Handicap : les oubliés du Ségur demandent à bénéficier des revalorisations salariales…

Les établissements pour personnes handicapées risquent de graves problèmes d’effectifs si le secteur ne bénéficie pas à son tour de la revalorisation salariale octroyée aux personnels des Ehpad et des hôpitaux dans le cadre du « Ségur de la Santé », se sont alarmées lundi les principales fédérations du secteur privé non lucratif.

Les établissements pour personnes handicapées risquent de graves problèmes d’effectifs si le secteur ne bénéficie pas à son tour de la revalorisation salariale octroyée aux personnels des Ehpad et des hôpitaux dans le cadre du «Ségur de la Santé». (Photo archives Matthieu Botte / La Voix du Nord)

 

Dans les structures privées accueillant des personnes handicapées, mais aussi des publics précaires ou des mineurs en difficulté, « la colère monte » et les salariés « ont le sentiment d’être humiliés et discriminés », a expliqué lors d’une conférence de presse Alain Raoul, président de Nexem, une organisation qui regroupe des employeurs associatifs du secteur médico-social.

En conséquence, certains « cherchent à aller ailleurs, dans des structures où les salaires ont été revalorisés ».

Les accords dits du « Ségur de la Santé », conclus l’été dernier, prévoient une augmentation de 183 € nets mensuels pour l’ensemble des personnels des hôpitaux et des maisons de retraite (publics et privés non lucratifs). Mais les établissements sociaux et médico-sociaux autres que les Ehpad ont été laissés de côté.

Les soignants migrent vers l’hôpital public

Des négociations sont en cours avec le gouvernement pour combler ce manque. Elles sont sur le point d’aboutir en ce qui concerne le secteur public, mais un accord semble encore loin pour le privé à but non lucratif, qui pèse pourtant 75 % du secteur, a déploré lundi Marie-Sophie Desaulle, présidente de la Fehap, une autre organisation professionnelle.

« Nous voulons une revalorisation pour tout le monde et dans le même calendrier que le secteur public », a-t-elle martelé.

En attendant, la situation est très préoccupante dans certaines structures : « À Paris, dans un de nos établissements accueillant des personnes avec un handicap lourd, 30 % des soignants sont partis », notamment à l’hôpital public où les salaires ont été augmentés, a déploré M. Raoul.

« Certaines offres ne débouchent sur aucune candidature »

Il faudrait 1,9 milliard d’euros par an pour élargir aux quelque 600 000 salariés du secteur les avantages salariaux du « Ségur », mais cette somme « doit être relativisée, elle n’est pas si élevée quand on la compare au plan de relance, par exemple », a argué Jean-Christophe Combe, directeur général de la Croix-Rouge française.

En janvier, la Fédération Paralysie cérébrale, qui gère 128 établissements pour personnes handicapées, s’était déjà publiquement inquiétée de graves problèmes de recrutement, en soulignant que le « Ségur » avait « exacerbé les difficultés ».

« Certaines offres d’emploi ne débouchent sur aucune candidature. C’est un défi du quotidien pour garantir un minimum de qualité dans nos accompagnements », avait expliqué cette fondation.

Source LA VOIX DU NORD.

Crise sanitaire et handicap : l’information en santé enfin accessible à tous… La France en 2020 compte près de 12 millions de personnes en situation de handicap…

« Quand les enjeux du handicap avancent, c’est toute la société qui progresse. » C’est ainsi que débute le dossier de presse du Comité interministériel du handicap datant du 16 novembre dernier.

La France en 2020 compte près de 12 millions de personnes en situation de handicap.

 

Si la crise sanitaire a révélé les difficultés d’accès à l’information en santé des personnes vivant avec un handicap ou éloignées du système de soins (personnes non francophones, précaires…), elle a aussi été un catalyseur de solutions innovantes au service de tous grâce au travail collaboratif des associations et des pouvoirs publics.

Une mobilisation sans précédent au service des plus fragiles

Seulement quelques jours après que le premier confinement ait été décidé en mars, l’Alliance Internationale pour les personnes en situation de handicap (IDA) publiait dix recommandations, notamment sur la nécessité d’informer les personnes en situation de handicap et de former les personnels de santé à l’accueil de ces patients aux besoins particuliers. Pourquoi ? Parce que mieux comprendre la santé, c’est avoir moins peur, être davantage coopérant et au final être acteur de sa santé.

“Une information accessible est le prérequis à l’auto-détermination, c’est-à-dire à la capacité d’une personne à prendre des décisions qui la concernent. En cas d’opposition de la part des professionnels ou des organisations, la personne doit pouvoir faire valoir ses droits à l’auto-détermination grâce à l’accompagnement collectif par les pairs qui est un vecteur d’émancipation.” détaille Karen Buttin, personne autiste*.

Par la suite, les acteurs de la santé et du médico-social, notamment les associations, ont fait preuve d’une extraordinaire créativité et réactivité pour produire des outils de communication et des guides de recommandations. Impossible ici d’être exhaustif aux vues de la profusion des initiatives ; citons par exemple les ressources utiles recommandées par les associations nationales comme APF France Handicap ou Santé Publique France mais aussi les associations régionales comme le CREAI Ile-de-France en collaboration avec l’ARS Ile-de-France et le CReHPsy Pays-de-La-Loire.

« Le rôle de notre association, en temps de crise sanitaire, est entre autres de proposer une information fiable, accessible à tous, transparente et honnête aux personnes en situation de handicap et à leurs proches, afin qu’elles restent actrices de leur santé et en capacité de donner un consentement libre et éclairé. » explique Marie-Catherine Time, représentante Régionale APF France handicap Auvergne-Rhône-Alpes.

