Déconfinement et maladies cardiovasculaires : une cardiologue lilloise craint “une bombe à retardement”…

Le cri d’alarme d’une cardiologue lilloise. Claire Mounier-Vehier, cheffe de service au CHU de Lille, voit arriver, depuis le début du déconfinement, de nombreuses patientes qui n’ont pas consulté jusqu’ici, de peur d’attraper le coronavirus.

Aujourd’hui, les conséquences sont terribles.

Claire Mounier-Vehier, professeure de cardiologie au CHU de Lille, voit arriver des patientes avec des complications. Pour elle, c'est une conséquence directe de la crise du coronavirus.

Et si les dégâts collatéraux de l’épidémie de Covid-19 étaient plus graves que le virus en lui-même ? La cheffe de service de l’Institut cœur poumon du CHU de Lille, la professeure de cardiologie Claire Mounier-Vehier, lance aujourd’hui un appel aux femmes : ne négligez pas vos symptômes.

Les maladies cardiovasculaires tuent 200 femmes par jour en France. Pendant le confinement, les consultations en cardiologie ont chuté, car les patientes préféraient ignorer leurs symptômes plutôt que de se rendre à l’hôpital, par peur du coronavirus. “Les gens ne venaient que quand vraiment, ils avaient l’impression qu’ils allaient mourir“, résume Claire Mounier-Vehier.

“On a l’impression de revenir à la préhistoire de la cardio”

Aujourd’hui, les médecins voient arriver des femmes dans des états critiques. “Si un infarctus n’est pas pris en charge dans les trois heures, le muscle cardiaque est mort. Les infarctus catastrophiques, qu’on voyait dans le temps où on ne soignait pas la cardiologie, on en reçoit un à deux par semaine en ce moment. Donc en fait, c’est une bombe à retardement. On a l’impression de revenir à la préhistoire de la cardio“.

La cardiologue veut donc inciter les patients à consulter : “il faut que les gens comprennent qu’à l’hôpital, c’est hyper sécurisé. On a divisé par deux les consultations présentielles, pour nettoyer les salles entre chaque patient“. Avant le déconfinement, la moitié des lits de cardiologie seulement étaient occupés.

“C’est un véritable cocktail pour provoquer des accidents cardiaques”

La période de confinement, puis de déconfinement, est “ultra critique” pour les femmes selon le Professeur Mounier-Vehier. “Les femmes sont plus sensibles que les hommes aux facteurs de risques classiques. Pendant le confinement, elles ont vécu la sédentarité, elles ont moins bien mangé, probablement plus fumé pour les fumeuses. Il y a eu un stress lié au télétravail ou à la précarité. Il faut aussi faire l’école à la maison pour les enfants, et s’occuper de la maison. C’est un véritable cocktail pour provoquer des accidents cardiaques“.

Certains symptômes, souvent associés entre eux, doivent alerter les femmes, ils sont différents de ceux des hommes, et méconnus :

  • un essoufflement pour des efforts de la vie quotidienne
  • des palpitations
  • une sensation de douleur thoracique
  • des difficultés à digérer, impression d’indigestion
  • un sentiment d’angoisse

Ce seront les dégâts collatéraux du Covid

Si on ressent tout ou partie de ces symptômes, un seul réflexe : appeler le 15. “Il vaut mieux le faire pour rien, que de ne pas appeler“, recommande Claire Mounier-Vehier, “car on risque de payer très cher le non dépistage, ou le soin pris avec retard. Ce seront les dégâts collatéraux du Covid“.

Claire Mounier-Vehier vient de lancer la fondation Agir pour le cœur des femmes, pour sensibiliser à ce risque cardiovasculaire, et informer. Une information basée sur la règle des 3A : Alerter, Anticiper, Agir.

Pour en savoir plus : la Fédération française de cardiologie Nord-Pas-de-Calais.

Source FRANCE BLEU

Un mois après avoir contracté le Covid-19, des malades toujours bien immunisés…

Les malades atteints d’une forme légère du Covid-19 sont-ils protégés contre une nouvelle infection ? Oui répondent l’institut Pasteur et le CHU de Strasbourg.

Ils ont pratiqué des tests sur des personnels soignants des hôpitaux universitaires de Strasbourg.

Un mois après avoir contracté le Covid-19, des malades toujours bien immunisés. 160 soignants des hôpitaux universitaires de Strasbourg ont été testés (illustration).

Un mois après avoir contracté une forme légère du Covid-19, les malades sont toujours bien immunisés contre une nouvelle infection, selon une étude menée par l’Institut Pasteur en partenariat avec le CHU de Strasbourg. France Inter en révèle les résultats ce mardi matin. Les tests ont été pratiqués sur 160 soignants de deux hôpitaux de Strasbourg (Bas-Rhin) atteints par le coronavirus. lls avaient développé des formes légères, sans aucune hospitalisation.

