix et quatre-vingt. Lui l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages. Lui l’ex-chef d’orchestre du salon des auteurs de la Foire aux livres de Belfort.

Dérouler la trame de son histoire personnelle, ce n’est pas être pessimiste, ni même nostalgique. C’est être tragique, c’est-à-dire appréhender le réel tel qu’il est, dans sa vérité et sa nudité crues.

Source EST REPUBLICAIN.

Catherine Lafitte veut traverser la Charente-Maritime en « globe-trotteur » pour lutter contre le cancer du sein… Vidéo.

L’habitante d’Aytré (17), amputée des deux tibias, est déterminée à relier La Rochelle à Royan en « globe-trotteur », un fauteuil roulant fixé à une trottinette électrique, pour sensibiliser et aider la recherche contre le cancer du sein, contre lequel elle se bat.

 

Catherine Lafitte, lors de l'essai du système globe-trotteur, grâce auquel elle débute son aventure

 

Catherine Lafitte a été amputée des deux tibias il y a 15 ans, et cela ne l’a jamais empêché de réaliser les défis sportifs qu’elle s’était fixé. Mais cette habitante d’Aytré (17) et championne de nage handisport lutte depuis le mois d’août contre le cancer du sein. Alors, pour partager sa bataille, sensibiliser à ces deux causes et montrer qu’on peut se dépasser, elle décide de se lancer dans un projet un peu fou : traverser la Charente-Maritime.

Une trottinette électrique pour personne à mobilité réduite

Elle réalisera son parcours solidaire grâce à un nouveau moyen de transport inclusif appelé le globe-trotteur. Ce système, développé par une équipe de jeunes ingénieurs parisiens, permet d’attacher n’importe quel fauteuil roulant à une trottinette électrique classique, ce qui permet aux personnes à mobilité réduite de se déplacer plus facilement. Catherine l’appelle « la trottinette de la liberté ».

« Grâce à ce système, je vais pouvoir aller partout, faire des petites distances sans prendre ma voiture, aller chez ma maraîchère à 500 mètres de chez moi, accompagner ma famille faire un tour en vélo… C’est une révolution pour moi. »

Catherine Lafitte

Dans le cadre d’octobre rose 2021, Catherine souhaite relier Royan à La Rochelle en passant par l’Ile de Ré grâce à son nouvel engin électrique inédit. « Quand j’ai découvert cet outil, j’étais si heureuse. Un ami qui m’a dit : ‘te connaissant, tu vas faire le tour de la France avec’. On se dit que c’est fou, puis on y réfléchit la nuit, de plus en plus. Car avec la radiothérapie, les nuits sont courtes… » Un nouveau challenge à relever pour cette battante de nature.

Je ne suis pas quelqu’un qui reste les deux pieds dans le même panier, même si je n’ai pas de pied (rires) ! J’ai déjà grimpé la dune du Pilat, les 222 marches de Montmartre… Et j’ai dit à mes enfants qu’on grimperait les marches du phare des baleines de l’Ile de Ré ensemble, alors c’est l’occasion.

Partager sa guérison

Sur le chemin, Catherine prévoit plusieurs étapes pour rencontrer et débattre autour du handicap et du cancer du sein. Avec un but : sensibiliser. « Ok c’est un cancer, un fléau, mais on peut en guérir, et il ne faut pas négliger les examens, les mammographies, et il faut en parler, car même les hommes peuvent en être atteints » justifie-t-elle.

Son objectif était également de « donner », ou plutôt de rendre à ceux qui l’ont aidé. Les fonds récolté lors du voyage seront reversés à la Ligue contre le cancer, à l’Institut du Sein de Charente-Maritime qui a pris en charge son traitement, et à l’association d’aide aux malades « Partage ta différence« , basée à Saint-Vivien (17).

Cette dernière accompagne celles et ceux qui se sentent différent, par leur handicap ou leur maladie, et leur permet de se valoriser, à travers des shooting photos, des défilés, ou d’autres projets. L’association a accepté d’accompagner l’Aytrésienne dans ses démarches. « Quand vous voyez Catherine, c’est un rayon de soleil, elle ne se plaint jamais, c’est une personne extraordinaire, alors on ne peut être que touché par son envie de partager au monde sa guérison et on a voulu l’aider à réaliser son rêve », explique Fathé Dellal, sa cofondatrice.

Le chemin est encore long et demande encore beaucoup d’autorisations, d’organisations, de recherche de partenariats… et des fonds. Une cagnotte a été lancée afin de mettre en place son projet auquel elle tient tant.

Source FR3.

 

Victime des pesticides, sa tumeur au cerveau reconnue comme maladie professionnelle. Le témoignage de sa veuve…

Christophe Olivier, agriculteur à Bazouges-la-Pérouze (Ille-et-Vilaine), est décédé à 43 ans en mars 2020.

Atteint d’une tumeur cérébrale, sa maladie vient d’être reconnue comme maladie professionnelle, par le Tribunal Judiciaire de Rennes.