Mentionnons aussi les outils de notre association CoActis Santé, engagée pour l’accès à la santé pour tous, comme le poster SantéBD pour expliquer le test PCR avec des images et des mots simples et les fiches-conseils HandiConnect pour guider les professionnels de santé dans l’accueil de patients en situation de handicap, en particulier la fiche-conseils « Comment communiquer avec une personne sourde/malentendante ? ».

L’engagement de l’Etat

Les efforts soutenus de l’État, en particulier du Secrétariat d’Etat en charge des Personnes handicapées, méritent d’être soulignés : transcription des documents officiels en FALC (Facile à Lire et à Comprendre), discours systématiquement traduits en langue des signes et vélotypie, production, entre autres, d’un guide pour mieux vivre le confinement avec un enfant autiste par la Délégation Interministérielle à la stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles du neuro-développement et de la plateforme solidaires-handicaps.fr pour recenser les initiatives solidaires… La nécessité d’adopter des réflexes d’accessibilité dans notre société a été mise en lumière, notamment lorsque le port du masque a été rendu obligatoire, empêchant la lecture labiale chez les personnes sourdes qui la pratiquent.

Au final, il paraît légitime de penser que la pandémie de COVID-19 aura été un révélateur de la capacité d’adaptation et de la résilience des acteurs de la santé, du handicap, du médico-social et de la solidarité. Ne nous arrêtons pas là et utilisons ces outils comme des preuves de concept pour continuer à oeuvrer ensemble en faveur d’une société plus inclusive où l’information en santé est accessible à tous et où les professionnels de santé sont formés à l’accueil de patients vivant avec un handicap. Car ce qui est fait pour les plus vulnérables de notre société est utile à tous.

* Karen Buttin est membre de Personnes autistes pour une auto-détermination responsable et innovante (PAARI), du conseil d’administration d’Handi-Voice, think tank d’auto-représentants qu’elle représente à la Commission santé, bien-être et bientraitance du CNCPH et au Conseil scientifique de l’Association pour la recherche sur l’autisme et la prévention des inadaptations (ARAPI), ainsi que facilitatrice-chercheuse à CapDroits qui est une démarche scientifique et citoyenne.

Source ECONOMIE MATIN.

Bretagne : Les Ehpad s’équipent de puces connectées pour prévenir l’errance de certains résidents…

SECURITE Développée par la société rennaise LiveStep, la solution a déjà été adoptée par quatre établissements bretons.

Bretagne : Les Ehpad s’équipent de puces connectées pour prévenir l’errance de certains résidents

 

  • La start-up rennaise LiveStep a développé une solution pour prévenir l’errance de certains résidents en Ehpad.
  • Le principe consiste à glisser une étiquette équipée d’une puce connectée dans les chaussures des résidents et sous les paillassons des portes de sortie.
  • Si la personne sort, le personnel de l’établissement est alors alerté.

C’est un risque auquel les Ehpad sont confrontés au quotidien. Chaque année, des disparitions inquiétantes de résidents sont signalées aux quatre coins de la France avec des personnes âgées, souvent atteintes d’Alzheimer, qui ont fugué ou se sont perdues dans la nature. Si la majorité d’entre elles sont retrouvées vivantes, l’issue peut parfois être dramatique. Directeur de l’établissement Les jardins du Castel à Châteaugiron près de Rennes, Michel Barbé n’a jamais eu à vivre un tel drame. « Mais on n’est pas à l’abri, le risque zéro n’existe pas », assure-t-il.

Pour garantir la sécurité de ses résidents susceptibles de se mettre en danger, le directeur expérimente depuis près d’un an une solution développée par la start-up rennaise LiveStep. Le principe consiste à glisser une étiquette équipée d’une puce connectée dans les chaussures ou les chaussons des personnes âgées et à en faire de même sous les paillassons des différentes portes de sortie de l’établissement. « Quand le résident sort, le personnel va alors recevoir une alerte sur les téléphones », détaille Romain Berrada, cofondateur de la société.

« Leur donner plus de liberté tout en garantissant leur sécurité »

La solution requiert bien sûr le consentement du résident ou de ses proches, et ne se veut pas un outil de flicage. « On souhaite au contraire donner plus de liberté à ces résidents tout en garantissant leur sécurité », souligne Romain Berrada. Très attaché aux droits et à la liberté des résidents, Michel Barbé atteste du bien-fondé de la solution. « Quand on reçoit l’alerte, on ne court pas après eux pour les empêcher de sortir, indique-t-il. On va juste s’assurer que tout se passe bien et rester vigilant le temps de la balade. »

Dans son établissement, seulement deux personnes sur les 121 résidents sont équipées de ces étiquettes connectées. « On ne puce pas tout le monde comme j’ai pu l’entendre, seulement les résidents qui présentent le plus de risques », assure-t-il. Trois autres établissements bretons ont également adopté cette solution développée par LiveStep. Dans ce marché porteur de la « silver économie », la start-up rennaise ambitionne déjà d’en équiper une trentaine d’ici la fin de l’année et une cinquantaine en 2022.

Source 20 MINUTES.

Alzheimer : une hyperactivation du cerveau est un signe précoce…

Une hyperactivation anormale dans certaines zones du cerveau pourrait aider à mieux prédire l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer : une hyperactivation du cerveau est un signe précoce

 

L’ESSENTIEL
  • À mesure que la maladie progresse, l’activation neuronale suit une trajectoire inverse en forme de U.
  • L’activation dans certaines zones du cerveau aux premiers stades de la maladie peut augmenter considérablement avant que la perte neuronale causée par la maladie ne conduise à une nette diminution de l’activation.