Un mois après la maladie, la présence des anticorps dans leur organisme est incontestable.On a retrouvé des anticorps chez la quasi totalité d’entre eux : 159, sur 160“, explique le professeur Arnaud Fontanet de l’Institut Pasteur qui a conduit cette étude. “Et, plus intéressant, on recherchait les anticorps neutralisants dont on sait qu’ils sont protecteurs contre, par exemple, une réinfection. Et là, à partir d’un mois, on en trouve chez 98% des personnes qui avaient été infectées par le SARS-CoV-2“, indique le chercheur.

“Très vraisemblablement, ces soignants sont protégés contre une réinfection”

Jusqu’ici, on ignorait quelle était la proportion d’individus qui développent des anticorps et si ces anticorps étaient protecteurs. “Le fait d’avoir des anticorps protecteurs un mois après le début des signes, laisse entendre que, très vraisemblablement, ils sont protégés contre une réinfection s’ils étaient à nouveau exposés au coronavirus“, précise le professeur Arnaud Fontanet.

La question est de savoir combien de temps va durer cette protection pour les personnes qui ont développé une forme légère ? “De quelques semaines à quelques mois“, estiment les chercheurs. C’est évidemment une bonne nouvelle même si elle ne s’applique qu’à peu de personnes en France.  On estime à 10% le taux de contamination dans les zones rouges les plus touchées (Grand Est et Ile-de-France) et seulement 2% dans l’Ouest.

Source FRANCE BLEU.

Coronavirus : Un quart des Français ne souhaiterait pas se faire vacciner contre le Covid-19 (si un vaccin est trouvé)…

Selon une étude publiée par « The Lancet », les personnes ayant un faible revenu feraient partie des plus méfiantes.

Coronavirus : Un quart des Français ne souhaiterait pas se faire vacciner contre le Covid-19 (si un vaccin est trouvé)

Les labos de la planète entière sont lancés dans la course pour tenter de trouver un vaccin contre le coronavirus. Mais quand bien même l’un ou plusieurs y parviendraient, il ne serait pas forcément bien accueilli en France. En effet, selon une étude publiée sur le site de la revue scientifique britannique The Lancet, plus d’un Français sur quatre (26 %) ne compterait pas se faire vacciner contre le Covid-19.

Le sondage a été réalisé par Internet auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, du 27 au 29 mars.

Les personnes âgées moins méfiantes

Toujours selon cette étude, des différences apparaissent parmi la population. Les personnes ayant un faible revenu, qui sont pourtant « généralement davantage exposées aux risques d’infection » selon les auteurs, sont plus nombreuses à ne pas vouloir se faire vacciner contre le coronavirus. Par ailleurs, les femmes âgées de 18 à 35 ans y sont aussi particulièrement opposées (36 %), elles qui ont pourtant « un rôle crucial concernant la vaccination des enfants ».

Autre enseignement, les personnes âgées de plus de 75 ans, parmi les plus à risques contre la pandémie, font partie des plus confiantes (22 % ne souhaiteraient pas se faire vacciner).

Une communication « cruciale »

Enfin, niveau politique, ce sont les personnes ayant voté pour un candidat d’extrême gauche à l’élection présidentielle de 2017 qui sont les plus méfiantes (32 %), de même que les personnes qui sont abstenues lors du scrutin (35 %).

Pour éviter un fort rejet du vaccin par la population française, les chercheurs cités par The Lancet jugent « crucial » que le gouvernement communique suffisamment tôt et de manière transparente concernant le vaccin. Si jamais il arrive.

Source 20 MINUTES.

Covid-19 : ces experts qui ne croient pas à une deuxième vague imminente…

Alors que les autorités sanitaires redoutent un relâchement dans les comportements qui pourrait rapidement conduire à une avalanche de nouveaux cas, des experts, certes minoritaires, expliquent qu’ils ne croient pas au risque d’un rebond, imminent ou pas.

Une équipe du Samu de la Moselle, particulièrement touchée par l'épidémie de Covid-19

Alors que le stress est maximum en ce week-end de l’Ascension et que les autorités s’inquiètent d’un relâchement généralisé qui pourrait conduire relativement vite à une multiplication des nouveaux cas, certains médecins estiment qu’une deuxième vague, si elle arrive, n’arrivera pas avant l’automne, d’autres vont même jusqu’à dire qu’elle n’arrivera jamais. Ils sont, certes, minoritaires, voire imprudents peut-être, car la prédiction est un art difficile, mais ils ont le courage de le dire. Sans provocation, mais parce qu’ils en sont convaincus. La tête de pont de ces optimistes est le professeur Didier Raoult, mais d’autres, beaucoup moins médiatiques et polémiques, ne sont pas loin de penser aussi que l’épidémie est derrière nous.