Christophe Olivier, agriculteur, décédé en mars 2020 : Karine, sa veuve, vient d'obtenir la reconnaissance de son cancer au cerveau en maladie professionnelle.

 

Cette tumeur, on l’appelle un glioblastome, une tumeur cérébrale. Le mari de Karine Olivier en est mort à l’âge de 43 ans cette année.

Appuyé par le collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, la veuve vient d’obtenir un premier combat auprès du pôle social du tribunal de Rennes. Celui-ci a reconnu la maladie professionnelle de son mari, alors qu’elle est inscrite hors tableau du régime agricole des maladies professionnelles.

L’agricultrice a le sentiment d’être enfin reconnue dans son combat et celui de son époux après deux ans d’épreuves suite au diagnostic de la maladie. « Pour les autres victimes, au moins, il y aura une meilleure prise en charge », espère-t-elle.

Puis elle retrace la descente aux enfers de son mari. Des maux de têtes, des vertiges jusqu’à un scanner qui met en évidence la tumeur au cerveau avec peu à peu une perte d’autonomie qui nécessitait d’aider Olivier à tout faire.

« On a pas fait le lien avec les pesticides tout de suite. Quand mon mari rentrait après avoir traité le colza, il vomissait près du tracteur puis il allait s’allonger. On s’est dit que ça allait passer. C’est lorsque la maladie a été détectée qu’on a pensé que la cause venait des produits chimiques. »

Karine Olivier

Abandonner les pesticides, le couple y songeait. Mais c’est le regard de l’entourage qui freinait Olivier.

« On voulait passer en bio, mais autour de nous, il y avait les copains et les voisins, installés en conventionnel.Mon mari avait la hantise de leur regard et puis il fallait du temps pour mener à bien les démarches. »

Karine Olivier

Contactée, le médecin qui a suivi Christophe, Marieke Salacroup, s’est dit satisfaite de la décision du tribunal. Une façon pour elle, à travers ce triste exemple, d’alerter, de protéger et de diminuer le risque pour les autres agricuteurs et de voir comment se passer de produits pesticides, même si cela reste un long cheminenent dans le milieu agricole.

Pour ce médecin, en tout cas, le lien avec l’activité professionnelle et la maladie de son patient décédé ne font pas de doutes.

« Pour ce patient, vu ses symptômes par le passé et au moment du diagnostic, le lien avec son activité professionnelle était évident. Ça m’a interrogé, j’ai fait des recherches sur des études sur le lien entre tumeur et expositions aux pesticides. Il y avait des preuves de risques importants chez les agriculteurs. »

Marieke Salacroup, médecin généraliste de Christophe Olivier

Une brèche ouverte pour le combat du collectif

De son coté le collectif espère que cette reconnaissance va pouvoir ouvrir la voie aux trois autres demandes de reconnaissance en cours pour des paysans et paysannes décédés de tumeurs cérébrales, comme Christophe.

C’est la première fois que le collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest obtient une victoire devant la justice.

« On espère que ces décisions feront jurisprudence pour d’autres dossiers que nous avons en cours. Dans le milieu agricole, on n’est pas souvent au courant de ses droits concernant la reconnaissance en maladie professionnelle liée à l’usage des pesticides. Dans les campagnes, il y a beaucoup de cancers, de maladies neuro-dégénératives, et c’est vécu comme une fatalité alors que souvent ces maladies sont liées à l’usage professionnel des pesticides »

Michel Besnard, Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest

Désormais à la tête de l’exploitation, Karine Olivier a entamé sa conversion en bio.

Le Tribunal judiciaire de Rennes vient par ailleurs de reconnaitre, ce lundi 21 décembre, le bien-fondé des demandes du collectif à propos de deux autres  dossiers :

  • Jean Claude, technicien semences, obtient la reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur, la coopérative AGRIAL. Il souffre de la maladie de Parkinson et a été reconnu en maladie professionnelle en octobre 2016.
  • Edith, salariée dans des serres à tomates à Amanlis (Ille-et-Vilaine), est reconnue en maladie professionnelle pour Parkinson, reconnaissance que lui avait refusée la MSA Portes de Bretagne. Elle souffre de cette maladie depuis l’âge de 50 ans.

Source FR3.

Glyphosate : l’étude des risques sanitaires bat de l’aile …!

Le consortium scientifique choisi pour étudier la nocivité sur la santé de l’herbicide a jeté l’éponge.

L’autorisation de mise sur le marché du glyphosate doit être renouvelée en 2022.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ne financera qu’une étude, celle du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), dont les positions ne sont pas favorables au glyphosate depuis 2015.

Saisie en 2018 pour évaluer les données disponibles sur le glyphosate et sa toxicité, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a lancé un appel d’offres pour une étude complémentaire. Problème : des associations, élus et chercheurs sous couvert d’anonymat évoquent un risque de collusion et de favoritisme après le choix d’un consortium chapeauté par l’Institut Pasteur de Lille. Face aux levées de boucliers, plusieurs laboratoires ont annoncé leur retrait jeudi.