Observer le cerveau permet d’obtenir des informations précoces sur le développement d’Alzheimer. Une équipe de chercheurs canadiens de l’université de Montréal ont découvert qu’une hyperactivation dans certaines zones du cerveau chez des personnes non encore diagnostiquées avec Alzheimer est un marqueur de la maladie. Ils ont présenté leurs résultats le 20 janvier dans la revue Alzheimer’s & Dementia: Diagnosis, Assessment & Disease Monitoring.

Une détection précoce

Les chercheurs ont découvert chez des patients qui s’inquiètent pour leur mémoire et qui présentent des facteurs de risque d’Alzheimer, une hyperactivation anormale de certaines zones de leur cerveau. Grâce à l’utilisation d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), ils ont pu identifier ces zones chez des personnes sans symptômes cliniques et avant l’apparition de troubles cognitifs détectés avec des tests standardisés. “Cette étude indique qu’une activation anormale dans ces zones peut être observée plusieurs années avant le diagnostic, se réjouit Sylvie Belleville, professeure de psychologie à l’université de Montréal et directrice de l’étude. Cette découverte est cruciale pour l’avancement des connaissances sur la maladie.”

L’équipe a observé que, à mesure que la maladie progresse, l’activation neuronale suit une trajectoire inverse en forme de U. L’activation dans certaines zones du cerveau aux premiers stades de la maladie peut augmenter considérablement avant que la perte neuronale causée par la maladie ne conduise à une nette diminution de l’activation. “Cette forme peut caractériser le processus pathologique sous-jacent et aider les médecins à déterminer le stade de la maladie, précise Nick Corriveau-Lecavalier, premier auteur de l’étude. Lorsqu’il est combiné avec d’autres indicateurs tels que les analyses de sang et les tests cognitifs, ce type d’investigation par neuroimagerie pourrait aider à une détection précoce possible.”

Anticiper l’apparition des symptômes

Pour leur étude, les chercheurs ont utilisé les données du Consortium pour l’identification précoce de la maladie d’Alzheimer. Ils ont étudié l’activation cérébrale dans des groupes d’individus à haut risque de développer Alzheimer qui ont effectué une tâche de mémoire tout en étant scannés par IRMf. Un groupe était composé de 28 personnes préoccupées par leur mémoire mais qui ne présentaient pas de troubles cognitifs lors des tests cliniques traditionnels. L’autre groupe comprenait 26 personnes souffrant de troubles cognitifs légers.

Les chercheurs ont découvert que les individus du premier groupe, c’est-à-dire ceux qui ont des problèmes de mémoire mais pas de troubles cognitifs, ont des niveaux d’activation anormalement élevés dans plusieurs régions clés du cerveau touchées par la maladie d’Alzheimer. Les personnes souffrant de troubles cognitifs légers, qui sont considérés comme étant à un stade plus avancé de la maladie, ont tendance à présenter une activation diminuée dans ces mêmes régions du cerveau.

La maladie d’Alzheimer est évolutive et peut émerger dans le cerveau 20 à 30 ans avant le diagnostic, conclut la chercheuse. Il est donc très important d’identifier les biomarqueurs – c’est-à-dire les signes physiques et détectables de la maladie – et de mieux comprendre les effets initiaux sur le cerveau. L’hyperactivation pourrait donc représenter l’un des premiers signes de la maladie d’Alzheimer.”

Source POURQUOI DOCTEUR ?

Le report sine die du projet de loi Grand âge indigne le secteur de l’aide à domicile…

Le gouvernement a apparemment classé le projet de loi Grand âge parmi les textes non prioritaires mis de côté tant que durera la crise sanitaire.

Les fédérations associatives de l’aide, de l’accompagnement et des soins à domicile s’en indignent. 

Reçues par le cabinet du Premier ministre, elles ont réitéré leur demande que la mise en œuvre de la loi ait lieu avant l’été 2021, “avec des financements à la hauteur des besoins du secteur”.

Le report sine die du projet de loi Grand âge indigne le secteur de l'aide à domicile

 

Il est désormais clair que le projet de loi Grand âge et autonomie passera après la crise sanitaire. Certes, il reste officiellement inscrit au programme du quinquennat, mais se trouve reporté sine die, au même titre que la réforme des retraites.

La seule indication indirecte sur son possible examen vient du projet de loi “autorisant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire et reportant la date de caducité des régimes institués pour faire face à la crise sanitaire”.

S’il est adopté – ce qui ne fait guère de doutes – l’état d’urgence sanitaire en cours sera donc prolongé jusqu’au 1er juin 2021 (au lieu du 16 février) et le régime de sortie de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 30 septembre 2021 (au lieu du 1er avril). A supposer que l’état d’urgence sanitaire ne fasse pas l’objet d’une nouvelle prolongation d’ici là, le projet de loi Grand âge ne pourrait donc pas être soumis au Parlement, au mieux, avant le dernier trimestre 2021.

“Les Français comprendront que notre boussole, c’est la crise sanitaire”

Les doutes sur le sort du projet de loi, qui a déjà fait l’objet de plusieurs reports, étaient déjà présents depuis plusieurs semaines. Dans son intervention lors du récent débat à l’Assemblée nationale sur la situation des Ehpad, Brigitte Bourguignon est ainsi restée très vague, indiquant que le calendrier devra “être affiné au fil du temps”.

La ministre déléguée en charge de l’autonomie a simplement ajouté que “les chantiers prioritaires sont examinés et les réponses sont déjà apportées au fil de l’eau”, sans autre précision (voir notre article du 14 janvier 2021).

