Le travail des accompagnants scolaires fait le bonheur des jeunes en situation de handicap…

Fabien a 10 ans.

Handicapé moteur depuis son plus jeune âge, il peut compter sur le soutien de Mylènne Bertrand, son accompagnante scolaire.

Fabien Tilly doit sa progression à son agent de vie scolaire, qui a su canaliser son attention et son trop-plein d’énergie.

Dix-sept enfants en situation de handicap sont inscrits dans l’ensemble des écoles de la commune, dont sept aux Villes-Moisan. Ils sont accompagnés par cinq accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Ces AESH, même s’ils souhaitent rester dans l’ombre, se considèrent comme les « oubliés » de la crise sanitaire.

Audrey Le Roux, mère de Fabien Tilly, 10 ans, en CM2 à l’école des Villes-Moisan, témoigne de l’efficacité des AESH et rappelle ô combien leur travail aux côtés de ces jeunes est précieux. « Fabien est accompagné par Mylènne Bertand depuis trois ans. Sans elle, il aurait du mal à suivre une scolarité normale. Elle sait le recadrer lorsque, parfois, il relâche son attention ».

« Tous mes progrès, c’est grâce à Mylènne »

À six mois, le jeune Ploufraganais est diagnostiqué d’une infirmité motricité cérébrale. Un handicap qui n’effraie pas le principal intéressé. « Fabien déborde d’énergie, souligne sa mère. Ses trois sœurs ne lui font pas de cadeaux mais de son côté, il a du répondant. Cet éveil, c’est le résultat d’un travail de groupe avec son AESH et ses camarades de classe. Il est bien intégré et apprécié de tous les élèves ».

Et ce petit a un caractère bien trempé. « Tous mes progrès, c’est grâce à Mylènne. Elle m’encourage ». Lui veut devenir historien et s’intéresse « à tous les événements du passé ». « J’ai même suivi les épisodes sur la vie du Général De Gaulle », lâche fièrement Fabien. Rien n’échappe à celui qui aurait aimé faire du foot pour les mal marchant, à Ploumagoar. « Cela n’a pas pu se faire à cause d’un manque de joueurs ». Reste que Fabien, a pu se tester avec les activités proposées par le Comité départemental handisport le 28 octobre. « J’ai pu faire plusieurs activités dans la journée. J’ai apprécié cette animation, avec la pratique du tir à l’arc, de la boccia et du basket ».

Source LE TELEGRAMME.

 

Les accompagnants d’enfants atteints de handicap dénoncent leurs conditions de travail…

Les AESH, accompagnants d’enfants en situation de handicap, se sont rassemblés samedi 17 octobre, dans l’après-midi à Dijon.

Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées place de la Libération à Dijon.

Un rassemblement en signe de protestation contre la précarisation grandissante de leur profession, et pour réclamer plus de reconnaissance.

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi 17 octobre, place de la Libération, à Dijon. Des accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) se sont réunis pour dénoncer leurs conditions de travail, et réclamer plus de reconnaissance. Ils étaient accompagnés de représentants syndicaux, de professeurs et de parents d’élèves.

Une précarisation grandissante

Tout commence avec une circulaire éditée au mois de juin 2019 par le ministère de l’Education Nationale, dans le but d’une reconnaissance et valorisation du travail des AESH. Une bonne nouvelle, au premier abord, mais qui a dégénéré au fil des mois. La circulaire promettait une reconnaissance sur le temps de travail des AESH, notamment lors des tâches connexes « qui sont autres que l’accompagnement physique de l’élève, à l’école« , selon Françoise Lyon, professeure des écoles et co-secrétaire de la Fédération FSU.

« Le souci c’est que cette reconnaissance n’a pas vraiment eu lieu, ici. Nous avons des AESH qui travaillent en moyenne une heure de plus hebdomadaire et par enfant, pour un même salaire » explique Françoise Lion. Les accompagnants sont contraints de cumuler plusieurs emplois pour boucler les fins de mois difficiles. 

C’est le cas Guy Vial. Il a 60 ans, et s’occupe de quatre enfants. Pas le choix, quand un seul ne suffit pas pour boucler les fins de mois. « C’est vraiment difficile, parce qu’il faut adapter les emplois du temps des quatre enfants, et ça donne des puzzles impossibles ! » confie-t-il. Guy Vial est AESH depuis 8 ans maintenant, et a rejoint cette profession par conviction. « On court toute la journée entre tous les établissements… Et avec quatre enfants, on a moins de temps à leur consacrer individuellement, et impossible de leur accorder le temps qu’ils méritent » conclut-il.

Un travail de fond impossible

Les AESH accompagnent physiquement à l’école les enfants atteints de handicap, mais ils font également du travail individuel avec eux. C’est-à-dire qu’ils revoient les leçons, refont les exercices ensemble pour favoriser l’assimilation des cours. Mais plus on a d’enfants, moins on a de temps à leur consacrer en tête à tête. 

Une inquiétude que les parents d’enfants atteints de handicap partagent. Marc Thiellet est père d’un garçon de 13 ans, atteint d’une maladie génétique rare, une maladie dont il est aussi atteint. En en tant que personne concernée, il s’inquiète des conditions de travail des AESH. « Nos enfants ne sont pas des sous-élèves. Ils ont le droit à l’éducation au même titre que n’importe qui, et si on veut réussir l’intégration de nos enfants, il faut du personnel formé, compétent et surtout considéré ! » s’insurge-t-il.