Missionnée par l’Europe

La France, via l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), est missionnée avec trois autres États membres par l’Union Européenne pour évaluer la substance active du glyphosate, ce qui servira de base à la décision de prolongement ou non de l’autorisation de mise sur le marché européen qui interviendra en décembre 2022. L’Anses doit également étudier sa toxicité en produisant des données supplémentaires.

C’est là qu’intervient un appel d’offres pour un financement total d’1,2 million d’euros. Le consortium emmené par l’Institut Pasteur de Lille (IPL) décroche la timbale. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), basé à Lyon, obtient, lui, de mener pour 200 000 € une étude complémentaire à celle menée dans le cahier des charges.

La procédure aurait pu suivre son cours. Jeudi, coup de théâtre. L’Anses annonce dans un communiqué : « La sélection de certaines équipes ayant fait l’objet de critiques, l’Agence annonce ce jour le retrait du consortium de sept laboratoires sélectionné en avril dernier, les conditions de sérénité et de confiance nécessaires à la prise en compte de ces études […] n’étant plus réunies »

Accusation de conflits d’intérêts

La députée Delphine Batho avait interpellé, le 9 juin, le gouvernement sur les conditions de désignation du consortium. Premier coup de semonce. Le 17 juin, alerté par un collectif de chercheurs souhaitant rester anonymes, Le Monde chargeait également l’Anses, remettant en question sa déontologie.

Dans son édition du vendredi 24 juillet, Libération relevait aussi au minimum des accointances entre Fabrice Nesslany, l’un des experts retenu pour la rédaction du cahier des charges de l’appel d’offres, et des multinationales du phytosanitaire.

« Comme le fait classiquement l’Anses, nous avons pris certains experts qui avaient déjà siégé dans nos comités. Nous avons un groupe de travail sur la toxicologie qui avait déjà travaillé sur le glyphosate, que nous avons sollicité. […] Les cinq experts, trois Français et deux étrangers, sont des référents très connus dans le monde de la toxicologie. Leur rapport, en juillet 2019, n’a fait l’objet d’aucune critique ni d’aucun commentaire » à sa publication. Ce rapport demandait ainsi la mise en place de tests très précis pour obtenir des données qui pourraient être opposables aux industriels.

Choisir le standard supérieur

Outre les accusations de conflits d’intérêts, certaines données de l’appel d’offres, tel le fait d’inclure une certification « Bonnes pratiques de laboratoires », auraient favorisé, selon les détracteurs du consortium, le service de génotoxicologie de Fabrice Nesslany à l’Institut Pasteur de Lille.

L’Anses n’a pu que constater le retrait de sept laboratoires censés mener une vaste étude sur le glyphosate.

« Les conclusions de cette étude doivent être présentées à l’Union Européenne. Je comprends que le cahier des charges ait choisi un standard supérieur sur un sujet qui déchaîne autant de passion, s’offusque Xavier Nassif, directeur général de l’Institut Pasteur de Lille (IPL). Nous sommes une fondation scientifique. Si nous avons répondu à l’appel d’offres, c’est avant tout pour aider le débat public. Mais dès lors que notre impartialité est remise en cause, travailler dans la sérénité n’était plus possible. Les études étaient discréditées avant même qu’elles commencent ! Quel qu’aurait été le résultat, on aurait travaillé pour rien alors qu’on avait le projet le plus abouti. »

Cela aurait donc motivé le retrait. Accentué par le fait que « l’IPL n’avait ici qu’un intérêt limité. Pour la simple et bonne raison que le financement de l’Anses suffisait à peine à couvrir les coûts du projet déposé ».

Le directeur général de l’IPL se défend d’avoir reçu des pressions d’où qu’elles viennent. Et balaie l’argument de favoritisme : « L’Anses a fait appel à six experts reconnus sur ce dossier pour bâtir son cahier des charges. C’est un nombre suffisant sachant qu’on n’a qu’un nombre limité d’experts possibles en France. »

Un avis partagé par le directeur général de l’Anses, Roger Genet, lors de son audition devant la mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate, qui s’est tenue jeudi matin : « Le vivier d’experts et de laboratoires en toxicologie est extrêmement réduit en France. Nous aurions pu choisir nous-même les laboratoires, comme nous le faisons parfois. Mais nous avons préféré lancer un appel d’offres au niveau international pour élargir ce vivier. »

« Liés à des membres du groupe d’étude »

Le nombre de réponses à l’appel d’offres, bien que rédigé en anglais et diffusé à l’international, est décevant : seulement quatre projets, dont deux consortiums comptant dans leurs rangs au moins un des experts ayant participé à la rédaction de l’appel d’offres.