“On ne voit quasiment plus de patients Covid aux urgences”

Urgentiste à l’hôpital Avicenne de Bobigny, en Seine Saint Denis, le professeur Frédéric Adnet a vu défiler dans son service en mars/avril jusqu’à cent patients Covid par jour. Depuis début mai, il n’en voit quasiment plus un seul. D’après lui, tous les indicateurs sont au vert, et le virus, qui a pourtant frappé fort dans le département, n’y circule plus, en tout cas pour l’instant. “Il s’agit peut-être de l’histoire naturelle de cette épidémie, dit-il. On a aujourd’hui très peu d’appels et de passages pour Covid aux urgences, et les tests reviennent quasiment tous négatifs. Il y a peut-être aussi un effet de saisonnalité, mais en Seine-Saint-Denis, où l’on n’a jamais été très confiné car les conditions de vie des populations rendaient ce confinement difficile, il y a eu beaucoup, beaucoup de cas, mais aujourd’hui quasiment plus un seul. Je suis donc prudemment optimiste. Bien sûr qu’il ne faut pas baisser la garde et maintenir les gestes barrières, qui nous ont bien aidé, mais je ne crois pas à la menace d’une deuxième vague imminente, on l’aura peut-être cet hiver comme pour d’autres coronavirus, mais pour l’instant, tout se passe comme si l’épidémie était derrière moi”.

“Nulle part je ne vois de seconde vague dans le monde”

Plus radical, le professeur de physiologie, et directeur de l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (IRMES), Jean-François Toussaint. Pour lui, il n’y a de seconde vague nulle part dans le monde, donc pas de raison qu’il y en ait une en France. Dans un quart des pays touchés par au moins un cas de Covid, aucun n’a connu de nouvelle contamination ou de décès depuis plusieurs semaines, donc chez eux, la phase initiale de cette pandémie est bel et bien achevée. C’est vrai à Taiwan, en Nouvelle Zélande, en Albanie. Et en Europe, les foyers qu’on voit ici ou là ne sont que les dernières évolutions de la vague initiale qui s’achève. Si dans les pays d’Amérique du Sud, comme le Brésil, le Pérou ou le Chili, où l’épidémie est très forte en ce moment, on voit les chiffres fléchir dans les prochains jours, s’ils ne restent pas élevés pendant tout l’hiver austral et suivent la même évolution dynamique que chez nous, on pourra regarder l’avenir avec beaucoup d’optimisme”.

“L’épidémie se termine”

Pour Jean-François Toussaint, comme pour Laurent Toubiana, épidémiologiste et chercheur à l’Inserm, on se trompe de toutes façons depuis le début sur l’analyse de la dynamique de l’épidémie. D’après eux, le virus a commencé à circuler en France sans faire de bruit bien avant le mois de mars, peut-être même dès l’automne dernier. L’épidémie a ensuite frappé très fort et touché toutes les personnes qu’elle pouvait toucher, le virus n’aurait donc aujourd’hui quasiment plus personne à infecter.

“L’épidémie est donc derrière nous, elle est en train de se terminer” affirme Laurent Toubiana sans douter. Ce discours tranche singulièrement avec le discours ambiant, et les chiffres donnés récemment par l’Institut Pasteur. Dans une étude publiée le 13 mai dernier, des chercheurs de l’Institut estiment que seuls 4,4% de la population française (soit 3,7 millions de personnes) ont été contaminés au moment de la levée du confinement, c’est loin des 70% de la population qu’il faudrait atteindre pour espérer une immunité collective qui empêcherait le virus de se propager.

Laurent Toubiana ne croit pas à ce chiffre. D’après lui, une partie beaucoup plus large de la population a croisé le virus : il y a les asymptomatiques, qu’on n’a pas vus, il y a aussi des individus qui ne sont pas sensibles au virus. Ils ont été en contact avec lui, mais leur système immunitaire l’a rejeté, sans même qu’ils fabriquent des anticorps. “Ce sont des choses qui arrivent, tout le monde n’est pas égal. Vous avez des gens qui croiseront des patients infectieux sans jamais tomber malades eux-mêmes. C’est une hypothèse, mais c’est la base de mon raisonnement : la vague épidémique est passée, elle a été magistrale, elle a contaminé tout le monde, mais elle ne repassera pas car toutes les personnes qui devaient l’être ont déjà été touchées, l’épidémie touche donc à sa fin”.

Finalement, s’il y a une seconde vague, prévient Jean-François Toussaint (qui a toujours considéré le confinement comme une mesure très exagérée, infondée, voire dangereuse), elle sera d’abord sociale et économique, peut-être même sanitaire aussi, avec tous les malades non Covid ignorés pendant la crise. “Quand le Covid a tué un peu plus de 320 000 personnes depuis décembre, 28 millions de personnes dans le monde mouraient pour d’autres causes. Je pose la question : quelles sont les priorités ?”

Source FRANCE INTER.

Coronavirus : des symptômes de stress post-traumatique chez 30% des internes selon une étude…

Selon une étude publié ce vendredi par l’Insi (Intersyndicale nationale des internes), un interne sur trois présente des symptômes de stress post-traumatique depuis la crise du coronavirus. “L’épidémie a été très anxiogène pour les internes”, souligne l’Intersyndicale.

Un interne sur trois présente des symptômes de stress post-traumatique depuis la crise du coronavirus, selon une étude publiée par l'Intersyndicale nationale des internes (photo d'illustration).