Pour lui, cette considération passe aussi par une rémunération à hauteur de leur travail. Un travail qu’ils font avec les enfants, mais aussi avec les parents. « Tous les parents n’ont pas les mêmes capacités pour épauler leurs enfants. Pour ceux qui ont ces capacités, c’est déjà difficile… Mais pour les parents qui ne les ont pas, ils ont forcément besoin d’aide, et si les AESH ne peuvent pas aller au bout des choses, on ne s’en sortira pas » conclut-il.

Au printemps dernier, les représentants syndicaux ont pu rencontrer Fadila Khattabi, députée de la 3e circonscription de la Côte d’Or. « Elle nous a reçus, et écoutés » explique Françoise Lyon. Fadila Khattabi a rédigé une question à l’attention du Parlement, pour le moment restée sans réponse.

Source FRANCE BLEU.

Handicap : dans la Manche, « il manque environ 150 accompagnants scolaires »…

Dans la Manche, comme dans d’autres départements, les Accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) ne sont pas assez nombreux.

Pour quelles raisons ?

Dans le département de la Manche, il y aurait un manque de 150 AESH en cette rentrée scolaire 2020.

Qu’est-ce qu’un Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) ?

Crée dans le cadre de la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, l’Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) répond aux besoins d’enfant ou d’adolescent qui requièrent une attention soutenue pendant la scolarité, de la primaire au collège. Le but étant de favoriser l’autonomie, sans se substituer à l’enseignant.

Il existe trois types d’AESH. Le premier, à titre mutualisé, permet l’accompagnement de plusieurs élèves, simultanément ou successivement ; à titre individuel, lorsque l’aide mutualisée ne permet pas de répondre aux besoins d’accompagnement de l’élève ; à titre collectif, un accompagnement des élèves orientés en Unités localisés pour l’inclusion scolaire (Ulis) à l’école, au collège, en lycée général et technologique ou professionnel.

Pour être AESH, il est indispensable de suivre une formation de soixante heures, dispensée par l’Éducation nationale. Depuis la rentrée 2019, chaque AESH bénéficie d’un contrat d’une durée de trois ans renouvelable une fois, avec la possibilité d’obtenir, à terme, un contrat à durée indéterminée.

Comment sont attribués les AESH ?

Pour qu’une AESH soit attribuée, il faut d’abord qu’un enfant en soit inscrit à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), qui instruit un dossier pour l’attribution d’un accompagnant. Puis, c’est à la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de décider d’une notification.

« Cette décision se prend à la suite d’un vote. Une équipe pluridisciplinaire se réunit pour ça. L’Éducation nationale a une voix sur 23, explique François Chenal, conseiller technique pour l’école inclusive auprès de la rectrice. Le premier tiers des voix correspond aux conseillers départementaux, le deuxième tiers aux représentants d’associations de parents d’enfants en situation de handicap et le troisième correspond aux différentes instances, Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), Caisse d’allocations familiales (CAF) et des représentants syndicaux. »

La CDAPH fait savoir à la famille la décision. Si une notification d’AESH est envoyée aux parents, c’est à l’Éducation nationale de trouver un accompagnant. Dans le cas contraire, la famille a le droit d’effectuer un recours en cas de désaccord.

Les AESH sont ensuite attribués en fonction du lieu et des besoins de l’enfant. « Des Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) ont été mis en place dans tout le département, cette année, pour redonner aux directeurs d’école et aux inspecteurs la responsabilité des accompagnements », explique François Chenal.

Combien d’enfants disposent d’une notification dans la Manche ?

« Dans le département, 2 200 enfants sont en situation de handicap et 1 350 enfants sont accompagnés », ajoute François Chenal. Dans une lettre ouverte, le Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles (SNUIPP) et les Professeurs d’enseignement général de collège (PEGC), affilié à la FSU, soulignent un manque de 150 AESH dans le département.

Pour quelles raisons le département manque-t-il d’AESH ?

François Chenal reconnaît que l’Éducation nationale a « des difficultés de recrutement. Il y a un problème de ressource et de calendrier, car les notifications tombent en fonction des besoins des enfants. Il y a aussi eu un retard dans les formations pour les AESH à cause de la crise sanitaire. »

Mais, selon Sandrine Aubry, trésorière du syndicat FSU, « ce sont plutôt des moyens budgétaires qui posent problème. Nous sommes un département qui se prétend pourtant inclusif à 100 %, mais il n’y a pas de moyens. » Le métier d’AESH est aussi peu reconnu et valorisé. Dépendants de l’Éducation nationale, « les accompagnants ne sont pas fonctionnaire et leur salaire reste faible. Pour un temps partiel, 24 heures par semaine, il est de 750 € net par mois. »

Source OUEST FRANCE.

 

LE + INFO : Les accompagnants d’enfants atteints de handicap dénoncent leurs conditions de travail…

Les AESH, accompagnants d’enfants en situation de handicap, se sont rassemblés ce samedi 17 octobre, dans l’après-midi à Dijon.

Un rassemblement en signe de protestation contre la précarisation grandissante de leur profession, et pour réclamer plus de reconnaissance.

Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées place de la Libération à Dijon.