« On s’est retrouvé dans une situation que l’on regrette : les deux consortiums étaient liés à des membres du groupe d’étude. Et un seul répondait clairement à la commande. […] Ça a donc été un choix par défaut. » Celui mené par l’IPL.

L’Anses dit se trouver régulièrement dans ce genre de situation. L’agence avait poussé la volonté de transparence jusqu’à demander une déclaration d’intérêt aux porteurs de projets. « Ce n’est pas ce que l’on fait habituellement en France. » Et cela pour contrôler d’éventuels liens avec l’industrie phytosanitaire. « Il n’y a aucun lien majeur et encore moins de lien d’intérêt entre ces consortiums et l’industrie phytosanitaire, réaffirme Roger Genet, contrairement à ce que relève Libération. Et ce ne sont pas eux qui sont financés mais leurs laboratoires qui sont en capacité de produire les données recherchées. »

Différence entre lien d’intérêt et conflit d’intérêts

Le directeur de l’Anses regrette les « attaques ad hominem contre des experts, y compris sur leur intégrité et leur déontologie, et qui n’osent pas porter plainte pour diffamation ».

Et le directeur général de l’Anses de contre-attaquer : « Il y a souvent une confusion, plus ou moins sciemment entretenue, entre lien d’intérêt et conflits d’intérêts. Si on cherche un expert qui n’a jamais été en contact avec un industriel, qui n’a jamais participé à un congrès sponsorisé par un industriel, mais on n’aura plus aucun expert, aucun scientifique. On se tire une balle dans le pied alors que, [en France] on est déjà beaucoup plus exigeant que nos voisins européens. On a des plateformes scientifiques ouvertes aux secteurs industriels. Le sponsoring, le mécénat alimentent la recherche publique, les fondations. Cela veut donc dire que plus aucun laboratoire ne pourrait contribuer à l’expertise publique ? »

Comité de déontologie de l’Anses

En ce qui concerne le comité de déontologie de l’Anses, qui aurait démissionné pour conflit avec la direction de l’agence, Roger Genet est très clair : « Il n’y a pas eu de contradiction avec l’agence. » Son président l’aurait informé en janvier qu’il ne souhaitait pas continuer en raison d’un surcroît de travail de son côté.

Les dissensions au sein d’un comité de déontologie « peuvent exister » mais « elles traduisent les questions, les disputes de la société, sur les pesticides comme sur d’autres. Il peut y avoir des tensions ». Ce comité serait en cours de reconstitution puisque les quatre membres manquants ont été sélectionnés et attendent leur nomination par le gouvernement.

Avec le retrait du consortium, il ne reste donc plus dans la barque de l’Anses que le Circ, dont la position sur le glyphosate depuis 2015 est qu’il serait cancérigène : en contradiction avec les avis des différentes agences sanitaires européennes. Cela ne laisse donc qu’une seule voix au chapitre sur ce dossier. Dommage.

Source OUEST FRANCE.

NASH : la maladie du soda ou maladie du foie gras humain….!!!!

La NASH est un acronyme anglais pour désigner une stéato-hépatite non alcoolique.

Elle est aussi appelée maladie du soda ou maladie du foie gras humain.

NASH : la maladie du soda ou maladie du foie gras humain

La maladie du soda était une pathologie inconnue du grand public jusqu’à ce que le journaliste sportif Pierre Ménès révèle qu’il en était atteint au début de l’année 2017.

Le vrai nom de cette maladie est la NASH, un acronyme anglais pour désigner une stéato-hépatite non alcoolique. Il s’agit d’une inflammation du foie liée à une surcharge de graisse de cet organe. En cause : une mauvaise alimentation et une consommation excessive de sucres, d’où son surnom de « maladie du soda » ou encore de « maladie du foie gras« .

Dans la NASH, l’accumulation de graisses – appelée stéatose – dans le foie s’accompagne d’inflammation et de lésions cellulaires identiques à celles causées par une hépatite alcoolique. Pourtant, l’alcool n’est pas à mettre en cause. Cette maladie survient chez des personnes souffrant d’obésité, de diabète ou d’hypertension artérielle. Environ un malade sur cinq atteint de NASH développe à terme une cirrhose et un risque potentiel de cancer du foie.

La difficulté de cette maladie, c’est qu’elle n’engendre pas de symptômes propres. Et quand les premiers signes comme la fatigue, la jaunisse, les oedèmes ou les hémorragies digestives apparaissent, il est souvent trop tard. La NASH est déjà installée.

Les prises de sang, l’imagerie… permettent de repérer les anomalies dans le foie. Mais ces examens ne suffisent pas à établir le diagnostic de NASH. Le seul moyen efficace de diagnostiquer la maladie est la biopsie hépatique.

NASH : une maladie sans traitement

Aujourd’hui, aucun traitement n’existe pour soigner la maladie du soda. Même si une quarantaine de molécules sont évaluées dans le cadre d’essais thérapeutiques. L’une d’elle pourrait être commercialisée d’ici 2020.