Gabriel Attal a été beaucoup plus clair dans son compte-rendu du conseil des ministres du 13 janvier. Le porte-parole du gouvernement a indiqué que la réforme des retraites et le projet de loi Grand âge “restent à l’agenda de ce quinquennat dès lors que la situation sanitaire nous permettra de les reprendre. Les Français comprendront bien que notre boussole, c’est la gestion de la crise sanitaire”.

S’exprimant le 22 septembre dernier, à l’occasion de la visite de l’Ehpad “La Bonne Eure” à Bracieux (Loir-et-Cher), Emmanuel Macron avait pourtant affirmé que son objectif était de présenter le projet de loi “dès le début de l’année prochaine”.

Il indiquait alors qu’il s’agira d'”une réponse globale extraordinairement ambitieuse” sur les enjeux du grand âge, notamment en vue de “revaloriser des métiers qui ne sont pas suffisamment valorisés” (voir notre article du 23 septembre 2020). Le chef de l’État répondait ainsi indirectement à la lettre adressée par 77 députés LREM au Premier ministre, soulignant “l’impatience” des parlementaires et insistant “sur la nécessité de mettre à l’agenda parlementaire dès janvier 2021 le projet de loi Grand âge et autonomie”.

“L”heure n’est plus aux débats, encore moins aux diagnostics”

Ces reports successifs et ces incertitudes irritent au plus haut point les acteurs du secteur. Dans un communiqué commun du 18 janvier, les quatre fédérations associatives de l’aide, de l’accompagnement et des soins à domicile – Adédom, ADMR, Fnaap/CSF et UNA – se disent “indignées à l’annonce d’un nouveau report de la loi Grand âge et autonomie”.

Elles rappellent que ce projet de loi a été “voulu par le président de la République et annoncé avant l’automne 2019 comme le marqueur social de ce quinquennat”. Aujourd’hui, “sans cesse repoussé”, le projet de loi “ne peut plus attendre ! Il y a urgence à ce que le gouvernement passe des paroles aux actes et engage de vrais moyens pour le domicile”.

Les signataires rappellent aussi que le sujet a déjà fait l’objet de nombreux rapports – rapports de Dominique Libault, Myriam El Khomri, Denis Piveteau et du Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) –, qui “mettent en évidence l’impérieuse nécessité de revaloriser les métiers de l’aide et des soins à domicile et d’identifier des financements pérennes pour le secteur”.

Pour les quatre fédérations, “l’heure n’est donc plus aux débats, encore moins aux diagnostics. C’est désormais d’une décision politique dont nous avons besoin”. Reçues par le cabinet du Premier ministre le 14 janvier, elles ont réitéré leur demande que la mise en œuvre de la loi Grand âge ait lieu avant l’été 2021, “avec des financements à la hauteur des besoins du secteur”.

Source BANQUE DES TERRITOIRES.

“Le modèle actuel des Ehpad a montré ses failles et doit évoluer rapidement”….

L’Assemblée nationale organisait le 13 janvier un débat sur “la situation dans les Ehpad à l’issue des deux périodes de confinement”.

Une nouvelle occasion de pointer les failles dans la gestion de la crise sanitaire.

"Le modèle actuel des Ehpad a montré ses failles et doit évoluer rapidement"

 

Mais aussi, plus globalement, de s’interroger sur le modèle actuel des Ehpad et de demander un renforcement du taux d’encadrement. Tout en défendant les dispositifs mis en oeuvre pendant les différentes phases de la crise, la ministre déléguée Brigitte Bourguignon a convenu que des changements de fond sont nécessaires. Et a apporté quelques précisions concernant les mesures à venir en faveur des personnels.

Dix facteurs qui augmentent les risques de développer Alzheimer…

Le stress, la dépression et l’hypertension artérielle en font partie.

Bien qu’il n’y ait toujours pas de médicaments réellement efficaces, les scientifiques continuent de développer une meilleure compréhension de la maladie d’Alzheimer.

Dix facteurs qui augmentent les risques de développer Alzheimer

Une étude récente, basée sur l’examen de 396 recherches, identifie les dix principaux facteurs qui font augmenter les risques de développer la maladie.

1. Le niveau d’éducation

Un faible niveau d’éducation est associé à un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer. Plus vous êtes instruit, plus votre cerveau est développé et plus il est lourd, selon des recherches. Ainsi, lorsque vous perdez un tiers de votre poids cérébral à cause de la démence, un cerveau plus lourd peut vous rendre plus résistant.

2. Les activités cognitives

Il est prouvé que garder notre cerveau actif peut également aider à lutter contre la démence. Des activités telles que les mots croisés ou les casse-têtes stimulent votre cerveau et peuvent renforcer la connectivité entre les cellules cérébrales. Cette connectivité est rompue lorsqu’il y a démence.

Nous devons donc continuer à garder notre cerveau actif, même à un âge avancé. D’autres études s’accordent à dire que le fait de stimuler notre cerveau réduit effectivement nos risques de développer une démence.

3. L’hypertension

Un cœur sain est depuis longtemps lié à un cerveau sain. Une étude récente indique que l’hypertension artérielle à un âge moyen augmente le risque d’Alzheimer.

Une incidence plus élevée de maladies cardiaques chez les personnes souffrant d’hypertension a des répercussions sur l’apport en sang et en nutriments au cerveau. Ainsi, l’apport sanguin réduit au cerveau est lié à la maladie d’Alzheimer.

4. L’hypotension orthostatique

Cette étude a également mis en évidence l’inverse de hypertension, soit l’hypotension orthostatique, comme facteur de risque. La pression du sang d’une personne atteinte est anormalement faible lorsqu’elle se lève après s’être assise ou couchée.