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi 17 octobre, place de la Libération, à Dijon. Des accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) se sont réunis pour dénoncer leurs conditions de travail, et réclamer plus de reconnaissance. Ils étaient accompagnés de représentants syndicaux, de professeurs et de parents d’élèves.

Une précarisation grandissante

Tout commence avec une circulaire éditée au mois de juin 2019 par le ministère de l’Education Nationale, dans le but d’une reconnaissance et valorisation du travail des AESH. Une bonne nouvelle, au premier abord, mais qui a dégénéré au fil des mois. La circulaire promettait une reconnaissance sur le temps de travail des AESH, notamment lors des tâches connexes « qui sont autres que l’accompagnement physique de l’élève, à l’école« , selon Françoise Lyon, professeure des écoles et co-secrétaire de la Fédération FSU.

« Le souci c’est que cette reconnaissance n’a pas vraiment eu lieu, ici. Nous avons des AESH qui travaillent en moyenne une heure de plus hebdomadaire et par enfant, pour un même salaire » explique Françoise Lion. Les accompagnants sont contraints de cumuler plusieurs emplois pour boucler les fins de mois difficiles. 

C’est le cas Guy Vial. Il a 60 ans, et s’occupe de 4 enfants. Pas le choix, quand un seul ne suffit pas pour boucler les fins de mois. « C’est vraiment difficile, parce qu’il faut adapter les emplois du temps des quatre enfants, et ça donne des puzzles impossibles ! » confie-t-il. Guy Vial est AESH depuis 8 ans maintenant, et a rejoint cette profession par conviction. « On court toute la journée entre tous les établissements… Et avec quatre enfants, on a moins de temps à leur consacrer individuellement, et impossible de leur accorder le temps qu’ils méritent » conclut-il.

Un travail de fond impossible

Les AESH accompagnent physiquement à l’école les enfants atteints de handicap, mais ils font également du travail individuel avec eux. C’est-à-dire qu’ils revoient les leçons, refont les exercices ensemble pour favoriser l’assimilation des cours. Mais plus on a d’enfants, moins on a de temps à leur consacrer en tête à tête. 

Une inquiétude que les parents d’enfants atteints de handicap partagent. Marc Thiellet est père d’un garçon de 13 ans, atteint d’une maladie génétique rare, une maladie dont il est aussi atteint. En en tant que personne concernée, il s’inquiète des conditions de travail des AESH. « Nos enfants ne sont pas des sous-élèves. Ils ont le droit à l’éducation au même titre que n’importe qui, et si on veut réussir l’intégration de nos enfants, il faut du personnel formé, compétent et surtout considéré ! » s’insurge-t-il.

Pour lui, cette considération passe aussi par une rémunération à hauteur de leur travail. Un travail qu’ils font avec les enfants, mais aussi avec les parents. « Tous les parents n’ont pas les mêmes capacités pour épauler leurs enfants. Pour ceux qui ont ces capacités, c’est déjà difficile… Mais pour les parents qui ne les ont pas, ils ont forcément besoin d’aide, et si les AESH ne peuvent pas aller au bout des choses, on ne s’en sortira pas » conclut-il.

Au printemps dernier, les représentants syndicaux ont pu rencontrer Fadila Khattabi, députée de la 3e circonscription de la Côte d’Or. « Elle nous a reçus, et écoutés » explique Françoise Lyon. Fadila Khattabi a rédigé une question à l’attention du Parlement, pour le moment restée sans réponse.

Source FRANCE BLEU.

Dans la Manche, 80 élèves handicapés attendent toujours leur accompagnant…

Un mois après la rentrée, il manque encore des AESH, les Accompagnants d’élèves en situation de handicap, dans les écoles de la Manche.

Une situation mal vécue par les familles.

La Manche compte près de 800 accompagnants AESH.

Dans la Manche, 1330 élèves en situation de handicap bénéficient cette année d’une aide par un AESH (autrefois appelé AVS). Or depuis la rentrée, près de 80 d’entre eux n’ont pas l’accompagnement spécifique auxquels ils ont droit, alors que leur dossier est à jour et qu’ils se sont vus attribuer un nombre d’heures d’aides.

« Nous étudions des possibilités pour que ça puisse évoluer favorablement dans les jours prochains » assure François Chenal, conseiller technique sur l’école inclusive au rectorat à Caen.

J’ai l’impression qu’on le laisse sur le bord de la route

Des familles se retrouvent désemparées et en colère. C’est le cas de Sophie Fourmond, de Baudre, à côté de Saint-Lô. Son fils de 8 ans, Lucas est en CE2. Il a un handicap moteur et un retard dans les apprentissages. Il bénéficie depuis deux ans d’une AESH, une aide mutualisée à mi-temps. Mais cette année, personne !

De plus en plus d’élèves aidés

Pour l’inspection académique de la Manche, la situation est « assez similaire aux années précédentes » car le nombre d’élèves aidés augmente plus vite que les moyens accordées au département. « Nous avons tous les ans une augmentation du nombre de notifications d’accompagnement pour des élèves en situation de handicap. C’est une hausse significative de  près de 10% cette année« .

Elle reconnait des difficultés de gestion, de recrutement, des difficultés géographiques aussi au regard de l’étendue du département pour limiter les déplacements des AESH et « placer la bonne personne au bon endroit, en fonction de ses formations« .

Nous devons nous adapter en permanence. C’est un travail cousu main, que nous faisons habituellement en juin, juillet mais que la crise sanitaire ne nous a pas permis de faire de manière optimale, explique François Chenal.