En attendant, seule une activité physique régulière et un régime hypocalorique empêchent la maladie de progresser. Des consignes simples mais pas toujours évidentes à suivre.

La stéatose hépatique non alcoolique ou NASH, ou « maladie du soda » causée par une surcharge en graisses des cellules du foie, entraîne des anomalies hépatiques qui, dans certains cas, peuvent donner lieu à des cirrhoses et nécessiter une transplantation du foie.

Pierre Ménès a été victime de cette maladie. Greffé du foie et du rein, il raconte son combat dans son livre intitulé « Deuxième mi-temps. Témoignage » (ed. Kero). Il était l’invité du Magazine de la santé le 13 avril 2017.

Source ALLO DOCTEURS.

Cancer du sein triple négatif… ?

Qu’est-ce qu’un cancer du sein triple négatif ? Quelles sont ses particularités ?

Cancer du sein triple négatif... ?

Qu’est-ce qu’un cancer du sein triple négatif ? Quelles sont ses particularités ?

L’expression « triple négatif » signifie que l’analyse faite au laboratoire sur une biopsie ou après ablation de la tumeur mammaire montre que les cellules tumorales ne surexpriment ni des récepteurs aux hormones œstrogènes et progestérones ni le récepteur HER2. On parle aussi de carcinomes mammaires infiltrant « triple négatif », ce qui signifie que les cellules tumorales ont envahi le tissu mammaire en profondeur : elles peuvent rester localisées au sein et aux ganglions de l’aisselle, ou entraîner une dissémination à d’autres organes, on parle alors de métastases. Par rapport aux autres tumeurs du sein, les métastases concernent plus fréquemment le foie et le poumon du fait de leur plus grande diffusion via la circulation sanguine que via le système lymphatique. Les cancers du sein triple négatifs sont donc généralement plus graves que les autres formes de cancers du sein. Le cancer du sein triple négatif compte pour environ 12 à 17 % de l’ensemble des cancers du sein. Ces cancers frappent plus fréquemment des femmes plus jeunes, âgées de moins de 40 ans, et peuvent être liés à des prédispositions génétiques, en particulier des mutations des gènes BRCA1/2.

Le diagnostic du cancer du sein triple négatif

Ce type de cancer plus agressif est moins facilement détectable via le dépistage généralisé, qui préconise une mammographie tous les deux ans à partir de 50 ans. Se développant rapidement, il s’agit souvent de cancer d’intervalle (qui survient entre deux contrôles) ou qui intervient chez des femmes pas encore concernées par ce dispositif. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) mammaire pourrait être la modalité d’imagerie la plus précise pour le diagnostic du cancer du sein triple négatif, car elle montre des caractéristiques de tumeurs malignes qui peuvent ne pas être repérées en utilisant la mammographie ou l’échographie. Si le radiologue décèle une anomalie, votre médecin peut demander la réalisation d’une biopsie, c’est-à-dire le prélèvement d’un fragment de la zone suspecte. Son analyse est réalisée par un médecin spécialiste des tissus. Si celui-ci reconnaît une tumeur au microscope, il réalisera d’autres tests pour la caractériser, comme la recherche de récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone et de HER2 en surnombre. Lorsque ces tests sont tous négatifs, il s’agit d’un cancer triple négatif. Selon l’apparence des cellules et l’étendue de la tumeur, le médecin évalue l’avancement du processus tumoral. Combinée aux observations cliniques, cette évaluation permet aux médecins de classer la tumeur avec un grade de O à IV, en fonction duquel ils choisiront le protocole de soins.

TRAITEMENT

Généralement, on a souvent recours à la chirurgie pour traiter le cancer du sein triple négatif. La première étape consiste donc à enlever chirurgicalement les cellules cancéreuses. Selon la taille de la tumeur et de votre sein, le chirurgien décidera une ablation totale ou partielle de celui-ci, ce qu’on appelle une chirurgie conservatrice. Quand la tumeur est plus grosse et ne permet pas de conserver une zone suffisante de tissus sains, le chirurgien réalise l’ablation totale du sein, et doit également retirer une partie ou la totalité de la chaîne ganglionnaire de l’aisselle, du côté du sein atteint. Après la chirurgie, on recourt le plus souvent à la chimiothérapie, pour s’assurer qu’il ne reste pas de cellules cancéreuses dans l’organisme.  On recourt à des chimiothérapies « classiques », car ces tumeurs sont « chimiosensibles » et parfois « chimiocurables ». Ce qui veut dire qu’elles réagissent à la chimiothérapie; mais étant très instables sur le plan génétique, elles trouvent au bout d’un certain temps des parades pour résister à ces composés. Ces tumeurs sont plus souvent détectées à des tailles importantes. On a ainsi plus souvent recours à une chimiothérapie néo-adjuvante, c’est-à-dire une chimiothérapie administrée durant 6 à 8 cycles avant la chirurgie pour réduire la taille de la tumeur et ainsi permettre un traitement conservateur. Dans certains cas, la tumeur va être complètement éradiquée par la chimiothérapie néo-adjuvante, ce qui est de très bon pronostic et nous incite à privilégier cette séquence thérapeutique pour des raisons biologiques. Le pronostic de cette prise en charge dépend de la taille de la tumeur et de la présence ou non de métastases. Pour ces tumeurs, les récidives interviennent quasi exclusivement dans les 5 ans suivant la chirurgie. S’il n’y a pas de rechute durant cette période, on considère la patiente comme guérie. Au terme de la chimiothérapie, dans certains cas, les médecins conseillent de poursuivre le traitement avec des séances de radiothérapie, au cours desquelles une machine irradie la zone opérée. Cet article a été rédigé en collaboration avec le Dr Sebban Eric est chirurgien gynécologue et cancérologue à la Clinique Hartmann ainsi que chef de pôle de chirurgie gynécologique à l’hôpital Américain. Il est aussi cofondateur de l’Institut Rafaël, un centre de médecine intégrative et maison de l’après cancer.  Pour plus d’informations : https://www.docteur-eric-sebban.fr/