Comme le corps est incapable de maintenir un apport sanguin suffisant au cerveau lors des changements de posture, cela peut avoir une influence débilitante à long terme sur l’activité cérébrale, en raison du manque d’oxygène au cerveau, ce qui augmente le risque de démence.

5. Le diabète

Des études ont aussi révélé que le diabète était associé à une incidence plus élevée de la maladie d’Alzheimer. Comme cette maladie rend notre corps incapable de réguler correctement l’insuline, il y a modification de la façon dont nos cellules cérébrales communiquent ainsi que du fonctionnement de notre mémoire –deux fonctions qui sont perturbées par la maladie d’Alzheimer.

L’insuline est essentielle, car elle régule le métabolisme des hydrates de carbone, des graisses et des protéines en aidant le glucose sanguin à être absorbé par le foie, les graisses et les muscles. La maladie d’Alzheimer semble perturber la capacité du cerveau à réagir à l’insuline.

6. L’indice de masse corporelle

Un haut indice de masse corporelle (IMC) chez les moins de 65 ans est lié à un risque accru de démence. L’étude suggère qu’un indice de masse corporelle compris entre 18,5 et 24,9 pour les moins de 65 ans –autrement dit, un poids sain– peut réduire le risque de démence. Cependant, être en sous-poids à l’âge moyen et plus tard dans la vie peut augmenter le risque de démence.

On pense qu’un mélange de facteurs génétiques, de maladies cardiovasculaires et d’inflammation contribue à cette association entre l’IMC et la démence.

7. Les traumatismes crâniens

Des traumatismes crâniens subis dans le passé sont un facteur de risque. Il est clairement prouvé que de tels traumatismes, comme une commotion cérébrale, peuvent contribuer au développement de la démence. Ce lien a été observé pour la première fois en 1928.

Cependant, il n’est pas certain que le traumatisme crânien unique ou répétitif soit le facteur contributif. Il est clair que les dommages cérébraux causés par un traumatisme crânien sont similaires à ceux de la démence. Les risques augmentent ainsi de développer une telle démence plus tard dans la vie.

8. L’hyperhomocystéinémie

Des niveaux élevés d’homocystéine chimique sont un facteur de risque. Il s’agit d’un acide aminé naturel qui participe à la production des mécanismes de défense de notre corps, y compris les antioxydants qui préviennent les dommages cellulaires.

Des taux élevés d’homocystéine dans le sang de personnes atteintes de démence ont été signalés pour la première fois en 1998. Depuis, des études ont montré que la réduction des taux d’homocystéine peut protéger contre la démence.

Des études animales suggèrent que des niveaux élevés d’homocystéine endommagent les cellules du cerveau en interférant avec leur production d’énergie. Une consommation accrue de folate et de vitamine B12 peut réduire les niveaux d’homocystéine et ainsi, le risque de démence.

9. La dépression

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer souffrent souvent de dépression, bien que l’on ne sache pas si la dépression est à l’origine de la maladie d’Alzheimer ou si elle n’en est qu’un symptôme. Cependant, de nombreuses preuves confirment que la dépression est effectivement un facteur de risque, comme l’a montré cette dernière étude. Les recherches ont même indiqué un lien entre le nombre d’épisodes dépressifs –en particulier dix ans avant l’apparition de la démence– et un risque plus élevé.

La dépression augmente les niveaux de substances chimiques nocives dans notre cerveau. Un déséquilibre de ces substances chimiques peut entraîner la perte de cellules cérébrales, ce qui augmente les risques de développer l’Alzheimer.

10. Le stress

Enfin, le stress a été identifié comme un facteur de risque. À long terme, le stress cible les cellules immunitaires de notre corps, qui jouent un rôle important dans la lutte contre la démence. Il est notamment démontré que l’hormone cortisol contribue au stress et peut avoir un impact sur la mémoire. Viser à réduire le stress et les niveaux de cortisol peut donc réduire les risques de développer une démence.

Cette étude, qui compile des décennies de recherches, offre une image complexe de la manière dont nous pouvons combattre l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Elle indique clairement les dix facteurs sur lesquels les scientifiques doivent se concentrer à l’avenir. Bien que les résultats puissent sembler peu encourageants, ils le sont, car plusieurs de ces facteurs de risque peuvent être gérés ou modifiés par des changements de style de vie, y compris un meilleur régime alimentaire et davantage d’exercice.

Source SLATE.

Alzheimer : du vin et du fromage pour réduire le risque ?…

Une modification du régime alimentaire, incluant plus de vin et de fromage, permettrait de réduire le déclin cognitif.

Alzheimer : du vin et du fromage pour réduire le risque ?

 

C’est une bonne nouvelle pour les Français. Une étude américaine, publiée dans le numéro de novembre 2020 du Journal of Alzheimer’s Disease, révèle qu’un régime alimentaire comprenant du vin et du fromage permet de réduire le déclin cognitif. L’étude est une analyse à grande échelle unique en son genre qui relie des aliments spécifiques à l’acuité cognitive plus tard dans la vie.

Du fromage, du vin rouge et de l’agneau

Les chercheurs de l’université Iowa State ont analysé les données collectées auprès de 1 787 adultes de 46 à 77 ans au Royaume-Uni. Chacun des participants a complété un test d’intelligence fluide (FIT) entre 2006 et 2010 puis deux évaluations de suivi, menées de 2012 à 2013 et à nouveau entre 2015 et 2016. L’analyse FIT fournit un instantané de la capacité d’un individu à “penser à la volée”, précisent les chercheurs. Les participants ont également répondu à des questions sur leur consommation d’aliments et d’alcool au départ et à travers deux évaluations de suivi.

