Amputée des quatre membres, Pernelle Marcon est aujourd’hui mannequin…

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Pernelle Marcon, ex-étudiante de Sciences-Po Lille, a dû être amputée à la suite d’une méningite foudroyante.

La jeune femme défile aujourd’hui comme mannequin. Son parcours force l’admiration…

Il serait injuste de réduire Pernelle Marcon à une seule image. Photo Ricardo Montoya

La première surprise était de la voir debout, aujourd’hui d’apprendre qu’elle a défilé comme mannequin à l’Open mode festival de Paris ou aux 48 h de Maisons de mode Lille-Roubaix récemment. Pernelle Marcon, 27 ans, ex-étudiante de Sciences Po Lille, amputée des quatre membres à la suite d’une méningite foudroyante, poursuit le cycle de ses vies avec une force qui… force l’admiration.

« Après avoir consacré du temps à l’accompagnement médical et à l’installation dans une nouvelle ville, je m’apprête à rechercher un travail fixe », glisse-t-elle, naturelle. La voir participer les 21 et 22 janvier au certificat universitaire de la Catho de Lille, formant des travailleurs médicaux autour des problématiques de la prothèse, répond sans doute à cette logique mais ne constitue que la partie visible d’un iceberg.

Marcon Pernelle sans mains ni pieds elle est parfaitement intégrée et suis un cursus à Sience Po Lille. PHOTO PHilippe PAUCHET

La réduire à un statut, une activité, une image… tient du non-sens ou du paradoxe. « La violence, c’est en fait se retrouver dépossédée de ses propres envies, de ses propres choix… Je veux une vie heureuse et peut-être ennuyeuse pour certains mais c’est ma vie, elle m’appartient. », confiait la jeune femme sur son blog.

Le plafond de verre

Défiant les lois du physique, Pernelle Marcon a depuis réussi l’exploit d’exploser un plafond de verre. La déflagration s’est faite imposante. « J’avoue avoir eu souvent la sensation d’être bloquée derrière un filtre, ce regard qui se questionne et me renvoie à mon handicap alors que psychologiquement, je l’ai dépassé… » Cela renvoie, par la valeur éthique de sa démarche, à la pression mise sur le corps des femmes.

Cette authenticité, cette curiosité, cette volonté de changer les regards… l’ont conduite à explorer de nombreux chemins de traverse avec un appétit de vivre qui sidère.

Cette authenticité, cette curiosité, cette volonté de changer les regards… l’ont conduite à explorer de nombreux chemins de traverse avec un appétit de vivre qui sidère. Mannequin « atypique » sous contrat avec l’agence Wanted pour une durée de trois ans, conférencière défendant des projets inclusifs ou artistiques, dont l’exposition Un fauteuil pour mes 20 ans co-réalisée avec Delphine Chenu et qui tourne encore dans le département… « Beaucoup de rencontres et l’occasion de m’exprimer publiquement », poursuit-elle.

Sur la question du handicap et sans oser généraliser, le parcours de cette fille aussi impatiente que tumultueuse possède a minima la valeur de l’exemple. Celui qui dénonce au passage « la méconnaissance et le manque de moyens financiers, d’accompagnement et de savoir-être avec les personnes nécessitant des programmes spécialisés en France… » Là est aussi la part de réalité de la vie si complexe de Pernelle Marcon qui aime à citer Godard : « C’est juste une image, pas une image juste ».

Parcours

Pernelle Marcon est née en 1993 à La Rochelle et vit aujourd’hui à Nantes. Sportive de haut niveau, elle contracte une méningite foudroyante en février 2012 et perd tout ou partie de ses mains et de ses jambes de sportive mais rien de sa volonté. Après sa licence, elle débute les sports de glisse (ski, kite et surf) mais également du rugby avec l’Iris Club Lillois

Et décide de poursuivre sa formation à Sciences Po Lille en master. Elle sortira de l’école deux ans plus tard, diplômée et chargée de mission à la Condition publique de Roubaix.​ Aujourd’hui, elle travaille entre autres comme mannequin « atypique » et éthique, valorisant non seulement la condition des personnes handicapées mais dénonçant plus largement la pression mise sur le corps des femmes par la société.

Source LA VOIX DU NORD.

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