Cauchemars, impression de ne pas arriver à faire face, ne pas pouvoir en parler, irritabilité, colère, anxiété, tristesse… Cette étude montre que ces symptômes sont très présents”, souligne l’Intersyndicale nationale des internes (Insi), inquiète de l’impact de l’épidémie “sur la santé mentale des internes“.

Un interne sur trois présente des symptômes de stress post-traumatique depuis la crise du coronavirus, selon une étude publiée vendredi par l’Intersyndicale. “L’épidémie a été très anxiogène pour les internes“, souligne l’Isni dans cette enquête, réalisée entre le 20 mars et le 11 mai auprès de 892 médecins en formation, via un questionnaire basé sur des outils utilisés dans les études de psychiatrie.

“Le manque d’encadrement, de tests de dépistage et de matériel de protection ont accru le stress de ces jeunes professionnels – Insi”

“L’arrivée d’un virus inconnu, la réalisation de nouvelles prise en charge de patients dans des états graves, la surcharge de travail, le manque d’encadrement, de tests de dépistage et de matériel de protection ont accru le stress de ces jeunes professionnels”, ajoute l’Isni.

Au total, 47,1% des personnes interrogées présentaient à la mi-mai des symptômes d’anxiété, soit 15 points de plus qu’en 2017. 29,8% montraient des symptômes de stress post-traumatique, et 18,4% des symptômes dépressifs.

Les internes en médecine, futurs médecins employés à l’hôpital dans le cadre de stages de fin de cursus, se sont retrouvés en première ligne ces dernières semaines face au coronavirus dans de nombreux établissements. D’après l’Isni, ils représentent actuellement 44% des médecins hospitaliers.

Source FRANCE BLEU.

Le coronavirus, un obstacle supplémentaire pour les personnes en situation de handicap…

Si les gestes-barrières et la distanciation physique complexifient le quotidien, ils constituent une difficulté supplémentaire dans la vie des personnes en situation de handicap, ainsi que pour leurs aidants.

Le coronavirus, un obstacle supplémentaire pour les personnes en situation de handicap © AFP

Pour la première fois depuis deux mois, Alain Duverneuil est sorti de chez lui. Jadis mal-voyant, il a totalement perdu la vue depuis quelques années et a dû apprendre à composer avec l’évolution de son handicap. Aujourd’hui, l’épidémie de Covid-19 complexifie encore son quotidien.

“Lorsqu’on est non-voyant, on a besoin d’être guidé. La recommandation est de tenir la personne qui nous guide par le coude… la distance d’un mètre recommandée n’est évidemment pas applicable.”

Résultat, depuis le début de l’épidémie, nombreuses sont les personnes aveugles qui se voient refuser les sorties avec les auxilliaires de vie. Et quand ils peuvent se rendre en ville, les difficultés sont accentuées en cette période particulière. C’est ce que constate Sophie Gatouillat-Léonnec, l’instructrice en locomotion qui a accompagné Alain lors de sa sortie :

“Le fait qu’il y ait moins de voitures, par exemple. C’est perturbant, car le bruit de la circulation est un repère sonore important.”

S’ajoute à cela l’aspect anxiogène de la compensation tactile : glisser sa main sur les boutons d’ascenceur, sur le clavier d’un distributeur de billet, etc. Autant de contacts qui peuvent s’avérer vecteurs de contamination. Alain Duverneuil comme son accompagnatrice l’assurent tous deux :

“Actuellement, faire de simples courses lorsqu’on est aveugle ou mal-voyant présente des difficultés considérables.”

Tous les handicaps concernés

À Saint-Félix-de-Villadeix, le foyer La Peyrouse accueille une quinzaine de résidents atteints de surdicécité (le cumul de deux handicaps : visuel et auditif). Une situation qui nécessite une communication tactile (une langue des signes par contact, comme l’explique cette page de l’Association nationale pour les personnes sourdaveugles). Le directeur-adjoint du foyer La Peyrouse, Olivier Auberger, reconnaît donc que ce contexte d’épidémie complique les choses : ” Bien évidemment, il faut continuer de communiquer avec ces résidents, et cela passe par le tactile. Le premier des gestes barrières, c’est le lavage des mains. Nous redoublons de vigilance, même si, déjà en temps normal, l’hygiène fait partie de la culture de notre établissement.”

En outre, les surfaces sont désinfectées, les activités sont divisées en petits groupes, les repas pris à distance. Des mesures ont aussi été prises pour qu’il y ait moins de rotations des personnels.

“L’autre problème, pour les personnes sourdes, c’est le masque : la langue des signes est appuyée par les expressions du visage.

L’Agence régionale de santé a informé récemment le foyer que des masques avec une “fenêtre” transparente sont en phase de test. Un outil qui pourra faciliter la communication avec les personnes sourdes ou malentendantes. En attendant, des visières en plastique transparent sont utilisées.

La difficulté des personnes avec handicap mental

Le foyer La Peyrouse dépend d’une grande association, l’APEI. Celle-ci accueille et accompagne près de 600 personnes en Dordogne, toutes en situation de handicap. Une quinzaine de résidences sont réparties sur le territoire, dédiées pour beaucoup au handicap mental. Olivier Martin, le directeur général de l’APEI, constate à quel point les mesures sanitaires et de distanciation affectent les personnes accompagnées.