Le fromage, de loin, s’est avéré être l’aliment le plus protecteur contre les problèmes cognitifs liés à l’âge, même tard dans la vie. La consommation quotidienne d’alcool, en particulier de vin rouge, est liée à des améliorations de la fonction cognitive. Il a été démontré que la consommation hebdomadaire d’agneau, mais pas d’autres viandes rouges, améliore les performances cognitives à long terme. Une consommation excessive de sel, en revanche, est mauvaise mais seules les personnes déjà à risque d’Alzheimer peuvent avoir besoin de surveiller leur consommation pour éviter des problèmes cognitifs au fil du temps.

En fonction des facteurs génétiques que vous portez, certaines personnes semblent être plus protégées des effets d’Alzheimer, tandis que d’autres semblent être plus à risque, poursuit Brandon Klinedinst, l’un des auteurs de l’étude. Cela dit, je crois que les bons choix alimentaires peuvent prévenir la maladie et le déclin cognitif. Peut-être que la solution miracle que nous recherchons est d’améliorer notre façon de manger. Savoir ce que cela implique contribue à une meilleure compréhension d’Alzheimer et à mettre cette maladie dans une trajectoire inverse.”

Des tests plus long président mieux la capacité à conserver des souvenirs

Et justement, pour faire reculer la maladie, une piste consiste à la repérer le plus tôt possible pour pouvoir agir sur les fonctions cognitives. Des chercheurs britanniques suggèrent que tester la mémoire des gens pendant quatre semaines pourrait identifier qui est le plus à risque de développer Alzheimer avant que la maladie ne se développe. L’étude, dirigée par des chercheurs de l’Université de Bristol et publiée le 28 septembre dans Alzheimer’s Research and Therapy, a également révélé que le test de la capacité des personnes à conserver leurs souvenirs pendant de plus longues périodes prédit cela plus précisément que les tests de mémoire classiques, qui testent la mémoire sur une demi-heure.

Pour mener leurs recherches, les scientifiques ont recruté 46 six personnes âgées cognitivement saines, avec une moyenne d’âge de 70,7 ans. Les participants ont effectué trois tâches de mémoire sur lesquelles le rappel retardé a été testé après 30 minutes et quatre semaines, ainsi que le test Addenbrooke’s Cognitive Examination III (ACE-III) – un test couramment utilisé pour détecter les troubles cognitifs – et une IRM cérébrale. Le test ACE-III a été répété après 12 mois pour évaluer le changement des capacités cognitives.

Dépister plus tôt la maladie

Les résultats ont révélé que la mémoire de 15 des 46 participants a diminué au cours de l’année et que les tests de mémoire verbale de quatre semaines ont prédit le déclin cognitif de ces personnes âgées en bonne santé mieux que les tests cliniques de mémoire de référence. La prédiction a été rendue encore plus précise en combinant le score du test de mémoire de quatre semaines avec des informations de l’IRM qui montre la taille d’une partie du cerveau responsable de la mémoire, endommagée par Alzheimer.

Tester le rappel de la mémoire à long terme pourrait permettre une détection plus précoce d’Alzheimer. “Notre étude montre des preuves d’un outil de dépistage peu coûteux et rapide à administrer qui pourrait être utilisé pour identifier le très les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, poursuit le Dr Alfie Wearn, associé de recherche à la Bristol Medical School: Translational Health Sciences (THS) et co-auteur de l’étude. Cela pourrait également accélérer directement le développement de thérapies efficaces contre la maladie d’Alzheimer et permettre un traitement plus précoce lorsque de telles thérapies sont disponibles.”

Source POURQUOI DOCTEUR ?

La prise en charge des soins des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer en l’absence des aidants…

Pour leur bien-être et celui de leur proche malade d’Alzheimer, les aidants ont besoin de répit.

Les meilleures solutions.

Alzheimer

 

Prévenir l’épuisement des aidants par le droit au répit

S’occuper à temps plein d’un proche atteint de la maladie d’Alzheimer peut être éprouvant, tant physiquement que mentalement. Mis à part les besoins en suivi médical, l’aidant doit rester en permanence aux côtés du malade par souci de sécurité entre autres. Malgré tout, il est nécessaire qu’il s’accorde des périodes de répit afin d’éviter l’épuisement qui peut porter atteinte à son propre bien-être et à celui du malade.

Pour prévenir l’épuisement, il est important d’en déceler les symptômes. L’aidant du malade d’Alzheimer est sujet au burn-out s’il présente fréquemment  les signes suivants :

–        Douleurs articulaires ;

–        Maux de dos ;

–        Sautes d’humeur ;

–        Troubles du sommeil ;

–        Stress ;

–        Fatigue ;

–        Sentiment d’isolation ;

–        Perte d’intérêt pour les relations sociales.

Afin de prévenir l’épuisement, l’aidant doit prendre soin de lui et préserver sa santé. Il est indispensable de connaître et de ne pas dépasser ses limites. Pour se couper du quotidien, il est tout aussi essentiel de prévenir l’isolement en préservant les relations sociales. L’aidant a le droit de s’accorder du temps pour lui et de demander de l’aide pour assumer ses responsabilités envers son proche atteint de la maladie d’Alzheimer afin de bénéficier d’un peu de répit.