 

BIBLIOGRAPHIE :

  1. Le cancer du sein «triple négatif» – Freres (1), J. Collignon (2), C. Gennigens (2), I. Scagnol (3), A. Rorive (2), A. Barbeaux (4), P.A. Coucke (5), G. Jérusalem (2)
  2. Tumeurs triple négatives du sein : facteurs pronostiques et prédictifs S. ZILBERMAN *, M. BALLESTER, C. BEZU, E. DARAÏ, R. ROUZIER (Paris)

Une nouvelle molécule capable de freiner les cellules cancéreuses ?….

C’est le début d’une approche prometteuse. Des chercheurs de l’Institut génétique et développement de Rennes ont trouvé une molécule qui pourrait freiner la prolifération des cellules, notamment cancéreuses.

Des tests probants ont été réalisés sur des animaux.

Christelle Benaud, chercheuse dans l’équipe UMR6290-IGDR Cytosquelette et prolifération Cellulaire de l’université Rennes 1.

 

Ce n’est que le début, mais nos premiers résultats sont concluants, explique Christelle Benaud, chercheuse à l’Institut génétique et développement de Rennes. Nous avons réussi à développer une molécule capable de freiner la division cellulaire. Une avancée majeure qui a fait l’objet d’une publication, le 6 avril, dans la revue de référence internationale Journal of Cell Science .

Pour se diviser, une cellule doit réorganiser son cytosquelette, composé de microtubules, précise la chercheuse. Ça lui permet de dupliquer son matériel génétique à l’identique. Un phénomène aujourd’hui bien connu et qui est à la base de la vie. Or, en collaboration avec des chercheurs italiens, nous avons identifié une molécule dérivée des benzodiazépines, capable d’agir sur un régulateur des microtubules et de freiner cette duplication.

Cibler les cellules cancéreuses

Une découverte qui intéresse la recherche contre le cancer, qui a financé une partie des travaux. Aujourd’hui, le principe de la chimiothérapie est d’injecter des médicaments qui vont empêcher la division des cellules cancéreuses, mais aussi de toutes les autres cellules du corps. Ce qui entraîne notamment les effets secondaires, poursuit Christelle Benaud. Notre découverte pourrait permettre de ne cibler que les cellules cancéreuses.

Christelle Benaud a mené des expériences concluantes sur des mouches drosophiles. « On a pu constater, grâce à un système d’imagerie, un très fort ralentissement de la division cellulaire. Une potentielle nouvelle approche thérapeutique, qui pourrait offrir de nouvelles solutions sur des cancers très difficiles comme le glioblastome du cerveau.

Angers : atteinte d’un cancer de grade 3, la CPAM la prive de ses indemnités longue maladie en plein confinement…

L’affaire est à peine croyable. Elise est âgée de 33 ans. Elle est atteinte d’un cancer du sein, grade 3 et la CPAM du Maine-et-Loire l’a privée de ses indemnités longue maladie pendant le confinement.

Fabien Daniel, son époux, est révolté. Il pousse un coup de gueule sur les réseaux sociaux.

Elise entouré de ses trois fils, Milo, 20 mois, Léo,11 ans, Noa 13 ans et de son mari, Fabien Daniel. / © DR Fabien Daniel

Fabien annonce d’entrée de jeu la couleur. Il n’a pas l’habitude d’exposer ses états d’âme et de raconter sa vie privée sur les réseaux sociaux. Il n’aime pas se faire plaindre, ce n’est pas franchement son genre.

Mais aujourd’hui ce mari « en colère et dégouté » ne sait plus quoi faire. Alors, le 14 mai dernier, pour faire bouger les choses, alerter l’opinion publique et les politiques, il a poussé un gros coup de gueule sur les réseaux sociaux. Les internautes sont nombreux à avoir réagi.