“Leur quotidien est chamboulé : il n’y a pas eu de contact avec l’extérieur pendant deux mois, les soins de rééducation ont été suspendus, le contact avec la famille s’est fait à distance. C’est très difficile.”

Et le déconfinement ne règlera pas le problème du jour au lendemain. Pour le personnel, la pédagogie est de mise.

“Il faut expliquer de façon adaptée, et c’est compliqué. Il faut relativiser, ne pas être anxiogène, donner des perspectives… mais c’est difficile quand nous-mêmes ne savons pas comment la situation va évoluer.”

Heureusement, petit à petit, les sorties peuvent reprendre et les personnes travaillant dans un ESAT (établissement et service d’aide par le travail) vont pouvoir reprendre leur activité, et retrouver les interactions sociales.

Un plan de déconfinement dédié aux personnes handicapées

Afin que le déconfinement ne ressemble pas (trop) à un parcours du combattant pour les personnes présentant un handicap, le gouvernement travaille sur un plan de déconfinement spécifique. Les grandes lignes sont consultables sur ce site.

Le Secrétariat d’Etat chargé des personnes handicapées a mis en ligne récemment une fiche adaptée en FALC (Facile à comprendre), afin que chacun puisse, malgré le handicap, déterminer dans quelle mesure profiter du déconfinement. Elle est téléchargeable sur cette page.

Source FR3.

Les autorités commencent à recenser les professionnels de santé contaminés et décédés, en toute discrétion…

Le Gouvernement a longtemps affirmé qu’il ne souhaitait pas établir un décompte jugé “macabre” des professionnels de santé contaminés et décédés des suites d’un infection au Covid-19.

Pourtant, un recensement, encore très partiel, est discrètement tenu à jour sur le site de Santé Publique France.

Jawad, infirmier en réanimation, est au front de l'épidémie depuis plusieurs semaines à l'Infirmerie protestante de Lyon.

Combien de professionnels de santé ont été victimes du Covid 19 ? Les autorités ont été longtemps rétives à comptabiliser le nombre des morts et des cas de contamination chez les personnels soignants. Elles commencent à donner quelques chiffres, sans toutefois les mentionner dans les points quotidiens de la Direction Générale de la Santé.

Des premières données ont fait leur apparition dans les points épidémiologiques hebdomadaires de Santé Publique France, le jeudi 7 mai 2020. On ne connait pas encore le nombre total de professionnels de santé contaminés, puisque le recensement n’a, pour l’instant, été réalisé que dans un peu plus d’un tiers des établissements de santé du pays, et n’intègre pas les soignants en ville. Sur les 3 065 établissements de santé de France, 1 091 établissements ont été recensés, depuis le 1er mars 2020. Mais parmi les établissements qui manquent à l’appel, certains n’ont pas accueilli de patients atteints de l’infection.

Il ne s’agit que du “début du recensement”, reconnaît Anne Berger-Carbonne, responsable de l’Unité Infections associées aux soins et résistance aux antibiotiques, à la Direction maladies infectieuses de Santé Publique France. Néanmoins, “maintenant que nous avons dépassé les 1 000 établissements recensés, cela commence à vouloir dire quelque chose”, assure l’experte en charge de communiquer sur ce recensement.

En France, un contaminé sur cinq travaille dans la santé

Alors, que nous disent ces chiffres partiels ? À ce stade, le recensement fait état de 13 morts et 25 337 cas de contamination de professionnels (soignants ou non) dans ces 1 091 établissements de santé. Les 25 000 cas représentent environ 18% du total des cas de contamination détectés en France au 14 mai 2020. Donc, en France, un contaminé sur cinq travaille dans un établissement de santé.

Les treize morts sont quatre médecins, trois aide-soignants, un professionnel de santé “autre” et cinq professionnels non-soignants. Les personnels contaminés sont, pour 85% d’entre eux, des soignants et 10% des professionnels non-soignants. Pour 5% des cas, la catégorie professionnelle n’était pas renseignée. Les plus touchés ont été les infirmiers (28%), les aide-soignants (26%) et les médecins (10%).

Lorsqu’on établit une moyenne de contamination par établissement recensé, on s’aperçoit, sans surprise, que les professionnels les plus touchés travaillent en Île-de-France, en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand-Est.

La surveillance, accessible sur le site de Santé Publique depuis le 7 mars 2020, regroupe les cas confirmés par tests PCR et les cas reconnus comme ayant été infectés sur une base symptomatique ou en raison d’un historique de contact.

Des informations, obtenues grâce aux équipes opérationnelles d’hygiène des hôpitaux et les médecins du travail des établissements, puis actualisées avec les remontées d’une personne référente au sein de l’établissement, missionnée par le directeur pour remplir un questionnaire chaque semaine, comme nous l’expliquions dans cet article.