Source FRANCE BLEU.

Les accompagnants des élèves en situation de handicap, « les grands oubliés de l’Éducation nationale »…

Les accompagnants des élèves en situation de handicap, « les grands oubliés de l’Éducation nationale »

En France, les AESH assurent des missions d’aide aux élèves en situation de handicap. Bordelais, Sébastien Cazaubon veut alerter sur les difficultés et la précarité de ce métier.

Les accompagnants des élèves en situation de handicap, « les grands oubliés de l’Éducation nationale »

Son combat sera long, compliqué. Sébastien Cazaubon, 39 ans, le sait. Mais il ne lâchera pas l’affaire, quitte à récolter les mauvais points auprès de sa hiérarchie. Originaire de Bordeaux (Gironde), l’homme a un objectif très clair: se battre pour que son métier, AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap) soit revalorisé, (enfin) connu et reconnu à sa juste valeur.

En France, ils sont environ 100 000 AESH. Leur vocation: favoriser l’autonomie de l’élève en situation de handicap (moteur, troubles « dys »…) sans se substituer à l’enseignant.

« On est vraiment un outil dans la trousse des élèves suivis. On est vraiment les acteurs de l’inclusion scolaire », dit-il, au téléphone.

Sébastien Cazaubon est AESH depuis janvier 2019.

Au départ, Sébastien n’était pas vraiment dans ce domaine. Lui a bossé une dizaine d’années dans la restauration, débutant à la plonge pour terminer comme cuistot. Il y a sept ans, ce célibataire, sans enfant, tombe gravement malade. On lui détecte un lymphome (un cancer du système immunitaire). Résultat : chimio pendant six mois et une nouvelle « façon de voir la vie. »

« Je me suis retrouvé dans un situation où je ne savais plus quoi faire. Je n’étais plus le même. Mon organisme avait pris un sacré coup. »

Avec Pôle Emploi, cet habitant des Landes tombe sur un diplôme d’État intitulé « Accompagnant éducatif et social ». Ça le botte. La formation dure un an avec plusieurs stages à effectuer dans l’univers du médico-sociale. Une fois son diplôme en poche, il postule, guère confiant, pour un poste d’AESH dans un collège, situé à Mont-de-Marsan.

« Je n’avais pas fait de stage dans le domaine de l’inclusion scolaire. Je voulais bien essayer. Finalement, je suis tombé amoureux de ce métier, moi qui a eu un parcours scolaire très compliqué avec de très mauvais souvenirs. »

« Psychologiquement, c’est dur »

Il démarre son job en janvier 2019 en accompagnant deux collégiens. Sébastien découvre les joies de ce métier. Comme la possibilité de les voir progresser au fil des mois, au fil d’une relation de confiance qui se tisse progressivement.

Bon attention, tout n’est pas tout rose, non plus. Loin de là. Les difficultés, importantes, sont quotidiennes :

« Psychologiquement, c’est dur. Il faut aussi être d’une concentration extrême. Les élèves sont très imprévisibles: on peut passer des journées très calmes comme des journées très très compliquées avec des crises. »

Et puis il faut parler des déconvenues, des « incohérences », des « injustices ». Celles que l’on n’étudie pas en formation, que l’on découvre sur le terrain. Comme le statut des AESH. « Du grand n’importe quoi », résume Sébastien, direct comme un uppercut.

« Aujourd’hui, nous avons un contrat de trois ans renouvelable une fois, avant d’être (ou non) en CDI. On a aucune sécurité de l’emploi. On est agent contractuel et non fonctionnaire. On ne peut rien prévoir, faire aucun projet. Par exemple, l’an dernier, j’ai dû changer de voiture et ça a été la croix et la bannière pour obtenir un crédit. »

Obligé de cumuler trois emplois pour s’en sortir

Sur le plan financier, le salaire est dérisoire. C’est bien simple, l’an passé, l’homme touchait 780 euros par mois pour 25 heures de travail hebdomadaire. Pour la nouvelle année scolaire, il ne connait toujours pas le nombre d’heures qu’il va effectuer. Ni le nombre d’enfants suivis. Il devrait probablement le découvrir « lors de la pré-rentrée. »

« Vous savez, j’ai déjà eu cinq ou six avenants sur mon contrat initial depuis janvier 2019. Je ne suis pas à l’abri de faire moins d’heures. »

Aujourd’hui, Sébastien Cazaubon doit cumuler trois emplois pour arriver à se tirer difficilement 1 100 euros à la fin du mois « avec un nombre d’heures pas possible. » Il s’occupe, en parallèle, d’enfants autistes. D’autres AESH changent carrément de métier, s’effondrent et tombent en dépression.

« Le ministère de l’Éducation nationale doit envoyer un message fort »

L’homme n’élude rien et entame ce combat pour la reconnaissance de cette profession. Contre « sa précarisation. » Il s’interroge :

«  »Comment voulez-vous qu’on accompagne un élève en situation de handicap, alors que les AESH sont eux-mêmes en situation de vulnérabilité », s’interroge-t-il.