Un cancer du sein grade 3, diagnostiqué en juillet 2019

L’histoire douloureuseuse commence en juillet 2019. Elise, 31 ans, apprend la terrible nouvelle. Elle est atteinte d’un cancer du sein triple négatif, de grade 3. Une sale maladie qui ne présage rien de bon. A cette époque, la jeune femme est en congé parental pour s’occuper de Milo, son fils de 10 mois.

Le médecin qui la suit décide de la mettre en arrêt « pour affection longue maladie », raconte Fabien. Elle est donc indemnisée par l’assurance maladie. Croyant bien faire et en toute bonne foi, la jeune maman, stoppe son congé parental auprès de la CAF, d’autant que sa fatigue physique l’empêchait de s’occuper de son petit garçon.

S’en suivent de longues séances de chimio trés lourdes jusqu’en janvier 2020.

« A ce stade de la maladie, elle ne va pas très bien, elle essaie de faire bonne figure, pour ne pas nous montrer qu’elle allait mal », se souvient Fabien. Elise continue coûte que coûte à donner le change. Son époux, lui, travaille, alors sa belle-mère prend le relai à la maison pour aider.

« Elise ne tenait plus debout, elle avait des vertiges en passant l’aspirateur. C’était compliqué mais ma femme faisait face. Tout le monde se disait quelle force, quel courage. Les gens ne se rendaient pas compte de son état extrêmement dégradé. Moi, si je lui demandais même de m’en parler, de me le dire… », poursuit Fabien.

Fabien est prêt a tout pour soutenir sa femme Elise. Son souhait : alerter l'opinion publique et les politiques. / © DR Fabien Daniel

Pendant un temps, après ce parcours médical épuisant, Elise se repose. Puis elle est opérée en février 2020. On lui enlève cette sale tumeur. Mais le combat n’est pas fini.

Elle doit enchaîner avec 33 séances de radiothérapie. En mai 2020, le plus dur semble passé, Elise est physiquement très faible mais c’est une battante. Elle continue à ne rien laisser entrevoir de ses souffrances, pour préserver les siens. Dans son entourage, tout le monde sait qu’elle est malade « mais certains peinent à le croire tellement, elle sourit « , raconte son époux.

La CPAM lui réclame un trop perçu de 8 500 euros

Personne ne l’aurait imaginé mais le combat ne s’arrête pas. La CPAM, a réétudié son dossier, comme c’est de coutume . « Une commission se réunit tous les six mois pour faire le point sur les dossiers », explique Fabien Daniel. « Ma femme a donc fourni des papiers, réuni des pièces. Cela a traîné un peu parce qu’il y a eu des incompréhensions et des échanges un peu compliqués entre l’assurance maladie et l’employeur ».

Deux mois plus tard, la décision tombe, inacceptable, insupportable pour le couple. Quinze jours après le début du confinement, le téléphone sonne.

A l’autre bout du fil, une salariée de la CPAM annonce à Elise « qu’elle ne sera plus indémnisée pour sa longue maladie parce qu’elle a mis fin à son congé parental. Pire :« elle doit rembourser les sommes perçues depuis le début  » A savoir, près de 8 500 euros. « Pour l’instant, nous sommes totalement bloqués. Tant que nous n’avons pas reçu la notification par courrier, on ne peut rien faire. Nous avons contesté par mails, on a nous a répondu qu’il fallait attendre », se désole Fabien.

Avec le confinement, évidemment ça a traîné un petit peu. On ne peut rien faire, on attend toujours. Mon épouse ne touche plus aucune indemnité. Moi j’ai pris des jours pour qu’elle puisse se soigner tranquillement. Pour nous financièrement là c’est très dur – Fabien Daniel

« C’est dégueulasse et totalement injuste, on lui a dit : il ne fallait pas faire ça madame, il fallait rester en congé parental », s’emporte Fabien. Elise, de son côté, ne lâche pas. Elle tient bon, il faut dire qu’elle en a vu d’autres ces derniers mois. « Elle a même envisagé de reprendre son travail d’opératrice téléphonique. Son médecin a refusé net. Elle est encore imunodéprimée. Pour lui, il serait quasi suicidaire de recommencer une activité en pleine crise sanitaire avec le covid-19 qui circule. », poursuit Fabien.

« Je suis révolté en colère, mais pas résigné. Comme ma femme le dit, c’est presque pire que de se battre contre la maladie – Fabien Daniel »

« Moi, je travaille, il faut tout gérer, le dossier à monter, les cours à la maison, le petit, les grands qui ne se rendent pas toujours compte de la situation. Eux, ils vivent leur vie d’enfants, c’est normal. Ma femme est usée, fragile mais combative », raconte Fabien Daniel.

La CPAM saisit un médiateur

Contactée, la CPAM du Maine-et-Loire nous a répondu par mail.

 » La caisse primaire d’Assurance Maladie se doit de respecter la confidentialité des situations qu’elle traite. Il ne nous appartient donc pas d’entrer dans le détail du dossier d’un assuré, autrement qu’avec lui », écrit François Dujardin, directeur adjoint de la CPAM du Maine-et-Loire.