Des données partielles

Le nombre de contamination et de décès comptabilisés devrait évoluer au fil des semaines, avec les nouvelles remontées des établissements qui ne se sont pas encore signalés. Le décompte va donc évoluer. Par exemple, quatre décès de médecins ont été signalés à Santé Publique France. Or, la presse a évoqué la mort d’au moins cinq médecins hospitaliers.

Par ailleurs, les décès et contamination de professionnels libéraux ne font pas encore l’objet d’un recensement. Les données disponibles à ce jour sont celles de la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France (Carmf), qui dénombre 4 500 demandes d’indemnisations d’arrêts de travail en rapport avec le virus et 29 praticiens libéraux décédés des suites d’une infection au Covid-19, au 30 avril 2020.

Le changement de position du Ministère de la Santé

Le recensement mené par Santé Publique France n’a fait l’objet d’aucune déclaration officielle. Fin mars, le Directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, se disait “mal à l’aise” avec l’idée d’établir un décompte, jugé “un peu macabre, du nombre d’infirmières, d’aide-soignants et de médecins, qui sont infectés. Et ce d’autant que d’autres professionnels pourraient dire, qu’eux aussi, sont concernés car ils participent de la chaîne de la prise en charge”, répondait-il au Généraliste. Le 10 avril 2020, auprès du Quotidien du Médecin, il justifiait le refus d’établir un décompte des professionnels contaminés par le “secret médical”.

Courant avril 2020, le Ministère de la Santé semble donc avoir changé d’avis. “Les directions d’établissements et les Agences régionales de la Santé ont été informées de ce recensement par un message de la Direction générale de la Santé les 21 et 24 avril”, relate Anne Berger-Carbonne, qui précise que le recensement proposé par Santé Publique France “a tout de suite été accepté”. Les données sont bien sûr _”anonymisées”, e_lles permettront notamment de comparer le taux de contamination des professionnels de santé avec celui de la population générale.

Source FRANCE INTER.

Coronavirus : l’Organisation mondiale de la santé alerte sur un nombre record de contaminations dans le monde en une seule journée…

“Près des deux tiers de ces cas ont été déclarés dans quatre pays”, a expliqué le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le directeur général de l\'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, tient une conférence de presse sur la pandémie de coronavirus, le 28 février 2020, à Genève (Suisse).

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état, mercredi 20 mai, du plus grand nombre de nouveaux cas de Covid-19 dans le monde en une seule journée depuis le début de la pandémie, disant craindre ses conséquences dans les pays les plus pauvres. “Nous avons encore beaucoup de chemin à faire dans cette pandémie de Covid-19. Au cours des dernières 24 heures, 106 000 cas ont été déclarés à l’OMS – le chiffre le plus élevé pour une seule journée depuis le début de l’épidémie”, s’est alarmé le directeur général de l’OMS.

“Près des deux tiers de ces cas ont été déclarés dans quatre pays”, a ajouté Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une conférence de presse virtuelle depuis le siège de l’OMS, à Genève. Il n’a pas précisé quels étaient ces pays mais, selon le dernier rapport de l’OMS publié sur son site internet, il s’agit des Etats-Unis, de la Russie, du Brésil et de l’Arabie saoudite, suivis de près par l’Inde, le Pérou et le Qatar.

Plus de 320 000 morts dans le monde

“Nous sommes très préoccupés par le nombre croissant de cas dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires”, où le système de santé est défaillant ou inexistant et les mesures de distanciation physique plus difficiles à mettre en œuvre, a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus. Ces pays sont par ailleurs les plus vulnérables, sur le plan économique, à l’effondrement des échanges commerciaux et des déplacements internationaux qui les prive notamment d’une manne touristique indispensable.

Le cap des cinq millions de cas dans le monde sera bientôt atteint, a ajouté Michael Ryan, responsable des urgences sanitaires de l’OMS. Partie de Chine il y a cinq mois, la pandémie de nouveau coronavirus a fait le tour du monde, tuant sur son passage 323 370 personnes, selon un décompte de l’AFP.

Source FRANCE INFO.

 

Angers : atteinte d’un cancer de grade 3, la CPAM la prive de ses indemnités longue maladie en plein confinement…

L’affaire est à peine croyable. Elise est âgée de 33 ans. Elle est atteinte d’un cancer du sein, grade 3 et la CPAM du Maine-et-Loire l’a privée de ses indemnités longue maladie pendant le confinement.

Fabien Daniel, son époux, est révolté. Il pousse un coup de gueule sur les réseaux sociaux.

Elise entouré de ses trois fils, Milo, 20 mois, Léo,11 ans, Noa 13 ans et de son mari, Fabien Daniel. / © DR Fabien Daniel

Fabien annonce d’entrée de jeu la couleur. Il n’a pas l’habitude d’exposer ses états d’âme et de raconter sa vie privée sur les réseaux sociaux. Il n’aime pas se faire plaindre, ce n’est pas franchement son genre.

Mais aujourd’hui ce mari “en colère et dégouté” ne sait plus quoi faire. Alors, le 14 mai dernier, pour faire bouger les choses, alerter l’opinion publique et les politiques, il a poussé un gros coup de gueule sur les réseaux sociaux. Les internautes sont nombreux à avoir réagi.