Pour lui,

« Le ministère de l’Éducation nationale doit envoyer un message fort avec une revalorisation de nos salaires. De nos jours, il est impensable de voir que le salaire moyen d’un AESH se situe entre 600 et 800 euros. Nous souhaitons des temps plein. En France, seulement 1% des AESH en CDD sont en temps plein et 4% en CDI (1). Au final, nous sommes les grands oubliés de l’Éducation nationale, les « fantômes » du ministère, tellement que nous sommes invisibles. » »

Source ACTU BORDEAUX.

Déconfinement. Élèves handicapés : retour en classe impossible ?…

Ils font partie des écoliers prioritaires pour la reprise des cours ce mardi 12 mai, d’après le gouvernement.

Mais appliquer les mesures barrières est très compliqué pour eux et leurs accompagnants.

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sont dans l’attente d’un protocole sanitaire.

 Je n’ai pas eu le choix, l’école d’Ylhann ne veut pas l’accueillir !  Sophie, agente administrative et maman solo, ne décolère pas. Son garçon autiste de 5 ans, qui était scolarisé en moyenne section en Loire-Atlantique, ne reviendra pas en classe.

Comme tout élève en situation de handicap, il fait pourtant partie des écoliers prioritaires pour le retour à l’école dès le 12 mai, après deux mois de confinement, selon le ministère de l’Éducation nationale.

 Dire que leur retour est sur la base du volontariat, c’est faux, peste Sophie. J’ai reçu un refus d’accueil de la maîtresse, car le respect des gestes barrières est impossible.  Un témoignage loin d’être isolé parmi les parents d’élèves handicapés.

La distanciation imposée par le protocole sanitaire pour lutter contre le coronavirus est difficile à appliquer avec des enfants autistes ou atteints de troubles de l’attention. Or, le document ne précise pas le travail des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH, anciennement AVS).

« Morts de trouille »

 On est en extrême proximité avec l’élève, explique Hélène Élouard, représentante du collectif AESH CGT Éduc’action.Pour lui parler doucement, calmer ses peurs ou sa colère, guider sa main, le porter parfois… 

Depuis une semaine, elle reçoit près de  200 messages par jour  de la part d’AESH.  Rien n’est prêt pour la reprise. Mes collègues sont morts de trouille.  La secrétaire d’État chargée du handicap, Sophie Cluzel, a promis un protocole sanitaire spécifique. Mais il se fait attendre…

Lors du confinement, certains AESH ont pu télétravailler en visioconférence quand ils avaient des outils personnels, mais beaucoup n’ont reçu aucune directive lors des huit semaines. Et souvent, ils n’ont pas été conviés aux réunions de prérentrée.  On leur dit juste d’apporter leur propre masque, car les stocks sont insuffisants , relate Hélène Élouard, qui rappelle que les AESH, rémunérés au Smic à temps partiel, gagnent en moyenne 750 € par mois.

« Inextricable, révoltant »

Enfin, cette reprise a un goût amer pour beaucoup d’AESH, car des établissements veulent leur confier d’autres tâches.  On les fait revenir, même si leur élève n’est pas là, pour surveiller des couloirs, des groupes d’élèves, en accompagner aux toilettes, nettoyer les poignées de portes… Rien à voir avec leur fiche de poste ! , s’indigne Thomas Hardy, du syndicat Snes-FSU d’Ille-et-Vilaine.

Une situation  inextricable  que déplore la maman d’Ylhann :  Quand je pense à notre combat pour obtenir ses 12 heures d’accompagnement hebdomadaire pour que finalement notre AESH fasse du ménage, c’est révoltant ! On va devoir repartir à zéro pour que mon fils soit accepté en septembre… 

Source OUEST FRANCE.

“On est les grands oubliés” – Familles d’enfants handicapés, enseignants et AESH s’inquiètent du retour à l’école…

Un protocole sanitaire a été transmis aux écoles, en vue du retour progressif des élèves en classe le 12 mai prochain, en pleine crise du coronavirus.

Ce protocole prend-il en compte les élèves en situation de handicap ?

Pour les familles, les enseignants et les accompagnants, la réponse est non.

ILLUSTRATION. Les "grands oubliés" du retour à l'école seraient-ils les enfants en situation de handicap ? Aucune information n'a véritablement été donnée les concernant... Pour les parents qui peinent à les occuper à la maison, pour les enseignant(e)s et les AESH, la colère monte. / © IP3 PRESS/MAXPPP

Deux petits mots seulement, dans un énorme dossier de 54 pages. « Handicap » n’apparaît qu’à deux reprises dans le « Protocole sanitaire » pour la réouverture des écoles maternelles et élémentaires. 54 pages de conditions à remplir, de conseils donnés par le ministère de l’Education nationale pour une rentrée en sécurité.

L’une concernant « l’arrivée et le départ de l’école… conditionnés à une étude préalable des possibilités d’adaptation du transport scolaire y celui compris des élèves en situation de handicap. »
Deux pages plus loin, le protocole précise qu’une « attention particulière doit être apportée aux élèves en situation de handicap pour leur permettre (…) de réaliser les gestes barrières et de distanciation par une pédagogie, des supports, ou le cas échéant un accompagnement adaptés. » C’est en page 9, puis plus aucune information concernant les élèves en situation de handicap.