« Ce que nous pouvons dire sans contrevenir à ce principe, c’est que le dossier a été traité conformément à la réglementation. Toutefois, cette assurée connait une situation particulière, et par conséquent, nos services examinent actuellement son dossier. Le médiateur, dont le rôle est d’analyser la situation dans sa globalité et avec neutralité, a été saisi. L’objectif est de pouvoir aboutir à une solution acceptable par les deux parties. La CPAM de Maine-et-Loire reste attentive aux situations sensibles et les accompagne, cela fait partie de ses missions », précise François Dujardin.

Une cagnotte et 42 000 partages

Si Fabien ne demande ni aumône ni pitié, l’histoire d’Elise a beaucoup ému sur les réseaux sociaux. Le post de Fabien a été partagé 42 000 fois en trois jours  Il a reccueilli 9 000 témoignages de soutien. Sa mère, contre son gré, a pour sa part lancé une cagnotte. 4 000 euros ont déjà été récoltés.

« Nous nous sommes rendus compte que nous n’étions pas seuls dans cette situation scandaleuse. Nous allons écrire au Ministre de la Santé, à notre député, au Président de la République s’il le faut ! Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire modifier cette loi car il y a un vide juridique qui laisse tant de malades sans ressources », conclut Fabien.

Aujourd’hui, Elise a fini son traitement mais elle est suivie régulièrement. Les dernières analyses sont bonnes, plus aucune trace de la tumeur. Prudents, les médecins lui ont tout de même signifié qu’elle n’était toujours pas « sortie d’affaire ».

Coronavirus : 28 millions d’interventions chirurgicales annulées à travers le monde….

Les hôpitaux ont reporté un grand nombre d’actes afin de faire face à l’accueil des patients atteints du Covid-19.

Coronavirus : 28 millions d’interventions chirurgicales annulées à travers le monde. Illustration

  • D’après une étude, 28 millions d’opérations chirurgicales ont dû être reportées ou annulées dans le monde, en raison de l’épidémie de coronavirus.
  • La plupart des hôpitaux ont annulé leurs actes pour se concentrer sur les malades du Covid-19 et éviter de déplacer d’autres patients.
  • Les hôpitaux comme celui de Rennes doivent désormais rassurer leurs patients pour reprogrammer les actes reportés.

Leur opération était prévue, parfois de longue date, mais ils ont dû attendre. Des millions de patients ont vu leur acte chirurgical être déprogrammé en raison de l’épidémie mondiale de coronavirus​. D’après une étude menée par le groupe CovidSurg Collaborative et révélée par le CHU de Rennes, le Covid-19 aurait engendré le report de plus de 28 millions d’interventions chirurgicales à travers le monde.

Pour obtenir ce chiffre, le consortium s’est basé sur une interruption de 12 semaines de l’activité hospitalière, au profit de l’accueil des malades du Covid-19. Le chiffre est édifiant : 28,4 millions d’interventions programmées ont été reportées, voire annulées. D’après cette étude de modélisation publiée dans le British Journal of Surgery, chaque nouvelle semaine d’interruption des services hospitaliers entraînerait 2,4 millions de nouvelles annulations.

Les chercheurs de l’université de Birmingham chargés de l’étude se sont basés sur les informations communiquées par les chirurgiens de 359 hôpitaux situés dans 71 pays. Selon eux, 72,3 % de la chirurgie programmée pourrait être annulée durant la période critique de l’épidémie.

Opérations retardées pour des malades du cancer

Le domaine d’intervention le plus touché serait l’orthopédie avec 6,3 millions d’actes annulés. Mais ce qui inquiète les chirurgiens, ce sont les reports d’interventions oncologiques pour des malades du cancer. La projection des chercheurs envisage un report de 2,3 millions d’actes à travers le monde. Si l’on prend l’exemple du Royaume-Uni, cela représenterait 36.000 actes annulés.

Au CHU de Rennes, qui coordonnait la publication de cette étude en France, ce sont environ 2.000 actes qui ont dû être reportés en raison de l’épidémie de coronavirus. Les médecins ont pu retrouver le chemin des blocs depuis lundi. « Il faut éviter les pertes de chances pour les patients », prévenait le professeur Gilles Brassier, président de la commission médicale d’établissement du CHU rennais.

« Des pathologies diagnostiquées à un stade très tardif »

Les professionnels ont dû convaincre la population, réticente à l’idée de venir à l’hôpital. « Dans beaucoup de disciplines, nous avons vu des pathologies diagnostiquées à un stade très tardif ». Par crainte du virus, des personnes ayant subi un infarctus ou souffrant d’une appendicite n’ont pas consulté. « Nous avons fait face à des taux de complication qui n’existaient plus. Les conséquences peuvent être graves », estime le professeur Brassier.

Source 20 MINUTES.