Paris – Cancer de la peau : vous pouvez désormais faire vérifier vos grains de beauté en pharmacie…

Depuis début juin, les pharmaciens peuvent participer au dépistage du mélanome en envoyant numériquement les clichés des grains de beauté à des dermatologues. Une première en France.

Grâce à la télémédecine, ce pharmacien parisien participe au dépistage du mélanome.

Après la vaccination contre la grippe, le dépistage du mélanome. Depuis début juin, trois pharmacies du réseau Pharmabest proposent ce service, sans rendez-vous, à Paris, Alès et Marseille. Une première en France.

D’ici la fin de l’été, la soixantaine d’officines du groupe sera équipée du matériel nécessaire. Et l’expérimentation, conduite avec la bénédiction du Syndicat National des Dermatologues-Vénérologues, pourrait rapidement s’étendre à d’autres pharmacies. Comme le prévoit la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) du 21 juillet 2009, les pharmaciens vont devoir assumer de nouvelles missions dont les contours seront fixés par un arrêté gouvernemental d’ici fin juillet.

Pour l’heure, une seule officine propose ce service innovant à Paris : la pharmacie Bader, située dans le VI arrondissement. “Le principe est simple” explique Bruno Bader, le directeur, “nous remplissons un questionnaire avec le patient, puis nous prenons deux clichés détaillés du grain de beauté ou de la tâche qui l’inquiète.”

Les photos sont ensuite transmises à une plateforme, Screen cancer, située en Alsace et analysées par des dermatologues. Ce sont eux qui posent le diagnostic médical, pas le pharmacien” insiste Bruno Bader. Des dermatologues certifiés précise Claudine Blanchet-Bardon, vice-présidente du syndicat national des dermatos- vénérologues : “nous ne voulions pas que partent des photos d’une opération de prévention vers des plateformes (..) non fiables et que les photos soient confiées à des médecins non certifiés.”

Dans cette officine, les 11 pharmaciens ont été formés à la procédure et à l’utilisation du matériel de prise de vue, le dermatoscan. Les dépistages se déroulent dans une pièce spécialement réservée à l’accueil confidentiel des patients.

“S’il y a le moindre doute”, complète Bruno Bader “une infirmière appelle le patient pour lui prendre un rendez-vous chez le dermatologue.” Le tout sous 15 jours maximum. Le service est facturé 28 euros par grain de beauté et n’est pas remboursé par la sécurité sociale. Pour Kheira, 30 ans, ce n’est pas rédhibitoire : ” il y a un gain de temps, à Paris vous avez un délai d’attente de 3 à 6 mois pour avoir un rendez-vous chez le dermato.”

La chute du nombre de dermatologues incite à développer la télémédecine confirme Claudine Blanchet-Bardon, du syndicat national des dermatos-vénérologues. “Nous avons installé depuis quatre ans de la télédermatologie lors de la journée nationale de dépistage et nous travaillons régulièrement sur des photos, quand nous avons besoin de l’avis d’un confrère à l’autre bout de la France par exemple, donc on sait faire. Mais bien entendu, au finish, il faut que le patient à qui on a trouvé quelque chose ait un rendez-vous avec un dermatologue.”

Pour Bruno Bader, “les pharmaciens vont être amenés à fournir de plus en plus de services, bientôt nous participerons peut-être à la détection du diabète, et c’est une évolution logique, cela fait partie de notre mission de santé publique.”  

En Norvège, où ce système de prévention a été mis en place il y a une dizaine d’années, 70.000 personnes se sont ainsi fait pré-dépister. Cela a permis de repérer une centaine de mélanomes.

En France environ 80.000 cancers de la peau sont diagnostiqués chaque année. Plus de 14.000 sont des mélanomes et 1.800 personnes en meurent tous les ans.

Source FRANCE BLEU.

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