Des gestes barrières impossibles à respecter

Alors nous avons téléphoné à certains IME (Institu Médico-Educatif), pour savoir comment la reprise s’organiserait. Mais le téléphone a sonné dans le vide. « En attente des consignes de l’ARS » nous a-t-on répondu. Le syndicat départemental de l’Yonne de la FA (Fédération Autonome de la Fonction Publique Territoriale) déclare n’avoir à ce jour « aucune information concernant les enfants en situation de handicap et leurs accompagnateurs. » Le retour à l’école se fera progressivement pour tous les élèves. Un retour qui s’effectuera à compter du 12 mai, sous d’infinies conditions : par niveau, selon la carte de déconfinement du ministère de la Santé, si le département est en vert, si les directeurs d’école décident de rouvrir leurs établissements, si les parents sont volontaires…

Si les classes rouvrent, les gestes barrières devront être appliqués : nombre limité d’enfants par classe, distance d’au moins 1 mètre entre chaque élève, lavage des mains plusieurs fois par jour, sans matériel collectif, entre autres. Pour des enfants « lambdas », c’est envisageable. Mais pour des enfants en situation de handicap, c’est impossible.

Elise, une enseignante en classe ULIS (Unités Localisées pour L’Inclusion Scolaire) nous le confirme. « Ils comprennent pourquoi on leur demande de respecter certaines règles. Mais ce sont des enfants qui mettent leurs doigts à la bouche et qui ont surtout besoin du contact avec les autres. » Mais du vrai contact, celui où on se touche, on se sent, on s’enlace et on s’embrasse.

Nathalie est AESH (Accompagnant(e) des élèves en situation de handicap) est en charge d’un petit garçon autiste. Elle rappelle que « ce sont des enfants très particuliers, qui n’ont pas tous la pratique du langage. Leur seule façon de s’exprimer c’est le contact physique. Moi quand il me voit le matin, il me prend dans ses bras, il me sent partout… Comment on tient la distance d’1 mètre 50 entre nous ? » Oui comment fait-on ? Même avec des masques, des gants, comment un(e) AESH peut s’occuper d’un élève, l’aider dans son travail, l’aider à s’habiller, à aller aux toilettes, si une distance doit être installée entre eux ? « Ils touchent à tout aussi. On fait plein d’activités avec ces enfants. Et puisque tout le matériel doit être désinfecté, on va devoir tout désinfecter ? Vous imaginez le temps qu’on va y passer ? » C’est impossible, clairement. Une autre enseignante en classe ULIS, évoque la possibilité d’une boîte individuelle de jouets et de matériel pour chaque élève… Encore faut-il avoir tout le matériel nécessaire.

Ces nouvelles règles risquent de perturber les enfants en situation de handicap. « Quand on leur dit qu’ils vont pouvoir retourner à l’école, ils s’attendent à retrouver l’école d’avant. » Nous avons contacté plusieurs familles d’enfants handicapés qui nous confirment toutes leur fort désir de retrouver « les copains, la maîtresse, la classe ». Mais Elise rappelle que « ces enfants ont parfois du mal à gérer la frustration. S’ils ne peuvent pas se toucher, pas nous prendre dans leur bras, ils vont être encore plus frustrés. »

Les parents d’élèves de la classe ULIS téléphonent tous les jours à Elise, « mais je n’ai pas plus d’information qu’eux. » A part ce protocole… « Qui est le même que pour les autres enfants » déplore Nathalie, l’AESH. « (Jean-Michel) Blanquer et (Sophie) Cluzel disent que la réouverture des écoles doit favoriser l’accueil des enfants en difficulté. Mais rien n’est vraiment fait pour eux. »

A Dijon, Alain est le papa de Léo, 8 ans et porteur de trisomie 21. Lui a suivi l’école à raison de 2 à 3 heures par jour avec son papa, cartable sur le dos, « comme en vrai ». Tout s’est très bien passé et les échanges avec la maîtresse ont été réguliers. Ces échanges ont d’ailleurs conduit à la décision de ne pas remettre Léo à l’école ces prochaines semaines. « Ca dépendra de l’évolution, mais pour l’instant, c’est difficile d’expliquer à Léo qu’il doit garder ses distances, qu’il ne peut pas bouger ou aller voir ses copains. » Alors la maîtresse continuera de fournir le travail à la maison. « C’est une question de confort pour elle… Même si elle n’a que 12 élèves dans sa classe, ça risque d’être ingérable » s’inquiète Alain. « Un accompagnement adapté » disait le protocole c’est ça ?

Les AESH iront bien, eux, à l’école

Rien n’a été vraiment pensé pour les AESH non plus. Ce sont ces personnes qui, quotidiennement, accompagnent les élèves en situation de handicap. Là-aussi nous avons fait une recherche par mot-clé dans le protocole sanitaire du gouvernement. Aucune occurence des mots « AVS » et « AESH ». On y parle seulement d’ « agents ». Nathalie s’inquiète de n’être rappelée que pour nettoyer les espaces… « Nous avons la seule consigne de nous présenter dans les écoles même si nos enfants accompagnés n’y sont pas. » Elle s’indigne de la faible reconnaissance de l’Education nationale pour le travail des AESH. « Pour 750 euros par mois, on se demande si ça vaut vraiment le coup qu’on prenne ces risques… » Mais si ces AESH ne se présentent pas à l’école, qui s’occupera spécifiquement et individuellement des enfants en situation de handicap ? Personne. Alors ces accompagnants retourneront près des enfants, masqués et gantés, si les écoles ont tout le matériel…

Donc à ce jour, aucune information vraiment claire pour ces enfants en situation de handicap ni pour leurs familles. Les municipalités n’ont pas encore toutes décidé de la réouverture de leurs établissements… Alors les conditions de retour des enfants en situation de handicap, ça viendra plus tard. Même chose pour l’ARS qui ne communique pas sur le sujet. « Vous savez ce que ça dit de notre société ? Les -enfants- handicapés sont, comme d’habitude, les grands oubliés. »

Un cauchemar à la maison pour les parents d’enfants handicapés

L’indignation a gagné les foyers. Dans l’hypothèse où le retour à l’école serait encadré, « adapté » pour les élèves handicapés, les familles s’interrogent encore. C’est le dilemme. Prendre « le risque » de les renvoyer en classe ? Ou celui de continuer parfois à vivre « un cauchemar » à la maison ?

