Androcur et risque de tumeur : 112 000 courriers envoyés pour alerter les patients…

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Les patients qui sont sous Androcur sont incités à consulter leur médecin.

À partir du 1er juillet, ils devront aussi signer un formulaire s’assurant de leur bonne information du risque.

Androcur et risque de tumeur : 112 000 courriers envoyés pour alerter les patients

L’envoi est massif. Plus de 80 000 patients, 30 000 médecins libéraux et 2 000 établissements de santé sont en passe de recevoir ce courrier, comme nous le confirme l’Assurance maladie. Cosigné par cette dernière et par l’ANSM, gendarme du médicament en France, il s’adresse à ceux, ou plutôt – car c’est la grande majorité – à celles, qui consomment ou ont consommé de l’Androcur ou ses génériques.

Les autorités, à cause de la réglementation, n’ont pas pu retracer les patients qui ont eu une prescription il y a plus de deux ans. Commercialisé par le laboratoire Bayer, « il s’agit d’un médicament efficace pour le traitement de certaines affections, mais qui peut favoriser le développement de méningiome », lit-on dans le document.

Multiplie par sept le risque de méningiome

Le risque de ces tumeurs cérébrales, le plus souvent non cancéreuses, poursuit la lettre, est multiplié par sept au-delà de six mois de traitement, par vingt pour les utilisations prolongées et à fortes doses ! « Vous êtes invité(e) à consulter votre médecin », est-il écrit en gras.

Mis sur le marché contre l’hyperpilosité ou le traitement du cancer de la prostate, l’Androcur est, dans les faits, essentiellement délivré comme pilule contraceptive, anti-acné ou comme remède à l’endométriose… Heureusement, depuis la première alerte de l’ANSM, en septembre, ces utilisations détournées tendent à largement se réduire.

Contacter tous les patients ayant consommé un médicament relève du procédé exceptionnel. Cela ne s’était vu que pour le Mediator et pour la Dépakine, cet antiépileptique qui peut provoquer des malformations pour les enfants qui y sont exposés dans le ventre de leur mère.

Six autres procédures à venir

« Ce courrier, satisfaisant, est la moindre des choses pour les patients », fait remarquer Alain-Michel Ceretti, le patron de France Assos Santé, fédération des usagers qui a participé à l’élaboration du document avec l’ANSM, les associations, les médecins…

À partir du 1er juillet, les médecins devront obligatoirement faire signer à leur patiente un formulaire qui les informe des risques. « Le prescripteur devra dire si le médicament est donné dans ou en dehors de l’autorité de mise sur le marché (AMM). On a aussi fait préciser que cette attestation ne constitue, en rien, une décharge de responsabilité. L’inverse serait le comble », reprend Ceretti.

Pendant ce temps, les procédures judiciaires, menées par Me Charles Joseph-Oudin se poursuivent. Les trois premiers référés expertise doivent être examinés par le tribunal de Bobigny le 13 septembre. Trois autres ont été envoyés à la justice et encore trois nouveaux sont en passe de l’être.

Source LE PARISIEN.

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