Un cancer du sein grade 3, diagnostiqué en juillet 2019

L’histoire douloureuseuse commence en juillet 2019. Elise, 31 ans, apprend la terrible nouvelle. Elle est atteinte d’un cancer du sein triple négatif, de grade 3. Une sale maladie qui ne présage rien de bon. A cette époque, la jeune femme est en congé parental pour s’occuper de Milo, son fils de 10 mois.

Le médecin qui la suit décide de la mettre en arrêt “pour affection longue maladie”, raconte Fabien. Elle est donc indemnisée par l’assurance maladie. Croyant bien faire et en toute bonne foi, la jeune maman, stoppe son congé parental auprès de la CAF, d’autant que sa fatigue physique l’empêchait de s’occuper de son petit garçon.

S’en suivent de longues séances de chimio trés lourdes jusqu’en janvier 2020.

“A ce stade de la maladie, elle ne va pas très bien, elle essaie de faire bonne figure, pour ne pas nous montrer qu’elle allait mal”, se souvient Fabien. Elise continue coûte que coûte à donner le change. Son époux, lui, travaille, alors sa belle-mère prend le relai à la maison pour aider.

“Elise ne tenait plus debout, elle avait des vertiges en passant l’aspirateur. C’était compliqué mais ma femme faisait face. Tout le monde se disait quelle force, quel courage. Les gens ne se rendaient pas compte de son état extrêmement dégradé. Moi, si je lui demandais même de m’en parler, de me le dire…”, poursuit Fabien.

Fabien est prêt a tout pour soutenir sa femme Elise. Son souhait : alerter l'opinion publique et les politiques. / © DR Fabien Daniel

Pendant un temps, après ce parcours médical épuisant, Elise se repose. Puis elle est opérée en février 2020. On lui enlève cette sale tumeur. Mais le combat n’est pas fini.

Elle doit enchaîner avec 33 séances de radiothérapie. En mai 2020, le plus dur semble passé, Elise est physiquement très faible mais c’est une battante. Elle continue à ne rien laisser entrevoir de ses souffrances, pour préserver les siens. Dans son entourage, tout le monde sait qu’elle est malade “mais certains peinent à le croire tellement, elle sourit “, raconte son époux.

La CPAM lui réclame un trop perçu de 8 500 euros

Personne ne l’aurait imaginé mais le combat ne s’arrête pas. La CPAM, a réétudié son dossier, comme c’est de coutume . “Une commission se réunit tous les six mois pour faire le point sur les dossiers”, explique Fabien Daniel. “Ma femme a donc fourni des papiers, réuni des pièces. Cela a traîné un peu parce qu’il y a eu des incompréhensions et des échanges un peu compliqués entre l’assurance maladie et l’employeur”.

Deux mois plus tard, la décision tombe, inacceptable, insupportable pour le couple. Quinze jours après le début du confinement, le téléphone sonne.

A l’autre bout du fil, une salariée de la CPAM annonce à Elise “qu’elle ne sera plus indémnisée pour sa longue maladie parce qu’elle a mis fin à son congé parental. Pire :“elle doit rembourser les sommes perçues depuis le début ” A savoir, près de 8 500 euros. “Pour l’instant, nous sommes totalement bloqués. Tant que nous n’avons pas reçu la notification par courrier, on ne peut rien faire. Nous avons contesté par mails, on a nous a répondu qu’il fallait attendre”, se désole Fabien.

Avec le confinement, évidemment ça a traîné un petit peu. On ne peut rien faire, on attend toujours. Mon épouse ne touche plus aucune indemnité. Moi j’ai pris des jours pour qu’elle puisse se soigner tranquillement. Pour nous financièrement là c’est très dur – Fabien Daniel

“C’est dégueulasse et totalement injuste, on lui a dit : il ne fallait pas faire ça madame, il fallait rester en congé parental”, s’emporte Fabien. Elise, de son côté, ne lâche pas. Elle tient bon, il faut dire qu’elle en a vu d’autres ces derniers mois. “Elle a même envisagé de reprendre son travail d’opératrice téléphonique. Son médecin a refusé net. Elle est encore imunodéprimée. Pour lui, il serait quasi suicidaire de recommencer une activité en pleine crise sanitaire avec le covid-19 qui circule.”, poursuit Fabien.

“Je suis révolté en colère, mais pas résigné. Comme ma femme le dit, c’est presque pire que de se battre contre la maladie – Fabien Daniel”

“Moi, je travaille, il faut tout gérer, le dossier à monter, les cours à la maison, le petit, les grands qui ne se rendent pas toujours compte de la situation. Eux, ils vivent leur vie d’enfants, c’est normal. Ma femme est usée, fragile mais combative”, raconte Fabien Daniel.

La CPAM saisit un médiateur

Contactée, la CPAM du Maine-et-Loire nous a répondu par mail.