L’accompagnement des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer en absence de l’aidant

Lorsque l’aidant de la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer est sujet à l’épuisement, il doit prendre une pause pour reprendre des forces. L’absence de l’aidant n’implique pas l’abandon de la personne malade. Diverses solutions s’offrent à lui pour l’accompagnement de son proche. Il peut demander de l’aide à son entourage ou opter pour les services de soin à domicile, l’accueil de jour ou encore l’hébergement temporaire de la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Les services d’aide et de soin à domicile

Il s’agit de l’intervention des auxiliaires de vie sociale qui aident les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à réaliser les tâches qu’elles ne peuvent plus faire elles-mêmes. Elles s’occupent entre autres du ménage, des courses, des repas ou des soins médicaux des malades.

L’accueil de jour en maison de retraite

Pendant les quelques jours ou semaines d’absence de l’aidant, la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer peut être accueillie en maison de retraite. La majeure partie de ces établissements reçoivent des locataires pour une semaine, plusieurs jours ou à la demi-journée. L’inscription se fait directement auprès de l’établissement d’accueil et nécessite la présentation d’un certificat médical.

L’hébergement temporaire

Il est possible d’opter pour l’hébergement temporaire en résidence autonomie ou en famille d’accueil pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Le séjour peut durer quelques jours à 3 mois afin de permettre aux aidants de prendre une pause.

Source PLEINE VIE.

La délicate question du consentement des personnes âgées en Ehpad…

En matière d’aide et de soin, les frontières entre contrainte et consentement sont plus floues qu’il n’y paraît.

La délicate question du consentement des personnes âgées en Ehpad

Monsieur Duclos vient de donner son accord pour entrer dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, autrement dit un Ehpad. Il a enfin signé son contrat de séjour. Obtenir son adhésion n’a pas été une mince affaire. À la fin de son hospitalisation dans un service de psychiatrie, il voulait en effet rentrer chez lui, mais entre-temps son appartement a été vendu avec l’aide de ses enfants. Il a fini par accepter la solution qui lui était proposée, les personnels soignants ayant usé de quelques artifices.

Ils l’ont accompagné chez lui, comme il le souhaitait, mais en évitant de préciser que son chez-lui était désormais l’Ehpad. Pour faciliter les choses, ils ont soutenu ce pieux mensonge par une petite mise en scène. Avec l’aide des proches et du personnel de l’Ehpad, ils ont pris soin de placer dans sa future chambre quelques-uns de ses meubles et de tapisser les murs de photos de sa femme et de ses enfants. Monsieur Duclos s’est tout de suite senti chez lui.

Rassuré, il a signé sans protester le précieux contrat de séjour. Il semble même retrouver ses habitudes. À table, il aime accompagner son repas de quelques verres de vin. Certes, il aurait préféré avoir sa propre bouteille. Mais non, cela ne se passe pas ainsi dans l’Ehpad. Le directeur explique:

«Monsieur Duclos est un peu porté sur l’alcool. Il faut faire attention. Dans ce genre de cas, on utilise de petits verres. Comme cela, on lui sert du vin quand il demande… mais en faibles quantités. On répond à ses attentes, mais pas trop, et tout le monde est content.»

Cet exemple fictif illustre bien les difficultés de mise en application des principes de la démocratie sanitaire, en particulier en ce qui concerne la notion de consentement, dont les frontières sont parfois pour le moins incertaines.

L’adhésion doit rester libre

Depuis maintenant deux décennies, les politiques sanitaires et sociales cherchent à rendre plus démocratiques les prises en charge des patient·es ou des résident·es. Au centre de cette procédure: le consentement éclairé.

Sauf exception –en psychiatrie notamment–, aller à l’encontre de l’avis des personnes, les contraindre à se soigner ou à entrer dans tel ou tel établissement n’est pas autorisé, du moins en principe. L’individu doit consentir. Plus encore, il doit être informé, être tenu au courant des risques liés à l’intervention qui le concerne, et plus largement des conséquences de ses choix. Bref, il doit être éclairé et son consentement ne saurait être forcé. Son adhésion doit rester libre.

De ce point de vue, la procédure qui permet de faire entrer Monsieur Duclos dans un établissement ou de l’empêcher de boire trop de vin ne semble pas rentrer dans les cases de la démocratie sanitaire. Certes, il a bien signé un contrat de séjour. Mais il est clair que son consentement n’a pas été entièrement libre ni entièrement éclairé. Privé de son domicile, il n’avait plus d’autre choix que l’Ehpad. Les subterfuges imaginés par les aides-soignant·es avec l’aide des enfants, pour conjurer un éventuel refus et pour éviter le recours à la force, peuvent difficilement être considérés comme des informations visant à aider Monsieur Duclos à faire ses propres choix. La signature atteste de l’existence d’un consentement formel; mais celui-ci paraît plus embrumé qu’éclairé.

Peut-être n’y avait-il pas d’autres moyens pour obtenir l’acceptation de Monsieur Duclos. Et puis, pour les proches comme pour les professionnel·les qui avaient à cœur de trouver le meilleur cadre de vie possible pour Monsieur Duclos, cette solution constitue un compromis acceptable. Il n’en demeure pas moins que cette méthode qui s’appuie sur la ruse ne saurait servir de modèle.

La patientèle partenaire du personnel

Le modèle, il faut le chercher ailleurs. Notamment dans les formulaires d’information et de consentement qui sont proposés au patient ou à la patiente dès lors que celle-ci fait l’objet d’une intervention. Ces documents clarifient les choses. Ils constituent la preuve que la personne a bien été informée par le médecin, puisqu’ils expliquent les tenants et les aboutissants de l’intervention et listent tous les risques encourus, que ceux-ci soient mineurs ou majeurs, qu’ils soient rares ou fréquents. Ils indiquent ce qu’il convient de faire pour les réduire.

