Antibiotiques : pourquoi les Français en consomment – un peu – moins …?

Tampon Conseil Handicap Info Vous avez besoin d'un professionnel de confiance ? Cliquez sur cet encart pour consulter les partenaires agréés Handicap Info dans votre région

Alors qu’a débuté, lundi 18 novembre, la semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, une étude de Santé Publique France indique que la consommation française a diminué de 15 %.

Des résultats « encourageants », mais à nuancer. Jeanne Ferney.

Antibiotiques : pourquoi les Français en consomment - un peu - moins ?

Que dit l’étude de Santé publique France ?

La consommation globale d’antibiotiques en France se stabilise, indique Santé publique France dans son étude annuelle sur les prescriptions médicales. En ville, où sont délivrés la majorité des antibiotiques (93 %), les prescriptions ont même baissé de 15 % en dix ans. Les jeunes, en outre, prennent moins de médicaments, contrairement aux plus de 65 ans, chez qui la tendance est à la hausse.

« On sent que des messages sont bien passés, mais il y a encore des efforts à faire », souligne la docteure Anne Berger-Carbonne, responsable de l’unité infections associées aux soins et résistance aux antibiotiques chez Santé publique France. « Chez les personnes âgées notamment, qui sont de plus en plus fragiles, résister à la prescription est parfois difficile », analyse-t-elle.

La baisse de l’utilisation d’antibiotiques chez les animaux d’élevage, en revanche, est plus marquée : – 38,4 % depuis 2011. Une diminution qui a des conséquences directes sur les humains, une grande majorité de ces antibiotiques étant prescrits à des bovins ou volailles destinés à la consommation.

Cette baisse traduit-elle un changement de mentalités ?

Pour Anne Berger-Carbonne, elle découle en partie d’une meilleure formation des médecins, désormais plus conscients qu’une prescription n’est jamais anodine. Plus largement, elle y voit une « prise de conscience globale du risque biologique de détruire le microbiote, dont on sait aujourd’hui qu’il est en lien avec nos cerveaux ».

La relation entre patient et médecin s’en trouve changée. « Avant, on consultait parce qu’on pensait qu’il nous fallait des antibiotiques. J’ai l’impression que ce besoin s’est estompé », souligne Anne Berger-Carbone.

L’attachement des Français aux antibiotiques reste néanmoins fort : leur consommation se situe encore 30 % au-dessus de la moyenne européenne.

► Pourquoi le bon usage des antibiotiques est-il un enjeu de santé publique ?

En partie responsable de l’antibiorésistance, le mauvais usage de certains antibiotiques est considéré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « l’une des menaces les plus sérieuses pour la santé publique ».

Car en plus d’être inutiles, certaines prescriptions augmentent le risque d’infections bactériennes. « La consommation d’antibiotiques est un des principaux facteurs à l’origine de l’émergence et de la diffusion des bactéries résistantes aux antibiotiques, indique ainsi Santé publique France. Il est donc primordial de continuer à promouvoir et d’amplifier les actions en faveur d’un bon usage des antibiotiques auprès de tous les acteurs concernés : citoyens, patients, professionnels de la santé humaine et animale, et décideurs. »

Si les infections dépendent de plusieurs facteurs extérieurs, notamment l’environnement, l’étude met en garde contre l’automédication et la « prise sauvage » de médicaments. Car un traitement mal suivi peut avoir de graves conséquences.

Source LA CROIX.

Pour marque-pages : Permaliens.