Cancer du sein triple négatif… ?

Qu’est-ce qu’un cancer du sein triple négatif ? Quelles sont ses particularités ?

Cancer du sein triple négatif... ?

Qu’est-ce qu’un cancer du sein triple négatif ? Quelles sont ses particularités ?

L’expression « triple négatif » signifie que l’analyse faite au laboratoire sur une biopsie ou après ablation de la tumeur mammaire montre que les cellules tumorales ne surexpriment ni des récepteurs aux hormones œstrogènes et progestérones ni le récepteur HER2. On parle aussi de carcinomes mammaires infiltrant « triple négatif », ce qui signifie que les cellules tumorales ont envahi le tissu mammaire en profondeur : elles peuvent rester localisées au sein et aux ganglions de l’aisselle, ou entraîner une dissémination à d’autres organes, on parle alors de métastases. Par rapport aux autres tumeurs du sein, les métastases concernent plus fréquemment le foie et le poumon du fait de leur plus grande diffusion via la circulation sanguine que via le système lymphatique. Les cancers du sein triple négatifs sont donc généralement plus graves que les autres formes de cancers du sein. Le cancer du sein triple négatif compte pour environ 12 à 17 % de l’ensemble des cancers du sein. Ces cancers frappent plus fréquemment des femmes plus jeunes, âgées de moins de 40 ans, et peuvent être liés à des prédispositions génétiques, en particulier des mutations des gènes BRCA1/2.

Le diagnostic du cancer du sein triple négatif

Ce type de cancer plus agressif est moins facilement détectable via le dépistage généralisé, qui préconise une mammographie tous les deux ans à partir de 50 ans. Se développant rapidement, il s’agit souvent de cancer d’intervalle (qui survient entre deux contrôles) ou qui intervient chez des femmes pas encore concernées par ce dispositif. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) mammaire pourrait être la modalité d’imagerie la plus précise pour le diagnostic du cancer du sein triple négatif, car elle montre des caractéristiques de tumeurs malignes qui peuvent ne pas être repérées en utilisant la mammographie ou l’échographie. Si le radiologue décèle une anomalie, votre médecin peut demander la réalisation d’une biopsie, c’est-à-dire le prélèvement d’un fragment de la zone suspecte. Son analyse est réalisée par un médecin spécialiste des tissus. Si celui-ci reconnaît une tumeur au microscope, il réalisera d’autres tests pour la caractériser, comme la recherche de récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone et de HER2 en surnombre. Lorsque ces tests sont tous négatifs, il s’agit d’un cancer triple négatif. Selon l’apparence des cellules et l’étendue de la tumeur, le médecin évalue l’avancement du processus tumoral. Combinée aux observations cliniques, cette évaluation permet aux médecins de classer la tumeur avec un grade de O à IV, en fonction duquel ils choisiront le protocole de soins.

TRAITEMENT

Généralement, on a souvent recours à la chirurgie pour traiter le cancer du sein triple négatif. La première étape consiste donc à enlever chirurgicalement les cellules cancéreuses. Selon la taille de la tumeur et de votre sein, le chirurgien décidera une ablation totale ou partielle de celui-ci, ce qu’on appelle une chirurgie conservatrice. Quand la tumeur est plus grosse et ne permet pas de conserver une zone suffisante de tissus sains, le chirurgien réalise l’ablation totale du sein, et doit également retirer une partie ou la totalité de la chaîne ganglionnaire de l’aisselle, du côté du sein atteint. Après la chirurgie, on recourt le plus souvent à la chimiothérapie, pour s’assurer qu’il ne reste pas de cellules cancéreuses dans l’organisme.  On recourt à des chimiothérapies “classiques”, car ces tumeurs sont “chimiosensibles” et parfois “chimiocurables”. Ce qui veut dire qu’elles réagissent à la chimiothérapie; mais étant très instables sur le plan génétique, elles trouvent au bout d’un certain temps des parades pour résister à ces composés. Ces tumeurs sont plus souvent détectées à des tailles importantes. On a ainsi plus souvent recours à une chimiothérapie néo-adjuvante, c’est-à-dire une chimiothérapie administrée durant 6 à 8 cycles avant la chirurgie pour réduire la taille de la tumeur et ainsi permettre un traitement conservateur. Dans certains cas, la tumeur va être complètement éradiquée par la chimiothérapie néo-adjuvante, ce qui est de très bon pronostic et nous incite à privilégier cette séquence thérapeutique pour des raisons biologiques. Le pronostic de cette prise en charge dépend de la taille de la tumeur et de la présence ou non de métastases. Pour ces tumeurs, les récidives interviennent quasi exclusivement dans les 5 ans suivant la chirurgie. S’il n’y a pas de rechute durant cette période, on considère la patiente comme guérie. Au terme de la chimiothérapie, dans certains cas, les médecins conseillent de poursuivre le traitement avec des séances de radiothérapie, au cours desquelles une machine irradie la zone opérée. Cet article a été rédigé en collaboration avec le Dr Sebban Eric est chirurgien gynécologue et cancérologue à la Clinique Hartmann ainsi que chef de pôle de chirurgie gynécologique à l’hôpital Américain. Il est aussi cofondateur de l’Institut Rafaël, un centre de médecine intégrative et maison de l’après cancer.  Pour plus d’informations : https://www.docteur-eric-sebban.fr/

 

BIBLIOGRAPHIE :

  1. Le cancer du sein «triple négatif» – Freres (1), J. Collignon (2), C. Gennigens (2), I. Scagnol (3), A. Rorive (2), A. Barbeaux (4), P.A. Coucke (5), G. Jérusalem (2)
  2. Tumeurs triple négatives du sein : facteurs pronostiques et prédictifs S. ZILBERMAN *, M. BALLESTER, C. BEZU, E. DARAÏ, R. ROUZIER (Paris)
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