Tous les enfants en situation de handicap ne sont pas invivables, bien évidemment. Mais il y a des situations qui restent difficiles à vivre. A Buxy, en Saône-et-Loire, nous avons pris des nouvelles de Milivia, maman d’Esteban, autiste sévère non-verbal. « Ce confinement est une catastrophe pour lui. On fait face à une grande phase de régression ». Esteban fait des crises, n’a aucune patience, toutes ses émotions sont décuplées, tout devient obsessionnel… « On frôle la folie. On ne dort plus que 3 heures par nuit. »
La continuité des soins a été suspendue. Alors même si le SESSAD (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile) et les éducateurs prennent des nouvelles par téléphone, ça ne change rien. « On n’a pas de répit en fait. C’est d’un soutien physique dont on a besoin. » Alors le retour à l’école, même deux heures par semaine, ne serait-ce pas un moyen de se reposer ? « Non… Ce serait inconscient de ma part d’envoyer un petit garçon autiste à l’école maternelle. Il ne supportera pas les règles sanitaires. »

Et puis ce retour à l’école n’est peut-être pas une bonne idée. Milivia souligne qu’elle ne pourra pas une fois de plus déstabiliser son fils. « Il n’aura plus de repère. On ne peut pas le mettre à l’école, l’en retirer, puis le remettre en lui demandant de respecter des gestes barrières. » Milivia s’angoisse.
Elle ne préfère pas penser à la suite et décide de vivre au jour le jour. « Mais pour moi, le confinement il va durer jusqu’en septembre» Elle ne sait pas comment son fils va être pris en charge par le SESSAD quand les soins seront de nouveau autorisés… « Ils parlent d’allègement. Mais déjà que c’était léger jusqu’à maintenant, je me demande bien comment ils vont faire. » La maman, à bout de souffle, évoque une grande souffrance psychologique. « Je ne sais pas combien de temps je tiendrai et surtout, si je tiendrai. »

2 heures de répit en 50 jours

A quelques kilomètres de là, à Gergy, toujours en Saône-et-Loire, Véronique est confinée avec son fils de 14 ans, aussi autiste sévère. Inscrit en IME, il ne sait toujours pas quand il pourra y retourner. « Ils attendent qu’on fasse une dépression ? » s’interroge Véronique. Elle aussi arrive au bout de ce qu’elle peut faire et supporter. « On aurait dû avoir des moments de répit ». En 50 jours de confinement, Véronique n’a pu avoir que 2 heures pour souffler, pendant lesquelles son fils a été pris en charge à plusieurs dizaines de kilomètres de chez elle. Entre le trajet aller et le retour, la maman a eu seulement le temps d’aller faire ses courses. « Vous appelez ça du répit vous ? » Pas vraiment non.

Véronique qui s’était arrêtée de travailler pour s’occuper de son fils, avait enfin retrouvé un emploi. Elle avait même plusieurs propositions. « Mais vous comprenez, j’ai dû leur dire que comme je n’avais aucune info pour le 11 mai (pour le retour à l’école), je ne pouvais pas retourner travailler. » Elle s’inquiète aussi des conditions de retour. « Pas tant au niveau sanitaire, parce que je sais que l’IME fera tout son possible pour que les gestes barrières soient respectés. » Même si Véronique doute que Lucas réussisse à garder son masque toute la journée… Mais elle fait surtout face à un problème de transport. « Ils ne pourront peut-être pas prendre tous les enfants en charge ».

« On nous laisse avec les enfants » nous souffle Véronique. « On survit » ajoute Milivia. Leurs enfants tournent en rond, sont de plus en plus violents, ne comprennent plus la situation.
Pour elles, le retour à l’école n’est plus la solution pour apaiser la situation… Parce qu’elles n’ont aucune information. Ou en tout cas, elles ne leur parviennent pas.

« On ne peut pas les faire rentrer dans des cases. C’est évident qu’ils ne sont pas comme tous les autres et qu’on ne pourra pas leur faire respecter toutes les règles. Mais ça fait huit semaines qu’on nous oublie. Comme d’habitude » concluent des parents, en colère, épuisés, désarmés.

Source FR3.

« Il ne suffit pas d’envoyer des exercices pour qu’un élève autiste s’en saisisse »…!

Conseiller technique ASH (adaptation scolaire et scolarisation des élèves handicapés) auprès du recteur d’académie, Julien Roche orchestre le suivi scolaire à distance des quelque 10 000 élèves concernés sur les quatre départements comtois. Interview.