Ainsi éclairé·es, les patient·es, devenu·es partenaires des professionnel·les qui les soignent ou les prennent en charge, peuvent décider en toute connaissance de cause. Une telle démarche tend à être largement diffusée. Il suffit pour s’en convaincre de se reporter aux notices que l’on retrouve dans le moindre médicament ou bien encore aux contrats de séjour qui indiquent les droits et les devoirs de la résidente ou du malade quand celui-ci est hospitalisé ou, comme Monsieur Duclos, hébergé.

Un tel modèle produit certainement des effets positifs. Il fixe un idéal grâce auquel peut être mesuré l’écart entre la théorie et la pratique. Il est clair en effet –chacun·e peut en faire l’expérience– qu’on n’est jamais sûr qu’un consentement soit librement consenti.

Un modèle intéressant, mais à la portée limitée

L’information communiquée à la personne sur tous les risques auxquels celle-ci s’expose en prenant un traitement ou en acceptant une intervention suffit-elle à en faire un·e patient·e éclairé·e? La personne a beau être avertie, elle se lancera rarement dans une étude bénéfices/risques approfondie avant de prendre sa décision. Il y a fort à parier que, devant la masse des informations transmises, elle s’en remettra plutôt à l’avis ou à la prescription des praticien·nes, à la confiance qu’elle leur accorde ou non, à l’avis de proches, etc.

Le modèle n’est pourtant pas inutile. Il est même performatif au sens où il indique au patient ou à la patiente que celle-ci a désormais son mot à dire, et où il invite le ou la professionnel·le à faire preuve de vigilance concernant les droits et libertés des usager·es. Dans le cas de Monsieur Duclos, l’existence de ce modèle aide à s’interroger sur la qualité de sa prise en charge; il force le questionnement éthique.

Mais ce modèle a son revers. Il focalise en effet l’attention sur un moment particulier de la prise en charge et du soin, celui de l’acte proposé par un·e professionnel·le et que le patient ou la patiente accepte ou refuse. L’intervention chirurgicale en est la figure paradigmatique, mais on peut également évoquer la prise d’un traitement ou l’entrée dans un établissement par exemple.

De tels actes, ainsi détachés de leurs contextes, s’accommodent bien d’une approche en matière de choix rationnel selon laquelle l’individu, libre et dûment informé par un tiers, choisit entre deux options. Mais le soin ne se réduit pas à une succession de moments, détachables les uns des autres ni à une relation de face à face.

Un insaisissable consentement?

Le soin est un processus dans lequel sont enrôlées de multiples parties prenantes –soignant·es, soigné·es, proches, administrations, institutions, objets techniques, médicaments…– et où s’enchevêtrent des myriades de gestes et d’actes, les uns très techniques, les autres très banals, tous plus ou moins interdépendants.

Ces différentes activités ne peuvent être toutes anticipées, ni attribuées à chacun des acteurs et encore moins figurer dans des formulaires de consentement. Dans ces conditions, la décision est difficilement localisable dans l’espace et dans le temps. Elle se déploie dans toute la chaîne des intervenant·es sans pouvoir être véritablement attribuée avec certitude à l’un·e d’entre elles ou eux.

Or, dès lors que le soin est envisagé non plus comme un acte isolé et situé dans le temps, mais comme une activité faite de processus et de relations, le consentement change de nature. Il n’est plus donné –par le ou la patient·e– ni reçu –par le ou la professionnel·le– pour un acte déterminé, mais produit par de multiples interactions entre parties prenantes. Le consentement comme la décision résultent en quelque sorte d’un travail d’influence fortement distribué et dont la visibilité est particulièrement faible.

Ainsi, pour que Monsieur Duclos puisse se sentir chez lui, il aura fallu qu’une grande diversité d’acteurs s’emploient au travers de diverses micro-actions, plus ou moins coordonnées, à rendre in fine l’acceptation pratiquement inévitable. Il aura fallu que des proches se chargent de sélectionner des photos puis de les afficher, que le directeur de l’Ehpad accepte la personnalisation de la chambre, que le déménageur arrive en temps utile, que les aides-soignant·es aient déjà préparé le terrain quotidiennement, etc.

Cette approche du soin comme processus ouvre des questions éthiques qui sont loin d’être résolues. Comment en effet penser la démocratie sanitaire, comment s’assurer de la validité et de la légitimité du consentement individuel quand celui-ci devient insaisissable parce qu’enchâssé dans un processus de décision collective ?

Monsieur Duclos a finalement accepté sa nouvelle demeure. Sait-il que ce faisant il accepte de se soumettre aussi aux horaires des repas, à l’heure du coucher et à diverses autres règles? Probablement pas. Il les découvrira au fil du temps et finira peut-être par les accepter, faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Quoi qu’il en soit, il ne peut revenir en arrière, c’est-à-dire retourner chez lui. En ce sens, son consentement actuel peut être considéré comme un peu forcé. Non point seulement par les règles de l’institution, mais aussi paradoxalement par lui-même, en raison des divers consentements qu’il a pu donner consciemment ou non, sans en mesurer toujours les conséquences, tout au long de la trajectoire de sa prise en charge.

Ce texte prolonge l’intervention menée par Livia Velpry dans le cadre du cycle national de formation 2018-2019 de l’Institut des hautes études pour la science et la technologie (IHEST).

Pour en savoir plus: Livia Velpry, Pierre A. Vidal-Naquet et Benoît Eyraud (dir.) (2018), Contrainte et consentement en santé mentale – Forcer, influencer, coopérer, Presses universitaires de Rennes.

Source SLATE.