” La caisse primaire d’Assurance Maladie se doit de respecter la confidentialité des situations qu’elle traite. Il ne nous appartient donc pas d’entrer dans le détail du dossier d’un assuré, autrement qu’avec lui”, écrit François Dujardin, directeur adjoint de la CPAM du Maine-et-Loire.

“Ce que nous pouvons dire sans contrevenir à ce principe, c’est que le dossier a été traité conformément à la réglementation. Toutefois, cette assurée connait une situation particulière, et par conséquent, nos services examinent actuellement son dossier. Le médiateur, dont le rôle est d’analyser la situation dans sa globalité et avec neutralité, a été saisi. L’objectif est de pouvoir aboutir à une solution acceptable par les deux parties. La CPAM de Maine-et-Loire reste attentive aux situations sensibles et les accompagne, cela fait partie de ses missions”, précise François Dujardin.

Une cagnotte et 42 000 partages

Si Fabien ne demande ni aumône ni pitié, l’histoire d’Elise a beaucoup ému sur les réseaux sociaux. Le post de Fabien a été partagé 42 000 fois en trois jours  Il a reccueilli 9 000 témoignages de soutien. Sa mère, contre son gré, a pour sa part lancé une cagnotte. 4 000 euros ont déjà été récoltés.

“Nous nous sommes rendus compte que nous n’étions pas seuls dans cette situation scandaleuse. Nous allons écrire au Ministre de la Santé, à notre député, au Président de la République s’il le faut ! Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire modifier cette loi car il y a un vide juridique qui laisse tant de malades sans ressources”, conclut Fabien.

Aujourd’hui, Elise a fini son traitement mais elle est suivie régulièrement. Les dernières analyses sont bonnes, plus aucune trace de la tumeur. Prudents, les médecins lui ont tout de même signifié qu’elle n’était toujours pas “sortie d’affaire”.

Pour le remercier de son aide pendant la guerre, la Corée envoie des masques à un vétéran …

Fin avril, un habitant de Danjoutin ayant participé à la Guerre de Corée dans les années 1950, a reçu une lettre de l’ambassadeur de Corée.

Pour s’enquérir de sa santé et, surtout, lui offrir des masques en guise de reconnaissance.

Pour le remercier de son aide pendant la guerre, la Corée envoie des masques à un vétéran

Michel Ozwald, bientôt 88 ans et veuf depuis quelques mois, respecte scrupuleusement les consignes sanitaires. Mais il ne peut s’empêcher de grogner en voyant « tous ces vieux mourir dans les Ehpad ». Il a ses opinions, ne s’en cache pas. Mais il a surtout le sens du devoir. Celui-là même qu’il a appris en servant dans l’armée jusqu’en 1985. Une carrière militaire commencée à 18 ans, lorsqu’il s’est engagé pour fuir une jeunesse de misère, lui l’enfant de l’assistance publique rejeté partout où il allait.

Deux années au front en Corée

En 1951, il embarque pour la Corée. La guerre fait rage entre le Nord, communiste, et le Sud, soutenu par les Nations Unies. Michel Ozwald fait partie du bataillon de l’ONU, composé d’un peu plus de 3 000 soldats français. « J’étais un jeune sergent et je n’avais pas peur de mourir, parce qu’à cette période-là, la vie ne représentait pas grand-chose pour moi », se souvient l’octogénaire, qui reçoit dans sa petite maison de Danjoutin.

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Après deux années passées au front, « souvent dans un froid extrême », Michel Ozwald quitte la Corée comme sergent-chef, à seulement 20 ans. De cette époque, il a gardé des souvenirs précis mais lointains. Plus d’un demi-siècle est passé. Pourtant, les Coréens ne l’ont pas oublié. En effet, chaque année, Michel Ozwald reçoit une boîte de chocolats. Deux fois, il a même été invité en Corée du Sud, tous frais payés. Sans compter la venue de la télévision coréenne, l’année dernière, pour un reportage.

« J’étais ému en lisant ce courrier »

Et, fin avril, en relevant son courrier, le Danjoutinois est tombé sur « une belle lettre » envoyée par l’ambassadeur de Corée. « Notre gouvernement porte une attention toute particulière à la santé des vétérans de la Guerre de Corée en ces moments délicats », écrit Jong-moon Choi. Alors, au nom de la République de Corée, l’ambassadeur donne cinq masques chirurgicaux à tous ses anciens combattants. Partout en France, mais aussi dans d’autres pays, comme en Belgique.

Pour le remercier de son aide pendant la guerre, la Corée envoie des masques à un vétéran

Michel Ozwald est un des bénéficiaires. « C’est formidable. J’étais ému en lisant ce courrier. Ces gens-là pensent encore à ceux qui ont combattu pour eux, je trouve ça exceptionnel », sourit-il, pas peu fier de cette reconnaissance qui lui a si souvent été refusée au début de sa vie.

L’anecdote fera sourire ou grincer des dents, au choix. Mais l’histoire est ainsi faite et veut que les masques coréens soient arrivés chez le vétéran avant les masques distribués par le Département. Entre les deux, près de 10 000 kilomètres.

Source EST REPUBLICAIN.