« Il ne suffit pas d’envoyer des exercices pour qu’un élève autiste s’en saisisse »

Dans quelle mesure la difficulté de la continuité pédagogique est-elle accrue s’agissant des quelque 10 000 élèves handicapés qui relèvent de l’adaptation scolaire dans l’académie de Besançon ?

Il y a déjà le statut d’élève qui était pour certains à consolider en permanence dans la relation éducative. Cette relation pédagogique étant mise à mal par la distance, le suivi éducatif est rendu plus complexe. Sans compter les difficultés d’autonomie vis-à-vis de l’outil numérique. Il ne suffit pas d’envoyer des exercices pour qu’un élève autiste puisse s’en saisir ou qu’un élève non-lecteur en situation de handicap puisse accéder aux apprentissages.

Vous venez d’évoquer l’autisme. Y a-t-il des pathologies particulièrement pénalisées par ce confinement ?

La prégnance est plus forte pour tous ceux qui souffrent de troubles psychiques, les élèves débordants du point de vue du comportement pour qui la période de confinement peut être plus difficile encore à vivre. Et tous ceux qui sont des élèves en situation de décrochage scolaire potentiel. Les principaux obstacles étant le manque d’équipements numériques, le manque d’autonomie dans l’utilisation de ces outils, et parfois aussi le manque d’accompagnement familial.

Quels sont les moyens mobilisés et comment le lien est-il maintenu avec ces élèves handicapés ?

Nous avons accentué notre stratégie et notre accompagnement des équipes enseignantes sur deux aspects fondamentaux : savoir ce qu’il se passe derrière l’écran et l’envoi de documents, afin d’accompagner au mieux les familles dans le suivi du travail ; et surtout un maintien du lien avec chaque élève. Avec une mobilisation des équipes sur tous les outils à disposition : le téléphone à raison d’un contact avec chaque famille une à deux fois par semaine. Selon les lieux de l’académie, ce sont les enseignants, enseignants spécialisés, avec l’appui des accompagnants scolaires. L’objectif premier étant que ces élèves soient toujours dans un statut d’élève. Il s’agit de briser l’isolement. Et ce lien qui perdure entre les enseignants et les élèves en situation de handicap est très apprécié des familles.

Une initiative emblématique en la matière ?

Nous avons conduit ces quinze derniers jours une expérimentation avec une équipe d’enseignants pour essayer de reconstruire des lieux collectifs par le biais d’audioconférences. Il s’agissait de donner rendez-vous aux élèves sur trois temps hebdomadaires, en début, milieu et fin de semaine. Le but étant de rompre l’isolement et faire en sorte que les élèves ne soient symboliquement pas exclus d’un processus collectif. On a vu fleurir beaucoup de ressources pédagogiques, il y a des choses formidables… mais le maintien coûte que coûte d’un lien symbolique collectif et, osons le mot, affectif avec des équipes enseignantes, préfigure d’un bon retour à l’école quand le moment sera venu. La préconisation est vraiment de maintenir le lien. Encore plus pour eux que pour d’autres élèves. C’est comme cela que l’on arrivera à construire l’après.

Source EST REPUBLICAIN.

« Julie ne peut pas avancer aussi vite que ses camarades » : pour les élèves handicapés, l’école à la maison vire au casse-tête…

Depuis la fermeture des établissements scolaires, pour cause d’épidémie de coronavirus, les parents d’élèves handicapés se retrouvent seuls avec leurs enfants, avec souvent des ressources scolaires inadaptées.

L'école à la maison concerne tous les élèves français depuis le 16 mars.

Depuis la fermeture de tous les établissements scolaires le 16 mars, pour ralentir la propagation du Covid-19, tous les élèves français suivent un enseignement à distance. L’école à la maison n’est souvent pas une situation facile pour les enfants comme pour les parents. Et c’est encore plus le cas pour les enfants handicapés, qui bénéficiaient à l’école d’un accompagnement spécifique, notamment avec des auxiliaires de vie scolaire (AVS).

Pour Christine et sa fille de 11 ans, Julie, qui souffre d’importants troubles de l’apprentissage, l’école à la maison c’est un défi quotidien. L’accompagnant qui aide normalement Julie n’est plus là, et les cours à distance ne sont pas adaptés. « Quand elle est en classe, Julie a des polycopiés particuliers, plus espacés, avec des lettres plus grosses, explique Christine. Là ce n’est pas du tout le cas, elle reçoit les mêmes cours que les autres enfants en termes de forme. Julie est très inquiète, elle voit qu’elle ne peut pas avancer aussi vite que ses camarades. »

Plus de prise en charge par des spécialistes

Pour les handicaps plus lourds, c’est la prise en charge par les professionnels qui manque vraiment. Caroline s’inquiète pour sa fille Louise, 5 ans, atteinte de trisomie 21. « En temps normal, Louise a deux séances d’orthophonie par semaine, une séance de psychomotricité et une séance de kinésithérapie, détaille sa mère. Évidemment, les professionnels ne peuvent pas travailler en ce moment, donc on essaie à la maison de faire des petits jeux mais c’est très compliqué. Les séances peuvent vite virer à des moments de frustration, de colère de part et d’autre. »

Et Caroline s’interroge déjà sur le retour en classe, car il faudra du temps à Louise pour se réadapter après cette longue pause. Le conseil scientifique a préconisé mardi 24 mars un confinement d’une durée de 5 à 6 semaines, qui durerait jusque fin avril-début mai.

Source FRANCE INFO.